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Politique

Côte d’Ivoire 2020: N’est-il pas temps que chacun taise pour une fois son égo pour penser un peu au pays ?

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Pour la troisième fois, le Chef de l’Etat vient de proposer aux hommes politiques de sa génération de passer le relais à une autre, pour que la Côte d’Ivoire poursuive son développement dans l’harmonie et la paix. La première fois c’était le 16 juillet 2018, lors de l’Assemblée constitutive du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), et la seconde fois, c’était lors de son discours à la Nation du 6 août 2018. Il vient de le répéter encore à Katiola : que ceux de sa génération passent le relais, parce qu’ils ont fait leur temps, et qu’il est temps de renouveler la classe politique.
Depuis le décès de Félix Houphouët-Boigny, premier président de notre pays, notre vie politique et notre vie tout simplement sont rythmées par les ententes et mésententes entre ceux que l’on a considérés ou qui se sont autoproclamés comme ses héritiers, à savoir messieurs Henri Konan Bédié, Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo. Houphouët-Boigny est mort il y a 26 ans. Au cours de ces 26 ans, chacun de ces trois hommes a eu le temps de diriger ce pays, durant un temps suffisamment long pour que les Ivoiriens puissent apprécier ce dont ils sont capables. Et comme le dit le Président Ouattara avec insistance, il est temps maintenant que le relais soit transmis à une autre génération. D’autant plus que le plus jeune d’entre eux, Laurent Gbagbo, aura 75 ans en 2020. Le président Ouattara a aussi ajouté qu’il se représentera si les autres le font. La balle est donc dans le camp de messieurs Bédié et Gbagbo. Elle est beaucoup plus dans celui de M. Bédié, puisque M. Gbagbo, qui a de sérieux contentieux avec la justice aussi bien dans son pays que sur le plan international, est à priori peu susceptible de présenter sa candidature à la présidentielle de 2020. Et M. Bédié, qui aura 86 ans en 2020, qui a déjà dirigé ce pays il y a vingt ans, a fait savoir qu’il était intéressé à une candidature à la présidentielle de 2020. Et de nombreuses personnes dans son camp l’y poussent. Et l’argument de plusieurs d’entre eux est que M. Ouattara veut être candidat, et il n’y aurait que Bédié pour l’affronter et le battre.
N’est-il pas temps que chacun taise pour une fois son égo pour penser un peu au pays ? En 2010 l’élection présidentielle qui a vu les trois hommes concourir s’est soldée par une guerre qui a coûté officiellement la vie à plus de trois mille personnes. Et si aujourd’hui des hommes politiques ont fait de la réconciliation leur leitmotiv, c’est parce que la crise qui a suivi cette élection de 2010 a eu une néfaste répercussion sur la cohésion de notre société. Nous savons tous que si l’élection de 2020 oppose de nouveau ces trois hommes ou seulement deux d’entre eux, nous risquons de connaître les mêmes tragédies. Pour quelles raisons des hommes qui ont déjà dirigé le pays, il y a parfois de cela de très longues années, veulent le diriger encore ? Que peuvent-ils apporter de nouveau à ce pays ? La vraie raison est qu’ils cherchent tout juste à satisfaire leurs égos, à prendre une revanche, ou à humilier celui qu’ils considèrent comme leur ennemi. Chacun est intimement convaincu qu’il gagnera sans coup férir et fera rendre gorge au perdant et subir les pires sévices.
N’est-il pas temps de conclure la paix des braves, celle où il n’y a ni perdant ni gagnant ? Si nous allons à un affrontement entre deux ou trois de ces hommes, au moins l’un d’eux en sortira humilié à jamais. Et qu’y aurait donc gagné notre pays ? Il y aurait gagné une division encore plus profonde ou peut-être pire, de nouveaux affrontements meurtriers. Est-ce de cela que nous avons besoin ? Et pourtant, quel grand ouf de soulagement ne pousserions-nous pas, si messieurs Bédié et Gbagbo prenaient M. Ouattara au mot et disaient chacun : « chiche, je ne serai pas candidat » ? Nous les remercierions de toute notre âme et ferions d’eux des héros s’ils prenaient une telle décision. Parce qu’au fond de nous tous, quelles que soit les chapelles politiques auxquelles nous appartenons, notre désir profond est de vivre une élection présidentielle de 2020 aussi paisible que celle de 2015, lorsque messieurs Bédié et Ouattara étaient encore des amis. Notre désir profond est de vivre dans la paix avec tous les habitants de ce pays et tous ceux qui nous entourent. Alors, qu’est-ce qui nous oblige, nous peuple de Côte d’Ivoire, à laisser notre sort dépendre des égos et des désirs de revanche de deux personnes ? Pourquoi le sort de 24 millions de personnes dépendrait-il de l’humeur de deux personnes, et non le contraire ? Nous voyons depuis quelque temps, ici et là, des peuples qui ont pris leurs responsabilités et qui les assument. Il serait peut-être temps que le peuple ivoirien prenne les siennes, comme il l’a déjà fait par le passé. Certains partisans de M. Bédié justifient sa candidature par celle de M. Ouattara. M. Ouattara dit aujourd’hui qu’il ne sera pas candidat si M. Bédié accepte aussi de ne pas être candidat. Vous dites quoi ?
Venance Konan

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