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Politique

Bédié:"Mettez-vous à ma disposition "

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« Mettez-vous à ma disposition » avait-il exigé de son peuple le 7 décembre 1993, lorsqu’il accéda au pouvoir suprême. Non, ce n’était pas à lui de se mettre à la disposition de son peuple mais le contraire. Le pouvoir, il n’avait pas fait beaucoup d’effort pour l’avoir. Il s’était juste contenté d’attendre qu’il tombe entre ses mains. N’était-il pas l’héritier ? N’avait-il pas attendu treize longues années ? Et vous auriez voulu qu’il se mette à la disposition de son peuple ? Le peuple se mit donc à sa disposition et il régna en héritier, c’est-à-dire avec désinvolture. Il cassa la maison de son prédécesseur et la transforma pour s’y installer. Alors, avec la même désinvolture, il perdit le pouvoir un jour de ripailles. Alors que sa soldatesque en colère faisait tonner les armes dans sa capitale, il choisit d’aller faire bombance dans son village à la veille de la fête de la nativité. Il ne passa qu’une nuit, la dernière de son règne, dans son nouveau palais.
20 ans plus tard, n’ayant toujours pas digéré sa chute, il demande à nouveau à son peuple de se mettre encore à sa disposition. Il n’est pas compliqué, son peuple. Il lui suffit d’un peu de haine, de tribalisme et de beaucoup de xénophobie pour se mettre en branle. En tout cas, c’est pour le moment le seul programme proposé. Et cela suffit pour qu’on nous le présente comme le seul espoir de tout le peuple. Dans un pays où l’on croit qu’un pasteur peut ressusciter un mort, l’on peut tout à fait à 86 ans être l’espoir d’un peuple dont la majorité a moins de 30 ans.
Il veut donc reprendre le pouvoir qu’il a imprudemment laissé filer entre ses doigts il y a 20 ans. C’est qu’il doit terminer le tunnel qui devait relier sa maison du village à celle de la ville. 20 ans que cela attend d’être terminé. Tout comme le palais des congrès inachevé de son bel hôtel qui se languit aussi depuis 20 ans. On avait commencé à creuser et à bétonner. L’on avait aussi posé les marbres du palais des congrès. Et puis ce funeste coup d’Etat du zozo est venu transformer les carrosses en citrouilles.
Il a patienté vingt ans. Et cela suffit maintenant. Car malgré les progrès de la médecine, le temps est en train de faire son œuvre. L’année prochaine est la dernière occasion pour pouvoir achever le tunnel et le palais des congrès. Sans oublier les villas des parents paysans des villages du royaume ancestral. Ne recevait-il pas assez d’honneurs de la part de celui qu’il avait contribué à couronner ? Si, mais il préfère être celui qui distribue les honneurs et les maroquins. Pas celui qui reçoit. Il est quand même prince et il a suffisamment rongé son frein comme ça.
L’année prochaine devrait être « l’année de son année » comme dirait le vieux de Mênêkrê. Il gagne ou il gagne. Tchoco-tchoco ! Alors, il ne lésine devant aucun moyen. Il faut se mettre à deux pour gagner dans ce pays ? Gbagbo mon frère, viens dans mes bras ! N’est-ce pas que tu as fait plus de 46% en 2010 ? Donne les moi et en échange je te donnerai quelques strapontins et honneurs. Tu seras l’un de mes suiveurs. Tu le sais bien, je n’ai pas d’amis, je n’ai que des suiveurs. Tu seras mon chef suiveur. Tu pourras amener ton Blé Goudé. Il aura lui aussi son strapontin et sera l’un de mes petits suiveurs. Soro, viens aussi dans mes bras et suis-moi. A trois c’est encore mieux. Je t’aime Soro, puisque tu n’aimes plus l’autre, mon ancien petit frère qui a osé ne pas vouloir me soutenir pour que je reprenne mon héritage. Je le renie. D’ailleurs je l’ai débaptisé. Voilà ! Je lui ai retiré le joli nom qu’on lui avait donné autrefois. Ouatra il est, Ouatra il restera.
Le pouvoir, il le lui faut à tout prix. Pour en faire quoi ? Je vous l’ai dit plus haut. Mais surtout pour satisfaire son égo. Et se venger de l’autre. L’ancien petit frère. Mais comment parvenir à nouveau à ce pouvoir que l’ancien petit frère n’a pas voulu lui servir sur un plateau comme la première fois ? Les élections, c’est toujours risqué. L’idéal, c’est qu’il n’y en ait pas. Pourquoi pas une bonne transition où les cartes seront redistribuées ? Alors, on commence par récuser la Commission électorale. Quoiqu’il fera, on ne l’acceptera jamais. On fera des marches, ici, en Europe, partout, et on fera tout ce qu’il faut pour qu’il n’y ait pas de Commission électorale. En tout cas pas la sienne. Le président de la Commission de l’Union africaine le félicite ? O honte sur lui ! Honte sur quiconque soutiendrait cette Commission électorale ! Ce n’est qu’un début. Vous allez voir ce que vous allez voir.
Venance Konan

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