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Politique

Le ralliement du MSA à Bamako, constitue une bonne nouvelle pour les autorités maliennes

Publié le :

Longtemps en déshérence après leur désaveu par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), les responsables du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA), installés à Ménaka depuis 2016, ont officiellement annoncé leur adhésion à la plateforme de groupes armés proches de Bamako. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’agit là d’un ralliement de raison quand on sait qu’à son corps défendant, le MSA, ayant pris en compte la dimension tribale des différents mouvements de la crise malienne, a pendant longtemps combattu aux côtés du Gatia du Général Gamou dont on sait qu’il était très proche des autorités de Bamako. En annonçant donc officiellement son adhésion à la plateforme des groupes armés favorables au gouvernement malien, le MSA ne fait qu’enfoncer une porte déjà ouverte, tant cela n’a rien de surprenant. Pour certains, il s’agit même d’un non-événement. D’ailleurs, avait-il seulement le choix quand on sait que le mouvement était menacé dans son existence avec la recrudescence des conflits communautaires au pays de Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK) ? A cela s’ajoute le fait que la communauté internationale a décidé de bander les muscles face à tous ceux-là qui rament à contre-courant de la paix au Mali. En témoignent les récentes sanctions prises par le Conseil de sécurité du Mali à l’encontre de trois ex-rebelles, la semaine dernière. C’est dire donc que c’est le terrain qui a commandé la manœuvre. Il s’agissait là d’une question de survie.
Le ralliement du MSA à Bamako, constitue une bonne nouvelle pour les autorités maliennes
Autrement dit, la réalité du terrain imposait au MSA un positionnement clair, sous peine de phagocytose, étant donné que le mouvement, on le sait, était à bout de ses capacités opérationnelles. Cela dit, son rapprochement avec Bamako n’est pas pour plaire au MNLA qui, s’il est vrai qu’il a mis ses velléités sécessionnistes en berne, fait montre d’une insincérité dans la mise en œuvre de l’accord d’Alger, malmené depuis plusieurs années. Si fait que quand on fait un pas en avant vers la sortie de crise, on en fait deux en arrière, compromettant ainsi les efforts de la communauté internationale. Pendant ce temps, les terroristes qui ont réussi à diviser les Maliens entre eux, gagnent du terrain quand ils n’ont pas mis le pays sous coupe réglée et cela, en dépit des forces internationales en présence. Quoi qu’il en soit, le ralliement du MSA à Bamako, fût-il opportuniste, constitue une bonne nouvelle pour les autorités maliennes en ce sens qu’il entraînera, à n’en point douter, une redistribution des cartes dans un contexte où bien des combattants, à la faveur de l’opération désarmement - démobilisation – réinsertion (DDR), ont commencé à rendre les armes. Peut-être, sait-on jamais, de ralliement en ralliement, le MNLA finira par se retrouver isolé et n’aura pas d’autre choix que de reconnaître l’autorité de Bamako.
Boundi OUOBA

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