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Politique

Dialogue politique ivoirien: Ado pourra-t-il redémarrer la machine ?

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On savait que le fil du dialogue entre la majorité et l’opposition ivoiriennes était particulièrement ténu, il a fini par rompre après un mois et demi de palabres. Lundi, alors que les différents protagonistes s’étaient retrouvés pour la signature d’un éventuel accord, le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, a unilatéralement et sans préavis mis fin aux pourparlers.
 
 
Constat d’échec. Quarante-cinq jours de discussions presque pour rien. 
 
La balle est donc désormais entre les mains du président Alassane Dramane Ouattara. Sur ce point, les deux parties semblent au moins d’accord. 
 
En renvoyant lundi les deux camps à leurs chères études politiques, AGC, comme on le surnomme, avait en effet indiqué qu’il rendrait compte au chef de l’Etat ivoirien et que ce dernier aviserait. 
 
Pour l’opposition, qui a tenu hier une conférence de presse au siège du PDCI/RDA, le gouvernement a échoué dans sa mission et par conséquent n’est plus qualifié pour poursuivre le dialogue entamé. Elle s’en remet donc au premier magistrat ivoirien pour relancer la machine, en panne « dans un cadre rénové, consensuel et crédible ». 
 
En disant cela, les opposants semblent accorder à ADO le bénéfice de la bonne foi, à moins que ce ne soit une manière de prouver sa mauvaise foi en l’amenant à se découvrir réellement parce qu’il serait l’inspirateur de cette décision inattendue et brutale de son Premier ministre.
 
Il faut dire que ce ne sont pas les points de désaccord ou de non-accord, pour faire dans  la litote,  qui manquent.
 
Les débats achopperaient sur plusieurs écueils au nombre desquels le remboursement   des frais de campagne au-delà de 5% des votes, l’indépendance de la CEI, le montant de la caution pour être candidat à la présidentielle, la majorité proposant la somme de 250 millions alors que l’opposition tablerait sur 50, la question du parrainage ou encore l’abandon des charges de la justice ivoirienne contre Laurent Gbagbo.
 
Si sur certains sujets de friction on peut trouver un terrain d’entente pour peu qu’il  y ait de la bonne volonté de part et d’autre, on imagine que d’autres points posent véritablement problème, car on voit mal le pouvoir actuel accéder à la requête concernant l’avenir judiciaire et politique de l’ancien président au moment où l’Etat ivoirien s’échine à tenir Gbagbo loin de la Côte d’Ivoire et des joutes électorales à venir.
 
Mais le temps presse, et nous sommes à seulement huit mois du scrutin présidentiel d’octobre 2020. Et si les divergences politiques ne sont pas aplanies d’ici là, on craint que le pays d’Houphouët retombe dans ses vieux travers alors même qu’il n’a pas encore soldé les comptes de la crise électorale de 2010-2011. 
 
La balle, comme indiqué plus haut, est désormais entre les mains du locataire du palais de Cocody.
 
Des initiatives hardies qu’il saura prendre ou… ne prendra pas dépendra la paix sociale ivoirienne qui se dégrade chaque jour. 
 
 
Alain Saint Robespierre

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