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Economie

Donald Trump triomphe avec une croissance trimestrielle du PIB de 4,1 %

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Donald Trump a immédiatement convoqué un point presse sur les pelouses de la Maison Blanche, vendredi 27 juillet, quand les chiffres ont été connus.

Ceux-ci sont, il est vrai, excellents. La croissance américaine a atteint au deuxième trimestre 4,1 % (contre + 2,2 % au premier trimestre). Même s’il peut être révisé, c’est le chiffre le plus élevé depuis le troisième trimestre de 2014. Sur un an, le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis a progressé de 2,8 %.
Avant même que les chiffres soient publiés, M. Trump avait rompu avec la tradition, vendant à moitié la mèche : « Ce sont des chiffres incroyables. Si je les avais utilisés pendant la campagne, les vendeurs de fake news auraient dit “il exagère”. » Il a attribué cette croissance à sa réforme fiscale, à sa politique de déréglementation et… à sa politique commerciale.
 

Exportations de soja, consommation et réforme fiscale

Un point de croissance est en effet attribuable à la guerre commerciale. Mais pas pour les raisons expliquées par M. Trump : les exportations ont bondi de près de 10 % en raison de l’envol exceptionnel des ventes de soja. Explication, les acheteurs se sont empressés d’en acquérir avant que n’entrent en vigueur les droits de douane de 25 % imposés en rétorsion par les Chinois à partir du mois de juillet. Par définition, cette performance commerciale n’est pas durable. Ce point de croissance a été compensé par un déstockage des entreprises, qui a fait baisser de 1 point la hausse du PIB.
La croissance a aussi été tirée par la consommation, qui a crû au rythme de 4 %, son niveau le plus élevé depuis la fin de 2014. Celle-ci est alimentée par le plein-emploi, alors que le chômage se situait à 4 % de la population active au mois de juin. Mais aussi par la réforme fiscale de M. Trump. Celle-ci entraîne une baisse des impôts payés par les Américains, qui ont réduit leur taux d’épargne de 7,2 % à 6,8 %.
Les entreprises, grandes gagnantes de la réforme fiscale – et qui ont dû dans la foulée rapatrier leurs profits situés à l’étranger (300 milliards de dollars au premier semestre, soit 257 milliards d’euros) – continuent d’investir à un rythme de 7,3 %. Ce chiffre, même s’il est en retrait sur les 11,5 % du premier trimestre, reste très bon.

Dépenses publiques et investissement immobilier

Enfin, les dépenses publiques ont cru de 2,1 %, tandis que les dépenses fédérales progressaient de 3,5 %, alors que le déficit budgétaire devrait augmenter de 1 000 milliards de dollars d’ici à dix ans si rien n’est corrigé, selon la commission des finances du Congrès. Au premier semestre, le déficit a atteint 382 milliards de dollars, soit environ 3,8 % du PIB. Ce chiffre est considérable pour une économie en plein boom.
Deuxième ombre au tableau : l’investissement immobilier, qui a reculé de 1,1 %, peut-être en raison de la hausse des taux d’intérêt, de la suppression d’avantage fiscaux et de la faiblesse du stock de logement.
Depuis la reprise de 2009, la croissance n’a été en moyenne que de 2,2 %, bien plus faible que celle de 2,9 % sur la période 2001-2007 et les 3,6 % enregistrés de 1991 à 2001 pendant les années Clinton.
Ces chiffres devraient conforter la Réserve fédérale américaine (Fed, banque centrale) dans sa volonté d’augmenter les taux d’intérêt à deux reprises d’ici à la fin de l’année. Rien ne devrait toutefois être décidé lors de sa réunion de la semaine prochaine, mais les taux pourraient être fixés entre 2 % et 2,25 % dès le mois de septembre.
 
Le chiffre de la croissance au deuxième trimestre est politiquement décisif. Les estimations pour le troisième ne seront publiées qu’à la fin octobre, juste avant les élections de mi-mandat, mais trop tard pour influencer fortement les électeurs.
 

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