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Hommage à Gaoussou Kamissoko: "Un journaliste cultivé "

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Enfin, la délivrance ! Certes, on ne peut pas souhaiter – encore moins se réjouir de - la mort d’un être humain. Quel que soit son état. Mais il y a des maladies têtues, récalcitrantes, accrocheuses, incurables, « fatiguant et éprouvant » et le malade (physiquement, mentalement) et la famille (moralement, psychologiquement, financièrement) que la « mort », parfois, est préférable à cette « vie » qui n’en est pas une. Et la mort de Gaoussou Kamissoko (le vendredi 3 janvier 2020) procède de ces pathologies pernicieuses, éprouvantes, qui ne lâchent jamais leur proie, la faisant périr à petit feu. Comme cette maladie mystérieuse qui l’a emmené à plusieurs reprises en Afrique du Sud et au Maroc.
L’ancien secrétaire général de Fraternité Matin est donc « délivré » de ses souffrances pour être dans le « repos » du Seigneur. S’il est vrai qu’il existe une « vie après la mort », comme le pensent les croyants. D’ailleurs, qu’elle (cette « vie après la mort ») existe ou pas, « celui qui croit ne perd jamais », dit si bien le philosophe français Pascal : le croyant ne perd pas s’il n’existe pas une vie après la mort, et il ne perd pas non plus si elle existe.
« Plus talentueux que nous tous »
Certes, cette assertion est, selon un autre philosophe français (moderne), Bernard-Levy, une marque d’incrédulité, dans la mesure où un « vrai croyant » ne peut douter de l’existence du Paradis qui constitue l’espérance de sa foi. Mais l’assertion reste vraie pour ceux qui n’ont pas la foi, c’est-à-dire, les incroyants. Dieu seul donc sait si Gaoussou Kamissoko avait « cru » (ou non). Mais pour lui, c’est fini, la question n’a d’intérêt que pour nous qui vivons encore : nous devons opérer un choix entre « croire » ou « ne pas croire ». Et je répète : dans tous les cas de figure (le paradis existe ou il n’existe pas), « le croyant ne perd pas ». Et en tant que chrétien, je t’invite, lecteur, à « croire en Jésus » qui est « le chemin pour entrer dans le Royaume de Dieu ». A bon entendeur......
Enfin, ce qui est sûr, c’est que Gaoussou Kamissoko a été un « journaliste de grand talent » : il était le « plus talentueux de nous tous », à cette époque (les années 1970, 80 et 90),à Fraternité Matin. Intellectuellement et « culturellement » parlant ! Il faisait sans nul doute partie de ceux que Jacques Attali qualifiait d’« intellectuels cultivés» (qui ont une « certaine culture générale », sans forcément avoir des « diplômes ») opposés aux « intellectuels diplômés » (bardés de diplômes mais ayant une culture générale limitée).
Ce trait, un ami me l’exprimait un jour, en termes un peu triviaux mais pertinents : « Pour moi, Kamissoko est plus fort que beaucoup de gars ! », faisait-il remarquer, manifestement lecteur assidu de ses chroniques « Sur l’échiquier international » et « Propos de Mardi ». En effet, ce qui caractérise l’écriture (journalistique) de Gaoussou Kamissoko (« Kamiss » pour les intimes, « GK » pour ses collègues), c’est la rigueur de son vocabulaire (mots justes et précis), la pertinence et la profondeur de ses analyses (notamment sur les sujets internationaux), même s’il avait une syntaxe quelque peu lourde ou alambiquée (avec des phrases souvent trop longues). Mais pour moi, cela dénote un certain degré de maturité intellectuelle qui sied bien aux genres « chronique » et « éditorial » qu’il avait le plus pratiqués.
Structure climaxique
Il possédait ainsi une « force intellectuelle » qui lui permettait de déjouer les « pièges stylistiques » des journalistes dont moi, je l’avoue. Malgré notre « grande amitié », Kamiss me « torturait », prenant le temps de lire attentivement mes articles pour « censurer » des passages pourtant « bien cachés » dans une structure narrative dite « climaxique », c’est-à-dire, un plan narratif dans lequel, comme dans un acte sexuel mal (ou pas du tout) maîtrisé qui se termine par une éjaculation brutale (le plus souvent précoce), l’article commence et se développe par des « mots doux » et se termine par une « formule violente » qui détruit tous les éloges faits auparavant. Et souvent, c’était à la « Cour des miracles » (un maquis qui nous servait de Qg) qu’il me le faisait savoir par un rire sarcastique : « Tu peux tromper qui ? J’ai enlevé ton passage à problème ! » Souvent je me mettais en... Parce que ces passages, je les tenais pour l’essentiel de l’article.
Autre chose : si ce n’est pas Gaoussou Kamissoko qui avait créé la « Page des arts et de la culture» de Fraternité Matin, c’était bien lui qui avait donné à cette « Page » ses lettres de noblesse. Une « Page » qui a été animée, par la suite, par des grands noms comme Guy Kouassi, Bernard Ahua, Frédéric Grah Mel ...... et nous-même. Notre passage a été caractérisé notamment par des « grands débats culturels » comme ceux sur la « drummologie » du Pr Niangoran Bouah, le « théâtre africain » de Niangoran Porquet, la « philosophie africaine » (débat ici introduit par les ouvrages des philosophes béninois Paulin Hountondji et camerounais Marcien Towa), le « déclin de la langue française », « la responsabilité des Africains dans la traite négrière ». De grands débats culturels qui avaient aidé les intellectuels ivoiriens à supporter le manque de liberté d’expression sur le plan politique, au temps du parti unique ...
La « sagesse du pauvre »
Malheureusement, ce « travail gigantesque » abattu par ces journalistes dans le domaine culturel qui, à un moment donné, a fait apparaître la Côte d’Ivoire comme le « nouveau quartier latin d’Afrique » ne semble pas avoir été « reconnu » par les autorités qui, lors des décorations - les anciens comme ceux qui sont encore de service – ne sont jamais pris en compte. Exemple du « journaliste cultivé » Gaoussou Kamissoko. Mort dans l’anonymat !
Agnès Kraidy, à qui nous avons demandé un jour de reprendre cette Page culturelle, m’a répondu qu’elle avait écrit des centaines, voire des milliers d’articles sur la culture et personne ne l’a « regardée », mais il lui a suffi quelques articles dans le domaine politique pour qu’elle soit « courtisée » comme une « Miss Côte d’Ivoire ». Cela veut tout dire : la culture en Côte d’Ivoire est comme la « sagesse du pauvre » : méprisée !, dit la Bible.

NB : On peut aussi souligner son « côté humain » qui se traduisait par des actes de « solidarité de grande portée », comme cette bataille qu’il avait menée en 1999 afin d'obtenir de Fraternité Matin une prise en charge pour mon hospitalisation au Chu de Cocody, lorsque j’avais été atteint d’un PRN (une paralysie) sévère.

Par K.K. Man Jusu

*Journaliste-Formateur

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