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Coronavirus : Scènes d’émeute à Yopougon lundi, plusieurs arrestations

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Ça sentait le souffre, le lundi 6 avril 2020, à Yopougon. Le mercure est en effet monté d’un cran dans la journée, moins de 24h après les violentes protestations des riverains de la Brigade Anti Emeute( Bae) du quartier Toit rouge, contre un centre en construction, censé accueillir des activités en lien avec le coronavirus.
Dès le lever du jour, une foule compacte et déchaînée a pris les rues en scandant des propos hostiles au gouvernement. Le visage badigeonné et visiblement surexcités, des centaines de jeunes ont bravé l’état d’urgence pours se dresser contre des forces de l’ordre déployées sur les lieux. « Allez à Assinie, Allez à Assinie ! » ou encore «Libérez Yopougon ! », hurlaient les manifestants, devant des forces de sécurités débordées. 
Venu en pompier pour éteindre le feu qui menaçait d’embraser tout Yopougon, le préfet d’Abidjan, Toh Bi Irié Vincent, s’est heurté à un mur. D’ordinaire, outillé pour décanter pareille situation, lui aussi a été vite débordé. Il a été houspillé par les manifestants en courroux.  
Excédées par le harcèlement des protestataires en furie, les forces de sécurité ont dû faire usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule. Mais c’était sans compter sur la détermination des manifestants, qui ont, par moments, pris en tenaille les forces de l’ordre. On a alors assisté à une course poursuite dans les rues de Yopogon, qui a duré jusque tard dans l’après-midi.
« Nous refusons que l’on installe près de nos habitations sans nous avoir informé auparavant de ce centre de Covid-19 », ont réagi, sur les antennes de la télévision nationale, deux résidents du quartier. Dans la soirée, le gouvernement, par la voix du de son porte-parole, Sidy Touré, a dénoncé les émeutes de yopougon tout en prévenant que «… les auteurs de ces actes seront recherchés et traduits devant les juridictions compétentes ».
Avant cette réaction officielle du gouvernement, c’est le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général Vagondo Diomandé, qui a averti que ce genre d’attitude ne serait plus toléré et annoncé l’interpellation déjà de plusieurs personnes impliquées dans ces violentes manifestations de rue.
Rappelons que tout a commencé dans la nuit du dimanche 5 avril avec le soulèvement des riverains du camp Bae de Yopougon-Toit rouge, qui ont saccagé un centre dédié au Covid-19, qui était en construction dans leur quartier. Au motif que l’implantation de ce centre près de leurs habitations menacerait leur vie.
Karine Koré
 

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