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Reportage/ Coronavirus : Grosse peur dans les ministères

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Depuis la survenue de l’épidémie du coronavirus, qui a contraint le gouvernement et les municipalités à prendre des mesures pour en freiner la propagation, qu’est-ce qui a changé dans le quotidien des ministères ? Ambiance dans les tours administratives du Plateau.
Il est bientôt midi ce mercredi 1er avril 2020. Au 5e étage de la Tour A, des agents de la Direction des Ressources humaines du ministère de la Modernisation de l’Administration et de l’Innovation du Service public sont regroupés dans un vaste bureau, en train de prendre leur déjeuner.
Pour la circonstance, ils sont réduits à manger du sandwich fait de pain et de pâté. En raison de la mesure de fermeture des restaurants où ils avaient coutume de prendre leur déjeuner, ils disent s’être organisés pour trouver une solution de substitution. Assis sur des sièges, les uns rapprochés des autres, au mépris des consignes de distanciation sociale, ils mangent sans enthousiasme.
Interrogés sur le contexte pesant de la crise sanitaire, certains déplorent la mesure d’interdiction des véhicules de transport communément appelés woro-woro et des pinasses dans la commune du Plateau. « J’ai dû prendre un taxi pour venir ce matin depuis Yopougon. Ça ne va pas continuer comme ça », fulmine l’un d’entre eux. Une dame embouche la même trompette. « Avec cette interdiction des woro-woro, c’est vraiment difficile de venir au travail. Sans compter cette hantise du coronavirus qui nous accompagne de la maison au bureau », renchérit-elle.
Avant d’accéder à leur bureau, le visiteur est invité à se laver les mains à deux reprises par deux dispositifs différents : des seaux d’eau et un pulvérisateur automatique d’un produit désinfectant. Puis, maintenu à bonne distance par un marqueur collé au sol, nous sommes invité à nous faire enregistrer. Ayant ainsi montré patte blanche, nous sommes autorisé à accéder à la salle.
 
Ce que redoutent les fonctionnaires
Puis, nous sommes conduit à un autre bureau. Même spectacle : une quinzaine d’agents très rapprochés les uns des autres, se passent du pain et devisent, sans masque au visage. 
Avant de mettre le cap sur la Tour A, nous sommes passé par le 12e étage de la Tour C, qui abrite le cabinet du ministère de la Modernisation de l’Administration et de l’Innovation du Service Public. Avant d’accéder au hall, chaque usager passe par le dispositif de lavage de main installé au pied de la Tour. Puis une vigile soumet chacun à une prise de température, dont les résultats sont rigoureusement consignés, par une jeune femme en blouse blanche dans un cahier avec indication du sexe. « C’est pour faire notre point », lâche-t-elle en réponse à notre préoccupation.
Le hall dégage une impression de vide. On peut, en effet, compter sur le bout des doigts les personnes qui y sont présentes à cette heure de la matinée. Ici aussi, pas plus de 4 personnes dans l’ascenseur. Certains portent des masques, d’autres pas. Au 12ème étage, toujours cette impression de vide, avec des bureaux clos, d’où ne sortent que rarement les occupants. Au sortir de l’ascenseur, le visiteur est accueilli par des seaux, du savon, du gel pour le même rituel : lavage des mains.
Dans le bureau où l’on nous autorise à accéder pour répondre à nos préoccupations, deux dames, cache-nez au visage, sont derrière les bureaux. « Nous sommes à la tâche comme vous le constatez. Mais, plus que les soucis causés par l’interdiction des woro-woro et pinasses d’accéder au Plateau, c’est l’atmosphère hantée par la menace du coronavirus qui nous stresse le plus. Chaque jour, en venant au travail, on se demande si on ne va pas choper le virus dans un véhicule de transport en commun ou si on ne va pas le ramener du bureau à la maison. J’avoue que ce n’est pas facile », confie dame Soro.
Occupée à ranger des documents, sa collègue ajoute que la peur du Covid-19 a créé un climat de méfiance entre travailleurs du même service. « On en est aujourd’hui à se demander si le collègue de bureau n’a pas contracté le virus. Même quand vous toussez, on vous regarde avec suspicionau point que vous êtes amené à étouffer l’envie de tousserau risque d’attirer les regards sur vous», s’inquiète-elle. 
Quatre étages plus haut, nous voilà au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, situé au 16e étage. Encore des dispositifs de lavage des mains. Donc lavage de main à nouveau. Et un peu partout, des affiches sur les mesures barrières. Ici, plus qu’ailleurs, les quelques personnes rencontrées portent des masques. Au nombre de celles-ci des membres d’une Ong, vêtus de tricots aux couleurs du moment. Ils sont engagés à la sensibilisation contre le Covid-19 et sont venus obtenir l’appui institutionnel.
 
Dur, dur pour les habitués des woro-woro 
Dans le bureau du chef de cabinet où nous oriente le vigile, on exige de nous que nous nous conformions à la procédure en envoyant un courrier avant d’avoir un quelconque interlocuteur. Nous n’avons pas le temps de nous soumettre à ces formalités. Nous mettons le cap sur la tour D. Ici aussi un dispositif de lavage de main est installé au bas de l’immeuble. Un vigile posté à l’entrée du hall, s’assure que chacun des visiteurs ou membre du personnel se prête au lavage des mains avec du gel, arrivé à son niveau, après l’avoir fait au savon quelques mètres plus loin.
Au 20e étage abritant la Direction des Ressources humaines du ministère de l’Education nationale, pas grand monde. Toujours ce silence pesant. Rencontré dans les couloirs, un agent explique que la mesure d’interdiction pour les woro-woro et pinasses d’entrer au Plateau a assurément des conséquences sur les déplacements des fonctionnaires. « Bien sûr que ça impacte le travail. Habituellement, on est quatre par bureau mais on n’est plus qu’un par bureau. Moi j’ai la chance de venir dans le véhicule d’un ami », témoigne-t-il.
Au 25e étage où est logé le ministère de la Construction et de l’Urbanisme, même silence, déchiré de temps à autres par des pas de personnes sortant de l’ascenseur. Rencontrée dans les couloirs, Mme Kouassi explique que cela est dû à la double vacation instaurée par le gouvernement. Mais aussi aux difficultés que rencontrent certains agents pour venir au bureau, du fait de la mesure prise par la municipalité du Plateau d’interdire les woro-woro et pinasses d’entrer désormais dans cette commune. « Moi j’habite Faya et pour venir au travail, je transite par le carrefour de la vie où j’emprunte un woro-woro pour le Plateau. Depuis ce matin, je suis obligée de passer par Adjamé, descendre à l’Indénié avant de regagner le Plateau à pieds. Le soir, en rentrant, je vais devoir encore marcher jusqu’au Plateau avant de prendre un véhicule pour Faya. Jusqu’à quand va durer ce calvaire ? », se lamente-t-elle.
Karine Koré
 
 
 

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