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Politique

Alpha doit savoir raison garder !

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Le vendredi 28 février, le président Alpha Condé a annoncé à la télévision d’Etat le report de deux semaines des élections législatives et du Référendum sur la Constitution. « C’est par responsabilité nationale et sous-régionale que nous avons accepté un report léger de la date des élections. Ce n’est ni une capitulation, ni une reculade ». Mais s’il a décidé de repousser l’échéance deux semaines, il a aussi martelé que « le peuple de Guinée exprimera librement son choix à travers le référendum et choisira librement ses députés ».
Le double scrutin devait se tenir hier dimanche 1er mars. Compte tenu du climat délétère qui prévaut en Guinée, l’annonce présidentielle peut servir à décrisper la situation afin que les  acteurs politiques de son pays aillent à la recherche d’un consensus. Mais dans la mesure où   le président Alpha Condé s’entête à vouloir que seuls les partis déjà en lice pourront participer aux législatives, il y a de quoi s’inquiéter. La Guinée n’a nullement intérêt à se passer de la participation de l’opposition politique.
 
Encore que la tenue en l’état du double scrutin est contestée à la fois par cette opposition et la société civile. S’y ajoute que l’annonce du président Condé survient après les réserves exprimées par la communauté internationale sur le processus électoral en cours. D’abord, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a annoncé son retrait du processus électoral après constat d’irrégularités révélées par l’audit du fichier électoral. Elle avait  recommandé le retrait de près de 2,5 millions d’électeurs ’’des doublons et/ou de personnes décédées’’. Une recommandation restée sans suite auprès de la  Commission électorale. Par conséquent, l’OIF  a estimé que les conditions pour la tenue d’un scrutin libre et transparent ne sont pas réunies.
Ensuite, la mission de bons offices de la CEDEAO avait été reportée. Enfin, l’Union africaine avait  décidé de ne pas déployer de mission d’observation en raison des risques de violences. Ce qui n’est pas faux, lorsque l’on sait que le Front National de Défense de la Constitution (FNDC), tout en prenant acte du report, a décidé de continuer à maintenir la pression « jusqu’au retrait complet de ce qu’il considère comme une « forfaiture » du pouvoir. Que va-t-il se passer à l’issue de ces deux semaines ? Alpha Condé peut-il prendre le risque de mettre hors-jeu son opposition du processus électoral ?
De toute façon, il  est fort probable que la CENI ne puisse pas  obtenir, dans deux semaines,  un fichier consensuel pour convaincre les partenaires. Lesquels exigent d’elle de bons logiciels et un nouvel enrôlement. Alpha Condé pourra-t-il, en dépit de cette réalité, prendre le risque de mettre hors-jeu son opposition du processus électoral ? Puisse le Tout-Puissant veiller sur la Guinée !
Gaoussou Madani Traoré

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