Actualité oblige. Le constat est réel: à l’épreuve du Coronavirus ou Covid-19 qui « viole » son quotidien et ébranle ses fondements depuis quelques jours, la Côte d’Ivoire notre si beau Pays, s’emploie à conjurer le sort. En effet, conscient de la vulnérabilité de l'espèce humaine et ayant pris toute la mesure de la gravité de la situation, le Gouvernement ivoirien a initié une série de directives, dispositions et consignes provisoires. Allant de la fermeture des Etablissements de formation à la suspension temporaire de toute activité drainant un public de plus de cinquante personnes. En passant par des mesures d’hygiène, avec le lavage des mains à l’eau et au savon. En évitant autant que faire se peut, les poignées de mains et autres accolades. L’observance d’une distance sécuritaire entre individus dans les cérémonies publiques est vivement recommandée. En attendant le confinement général observé ailleurs dans certains pays. En fonction de l’évolution de la situation. Tout cela, bien entendu, visant à préserver et à protéger les populations locales de cette redoutable pandémie planétaire. Au plus fort d’une peur-panique que le Pays n’a jamais connue auparavant. En dehors de la parenthèse de la Rébellion armée. Mais comparaison n’est pas raison. Cette fois, l’ennemi est sans visage et sans revendications. Sinon que de mettre à mal voire de donner un coup d’arrêt aux acquis qui font aujourd’hui notre commune fierté. Entre autres : la Paix, la Cohésion sociale, le Vivre ensemble, la Laïcité, la Stabilité politique et économique, la Croissance et la marche vers l’Emergence.
Aux grands maux grands remèdes, dit l’adage.
Alors, gardons nous de penser que ça ne peut arriver qu’aux autres. Parce qu’on aura porté un masque de protection le plus souvent inadapté d’ailleurs. On que l’on aura ingurgité autant de prétendues recettes miracles à l’efficacité incertaine. Pensant ainsi s’affranchir des consignes éditées. Ne nous leurrons donc pas. Chez nous comme ailleurs, des statistiques macabres de contamination et de décès sont publiées au quotidien. Pour rappeler aux uns et aux autres que le combat est encore loin d’être gagné. Et que ce n’est pas demain la veille. Surtout lorsqu’individuellement et collectivement, la discipline notre bouclier provisoire, est mise à mal. Du fait du non respect des instructions de l’Autorité sanitaire officielle. Alors que le virus qui se joue des frontières et de toutes considérations économiques et sociales, se répand à une vitesse exponentielle.
Désormais, l’enjeu est-il donc de freiner sa propagation !
C’est ainsi peu dire qu’aussi pertinentes qu’elles soient, les mesures gouvernementales ne trouveront leur efficacité que dans leur stricte et rigoureuse application par les populations sur le terrain. Sans distinction aucune et sans état d’âme. Avec des supports pédagogiques adaptés à la circonstance et à même de susciter et amplifier l’adhésion populaire. A l’heure des réseaux sociaux pratiquement hors de contrôle, c’est d’ailleurs à ce niveau que sont attendus les médias nationaux, ainsi invités à donner le bon exemple. Et à s’investir dans l’information juste et vraie, rigoureuse et responsable. Il y a de quoi lorsqu’on observe l’attitude contre productive de la horde de charlatans opportunistes, vendeurs d’illusions et autres spéculateurs véreux qui tirent profit de la détresse des autres. Prétendue colère ou malédiction divine, augmentation fantaisiste et abusive des prix des denrées de premières nécessités, rien n’est épargné aux populations quand il s’agit de créer et d’accentuer la psychose. Vivement donc que le Gouvernement s’attelle à « corriger » ces débordements. En attendant, l’autre préoccupation et non des moindres, demeure la gestion de la délicate et sensible dimension religieuse du problème. En effet, les mesures de mise en hibernation des cultes et de bien d’autres activités connexes décidées par les principales confessions, semblent heurter certains fanatiques et illuminés. Qui voient là blasphème et satanisme. En dépit de la fermeture effective au public d’Institutions référentielles sacrées aussi prestigieuses comme la Grande Mosquée (le Haraam) de la Mecque, le Vatican et son légendaire Esplanade à Rome ainsi que le Mémorial du Mur des Lamentations à Jérusalem. Pour ne citer que celles là. Fait inédit et sans précédent, de mémoire de contemporains. Aucune guerre ou catastrophe n’y est encore parvenue. Du jamais vu !
Assurément, un réarmement spirituel et moral des fidèles Croyants s’impose.
Et même de certains Dignitaires religieux, pourquoi pas ? En leur expliquant tous les enjeux de survie. Une parenthèse ainsi propice à la repentance et à la pénitence. Afin que l’élévation spirituelle « ressuscitée » guide la Côte d’Ivoire dans sa nouvelle Alliance avec le Dieu d’Amour, de Grâce et de Miséricorde. Une démarche qui nécessite également l’implication de la Classe politique, la Chefferie traditionnelle et la Société civile. Cela serait juste et bon. La gravité de la situation en appelle à une mobilisation générale effective. Cela serait juste et bon et y va de notre survie. Convaincus que tous, nous serons désormais de l’extrême vulnérabilité de la Créature. Le plaidoyer aurait cependant un goût d’inachevé si nous omettions d’invoquer une prise en compte dans cette stratégie de survie, les Administrations, Tribunaux, Entreprises, Commerces, Banques et Assurances, Casernes, Marchés, Gares routières et ferroviaires, Aéroports, Rédactions, Stades, Hôpitaux et autres Maisons carcérales. Des structures à forte concentration et mobilité humaines. La liste n’est pas exhaustive. Chapeau bas notamment aux Personnels soignants et de secours ainsi qu’aux Forces de Défense et de Sécurité, encore et toujours à la manoeuvre . Dans tous les cas, une chose est désormais indéniable, il y aura bien un avant et un après Coronavirus en Côte d’Ivoire. Et rien ne sera donc plus comme avant. Que Dieu facilite. Amen ! Alors ensemble, prions. Jummah mubarack. Santé et paix du coeur .
El hadj Y. Sylla.





