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Politique

Législatives au Mali : Quand l'urgence démocratique se moque de l'urgence sanitaire !

Publié le :

Contre vents et marrées, ou plutôt contre menaces terroristes et risques du Covid-19, le gouvernement d’Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK) a organisé le second tour des élections législatives ce 19 avril.
 
 
Des élections au goût d’inachevé car le cœur des Maliens n’y était pas. Le taux de participation déjà faible au premier tour, moins de 36%, pourrait encore baisser.
 
Des risques de propagation de la maladie due au coronavirus dans le pays au danger des attaques récurrentes des groupes armés, tout militait pour le report de ces élections. Mais l’obstination d’IBK est passée par-là. Au nom d’une urgence démocratique, renouveler le mandat des députés arrivé à expiration depuis décembre 2018 et prorogé à 2 reprises, il a fait fi  de l’urgence sanitaire et bravé la menace des groupes terroristes. Pour quel résultat ?  
 
 Les semaines à venir nous diront si ce double scrutin n’a pas donné des ailes au Covid-19, car, à l’évidence, malgré les précautions d’hygiène prises à l’entrée des bureaux de vote, l’exposition des électeurs à la pandémie a été bien réelle avec les déplacements de personnes qu’il a occasionnés. Au demeurant, en moins d’un mois, entre le 25 mars et le 19 avril 2020, le coronavirus a infecté 216 personnes au Mali dont 13 sont décédées et tous les spécialistes de la maladie s’accordent à dire que le pic des contagions reste à venir dans ce pays. Dès  lors, passe encore  que le gouvernement de Bamako fasse le dos rond face aux  coups de boutoir des groupes terroristes, mais c’est gravement sous-estimer l’hyper volatilité contagieuse de ce virus que d’organiser des élections dans ce contexte de pandémie. 
 
C’est à croire que les autorités de Bamako, flattées par la survenue tardive des premières contagions au Mali et le petit nombre de malades dus au coronavirus dans le pays, n’ouvrent pas les yeux sur les ravages de la maladie ailleurs. Ça n’arrive pas qu’aux autres et dans ce village planétaire qu’est devenu le monde, c’est d’une insouciance sidérante que de ne pas mettre de l’eau sur son toit quand la case du voisin brûle. 
Du reste, les populations maliennes ne s’y sont pas trompées : peu convaincues par la vacuité des messages des candidats, inquiètes de la progression du Covid-19 dans le pays et aussi des capacités de nuisance des groupes terroristes, elles ont boudé les urnes. Qu’importe ! IBK et son gouvernement tiennent leurs législatives. Bientôt 125 nouveaux élus viendront s’ajouter aux 22 du premier tour. Le nouveau Parlement pourra ainsi valider les mandats des nouveaux députés et offrir à l’organe législatif malien une cure de légalité institutionnelle. Pour la légitimité populaire, il faudra repasser.
 
Mais dans cette obstination électorale où l’urgence démocratique se rit de l’urgence sanitaire, ce n’est pas le pouvoir malien qui est le seul coupable. Les partis d’opposition, toutes tendances confondues, ont également leur part de responsabilité. En effet, ils ont condamné du bout des lèvres l’organisation de ces élections avant de se ruer à présenter des candidats, parfois sur des listes communes avec le parti au pouvoir. 
 
Même l’Union pour la république et la démocratie, le principal parti d’opposition, dont le leader a été enlevé à 4 jours du premier tour, a maintenu sa participation à ces législatives. De là à dire que toute la classe politique malienne a fait collusion pour préserver ses intérêts partisans au détriment de la santé des populations, il n’y a qu’un pas vite franchi. 
 
La rédaction

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