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Politique

Devoir de mémoire : le denouement de la crise diplomatique, entre la Côte d'Ivoire et la Guinée.

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Crise, issue de l'arrestation de M. Lassana Béavogui, Ministre guinéen des affaires étrangères et sa délégation, en escale à l'aéroport d'Abidjan.
Le 28 juillet 1967, dans une lettre remise à M. Siméon Aké, Ambassadeur de la Côte d'Ivoire auprès de l'ONU, M. U Thant Secrétaire Général de l'ONU, refuse de lier la détention de M. Lassana Béavogui et de sa délegation à celle de M. François Kamano et des marins Ivoiriens détenus en Guinée, notamment en raison de la Convention de Vienne qui régie les relations diplomatiques. Le 11 août 1967, Siméon Aké remet au Secrétaire général de l'ONU, une lettre rejetant cette argumentation.
Le 15 août 1967, le Secrétaire Général de l'ONU, M. U Thant informe le Conseil de sécurité qu'il devra songer à d'autres voies pour remédier à cette crise qui viole le principe de l'immunité diplomatique. Le même jour, la Guinée décide de ne plus participer aux travaux des institutions spécialisées des Nations Unies jusqu'à la libération de M. Béavogui et de sa délégation. Le 16 août 1967, Sékou Touré déclare que la Guinée saisira le Conseil de Sécurité et l'Assemblée Générale de l'ONU à leur prochaine session. Houphouët Boigny, qui a effectué du 17 au 19 août 1967, une visite officielle à Washington aux États-Unis, séjourne ensuite à titre privé à New York et rend donc, une visite de courtoisie à M. U Thant, le Secrétaire Général de l'ONU, le 23 août 1967, mais cette visite est sans résultats positifs.
Le 21 septembre 1967, Radio Conakry annonce la libération de M. François Kamano et des 22 membres de l'équipage du chalutier ivoirien Ker-Isper et le 22 septembre 1967, à Paris, Houphouët Boigny confirme l'information de leur libération. M. Arsène Usher Assouan, Ministre ivoirien des affaires étrangères déclare le 25 Septembre 1967, que les deux conditions ayant été remplies, Messieurs Lassana Béavogui et Achkar Marof étaient immédiatement libérés. De retour à Conakry, le 26 Septembre 1967, ceux-ci sont reçus par Sékou Touré, qui réitère ses attaques contre Houphouët Boigny, au cours de cette audience.
Le 27 Septembre 1967, Sekou Touré demande une discussion sur le différend guinéo-ivoirien à l'Assemblée Générale des Nations Unies, qui vient de s'ouvrir. Houphouët Boigny déclare à Paris, le 4 octobre 1967, qu'il n'y a plus lieu de débattre de ce problème, mais qu'Abidjan agirait encore de la même façon si des Ivoiriens étaient de nouveau arrêtés en Guinée.
 
Source : André Lewin, ancien Ambassadeur de France en Guinée après le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays en 1974. Dans son Livre "Sékou Touré, Président de la Guinée de 1958 à 1984".

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