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Economie

Seychelles : au-delà de la performance économique, cap sur le capital humain

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La République des Seychelles collectionne les bons points. Cet archipel en plein océan Indien possède le produit intérieur brut (PIB) par habitant et l'indice de développement humain (IDH) les plus élevés d'Afrique. Quel est son secret ? En toute fin d'année 2018, Jeanne Siméon, ministre de l'Éducation et du Développement des ressources humaines, et John Stravens, président du conseil de l'Agence nationale pour le développement des ressources humaines (ANHRD), ont livré quelques indices, lors de la présentation de la stratégie quinquennale du gouvernement pour le développement des ressources humaines.
Le programme présenté repose sur un pilier principal : le développement du capital humain. « Il constitue le principal atout des Seychelles », a déclaré la ministre de l'Éducation lors de son discours. Et il y a encore des progrès à faire en la matière. En effet, si le taux de chômage aux Seychelles est relativement faible, à 4,3 % pour les hommes et 6,4 % pour les femmes, le chômage des jeunes se situe, quant à lui, à 13 % pour les hommes et grimpe à 22 % pour les femmes.

Objectif numéro un : des qualifications adaptées

Pour s'attaquer à ce défi, le gouvernement l'avoue : il ne peut plus le faire seul. « Cette responsabilité doit maintenant être partagée avec les particuliers, les entreprises et les partenaires », peut-on lire dans le programme. Des réformes vont donc être mises sur les rails pour notamment renforcer les partenariats public-privé (PPP), augmenter l'utilisation des technologies modernes pour la production et la communication, et améliorer les coopérations avec les entrepreneurs. Mais, surtout, le gouvernement tient « en priorité » à ce que les Seychellois « disposent des qualifications appropriées et soient orientés vers des professions hautement qualifiées ».
En effet, si la croissance économique est fondamentale pour créer de l'emploi, la reconnaissance des compétences et leur adaptation au marché du travail sont tout aussi importantes. Pour les autorités de l'archipel, « le développement réside dans la capacité du pays à se doter d'un capital humain et à le mettre à niveau en permanence pour créer et saisir des opportunités de croissance et d'épanouissement individuels, sociaux et économiques ».

Pénuries de compétences

Ce credo, le pays devra rapidement l'appliquer s'il veut conserver son leadership en Afrique. Aujourd'hui, les Seychelles sont confrontées à une pénurie importante de compétences. Une enquête nationale récente auprès des entreprises a révélé que 55 % des entreprises connaissaient des pénuries pour les professions de niveau intermédiaire, contre 15 % pour les professions de niveau supérieur. L'étude a également révélé des disparités croissantes de salaires entre les travailleurs étrangers et les travailleurs nationaux effectuant la même tâche.
Grand perdant de cette situation : le secteur privé. Plus grand employeur du pays, il a pourtant des difficultés à trouver des travailleurs dotés des compétences appropriées, qui correspondent aux besoins du marché du travail. Autre source de difficulté, les travailleurs qualifiés ont tendance à être recrutés par le gouvernement et par des entreprises appartenant à l'État, où les salaires moyens y sont de 45 % plus élevés. Face à la pénurie de profils, les entreprises se tournent donc le plus souvent vers la main-d'oeuvre  étrangère.
Un contexte qui fait perdre un peu de son aura à l'archipel, qui a perdu des places dans le Global Competitiveness Report, une étude qui mesure la compétitivité des pays dans le monde. Le rapport Doing Business 2018 relève, quant à lui, trois points faibles auxquels le pays doit désormais s'attaquer : l'accès au financement, une main-d'œuvre insuffisamment éduquée et la mauvaise éthique de travail.

Une politique d'éducation qui fait ses preuves

Des défis que les Seychelles doivent aujourd'hui relever. Mais le pays pourra s'appuyer sur son point fort, à savoir son système éducatif. L'État peut en effet se targuer d'avoir des taux de scolarisation très élevés, soit 90 % d'enfants inscrits en pré-primaire, 94,7 % en primaire et 74,6 % dans le secondaire. Dans le supérieur, le taux brut de scolarisation est passé de 2,5 % en 2011 à 21 % en 2016.
D'après la Banque africaine de développement (BAD), le secteur des TIC devrait d'ici à 2027 contribuer de manière substantielle au PIB et à l'emploi – environ 14 000 emplois –, augmentant la demande non seulement de médecins, d'ingénieurs, de PDG et de pilotes, mais également de techniciens et de professionnels de niveau intermédiaire. De quoi donner des idées au ministère de l'Éducation.

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