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Politique

Donald Trump suggère d’arrêter un démocrate pour trahison

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Menacé de destitution par les démocrates, Donald Trump, dans un geste sans précédent pour un président américain en fonction, a suggéré lundi l’arrestation, « pour trahison », du président du comité de la Chambre des représentants chargé d’instruire cette procédure. Il a également évoqué la menace d’une guerre civile aux États-Unis pour, une fois de plus, condamner cette démarche législative visant à mettre fin à son mandat.
Ces commentaires ont été largement décriés par des voix fortes de la classe politique américaine, y compris dans les rangs républicains, d’où les appels au désaveu du gênant chef d’État se font de plus en plus entendre.
« Mes amis républicains, le temps est venu de mettre votre carrière en jeu au nom de vos principes », a résumé lundi l’ex-sénateur républicain de l’Arizona Jeff Flake dans une lettre publiée lundi dans les pages du Washington Post. L’homme, un fervent critique de Donald Trump, a démissionné l’an dernier de son poste, se disant incapable de représenter ses électeurs au prix d’un appui à un président dont les actes et les propos méprisent quotidiennement la très haute fonction qu’il occupe, selon lui.
« Que vous pensiez ou non qu’il mérite d’être destitué, vous savez qu’il ne mérite pas d’être réélu […..]. Notre pays va avoir d’autres présidents. Mais nos principes, eux, ne sont pas interchangeables. À ceux qui veulent faire de l’Amérique une priorité, il est crucial, à ce moment dans la vie de notre pays, que nous agissions. »
 Mes amis républicains, le temps est venu de mettre votre carrière en jeu au nom de vos principes
— Jeff Flake
Dans une énième salve de gazouillis matinaux, Donald Trump a accusé lundi Adam Schiff, président du comité du renseignement à la Chambre, d’avoir menti à propos de sa conversation avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, que le président considère toujours, à l’encontre des faits, comme un échange « normal ». « Doit-il être arrêté pour trahison ? » a-t-il demandé en pointant l’élu démocrate.
Rappelons que l’appel passé au dirigeant ukrainien par Trump en juillet dernier le place sur la défensive depuis plus d’une semaine. La transcription de l’échange montre en effet, sans ambiguïté, qu’il a pressé son homologue d’enquêter sur son opposant politique Joe Biden et le fils de celui-ci, Hunter.
Cette intrusion de l’exécutif dans les affaires de la justice est d’autant plus inquiétante, dans un État de droit, qu’elle implique l’avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani, et le procureur général des États-Unis, Bill Barr, comme l’indique la publication du résumé de l’échange. M. Giuliani a affirmé dimanche qu’il « refuserait » de coopérer avec Adam Schiff, puis qu’il s’y résoudrait si son client Donald Trump le « lui demandait ». Lundi, les démocrates l’ont sommé de leur remettre des documents liés à l’affaire.
Procédure en destitution
La semaine dernière, ces nouvelles révélations ont amené les démocrates à déclencher une procédure en destitution du 45e président des États-Unis.
Dimanche, Donald Trump n’a pas hésité à citer sur Twitter les propos du prédicateur Robert Jeffress, qui craint que les États-Unis ne soient désormais au bord de la guerre civile. « Si les démocrates réussissent à contraindre le président à quitter son poste, cela va entraîner une fracture digne de la guerre civile », a dit le religieux texan.
Cette campagne de peur, relayée par le président, a outré le républicain Adam Kinzinger, pour qui le geste va « au-delà de l’abject ». « J’ai visité des nations ravagées par la guerre civile et je ne peux pas imaginer qu’une telle déclaration puisse être reprise par un président », a-t-il écrit sur Twitter.
Un sondage ABC-Ipsos dévoilé dimanche indique que 63 % des Américains considèrent que la demande d’enquête politique réclamée par Trump à l’Ukraine est un « sérieux problème » et que 43 % vont même jusqu’à la qualifier de « très problématique ». Près de la moitié des personnes interrogées ne sont par ailleurs pas surprises par ce comportement.
« Le président des États-Unis a violé son serment en utilisant sa présidence à des fins personnelles et aux dépens du pays, estime le chroniqueur politique David Leonhardt dans une chronique s’adressant aux élus républicains publiée dans le New York Times. Pouvez-vous imaginer un instant les icônes de votre parti, Ronald Reagan ou Dwight Eisenhower, mettre en péril la sécurité d’un pays menacé par la Russie, dans le seul but de discréditer un rival politique ? »
Et d’ajouter : « Le président Trump doit s’en aller, et vous — vous seuls — avez le pouvoir de le faire partir. »

DE NOUVEAUX SOUPÇONS
D’autres échanges téléphoniques pourraient venir hanter Donald Trump en renforçant les soupçons d’une utilisation de la puissance de la diplomatie américaine à des fins politiques personnelles. Selon le New York Times, le président a, lors d’un récent échange téléphonique, demandé au premier ministre australien, Scott Morrison, d’aider son procureur général à rassembler des informations qui permettraient de discréditer l’enquête du procureur spécial Robert Mueller. Comme lors de l’échange ukrainien, la Maison-Blanche aurait — démarche rare — limité l’accès à la transcription de cet appel à un tout petit groupe de personnes.
Agence France-Presse
 

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