Les activités commerciales dans la commune d’Adjamé, arrêtées du fait de la pandémie du Coronavirus (COVID 19), il y a pratiquement un peu plus d’un mois, reprennent progressivement leurs droits.
C’est bien le constat qui s’impose de plus en plus, à l’attention de tous ceux qui passent au quotidien dans cette commune, comme il nous a été donné de le constater le mardi 21 avril 2020 à certains endroits d’Adjamé ; réputée pour être la cité par excellence du commerce dans le district d’Abidjan.
Il faut rappeler que consécutivement à l’apparition des premiers cas de malades du COVID 19 en Côte d’Ivoire, le gouvernement avait demandé un arrêt provisoire de certaines activités commerciales et sociales. Et ce, dans l’optique de réduire la chaine de contamination, à défaut de la briser complètement.
Nous avons remarqué que les occupants des magasins, des étals et autres lieux similaires de commerce, qui avaient été désertés du fait de la situation, ont repris leurs activités. Nous sommes partis de la sortie du tunnel de la gare nord de la Sotra, jusqu’à proximité du commissariat de police du 7eme arrondissement d’Adjamé, en passant par les ruelles situées derrière la gendarmerie de la commune, ainsi que devant l’église universelle, pour nous rendre compte que, cette reprise du commerce, surtout dans le secteur informel, ne concerne pas juste une poignée de commerçants. Mais bel et bien plusieurs pratiquants de cette activité économique.
Ce sont surtout des vendeurs de chaussures, de vêtements, d’appareils électro-ménagers surtout de seconde main, de sacs à main, de valises, d’ordinateurs neufs et d’occasion, etc.
L’ambiance qui régnait lors de notre passage à ces différents lieux porte à croire que c’est avec joie et grand plaisir que ces vendeurs ont retrouvé leurs magasins et leur business. On aurait dit qu’ils avaient hâte de se revenir là, à héler, et attirer de diverses manières les passants. Fin donc de l’auto confinement pour les uns et les autres, est –on tenté d’affirmer.
Ce n’est pas Abdoulaye K, vendeur de mocassins et souliers aux 220 Logements, qui dira le contraire. Il dit être content de reprendre son activité. Car pour lui, la situation dans son foyer devenait intenable à cause de ses charges familiales. En plus du fait qu’il n’a pas d’autres ressources financières.
Il ressort de son témoignage que c’est suite à la réouverture du Black market, et d’autres marchés et commerces de la commune, que les commerçants du coin où il exerce, ont repris leurs activités depuis le vendredi 10 avril 2020.
Depuis cette date, les commerçants des 220 logements, selon Abdoulaye n’ont pas encore eu maille à partir avec les agents de la police municipale. Encore moins avec des policiers ou des gendarmes. Pourtant, ce sont ces agents qui selon lui, les avaient contraint à plier bagages.
Evoquant les circonstances de leur retour, un vendeur de moteurs de réfrigérateurs de seconde main qui tient un magasin non loin de l’église universelle affirme autre chose. Sous le couvert de l’anonymat, il soutient que ce sont le responsable du marché qui abrite son magasin, qui ont négocié et obtenu un accord avec la mairie, pour la reprise de leurs activités.
L’accord en question, à l’en croire, a été soumis à des conditions. Au nombre desquelles l’ouverture des magasins du matin jusqu’à 15 heures au plus tard.
Confirmant les propos tenus par le vendeur de moteurs d’occasion de réfrigérateurs, Lamine, qui gère un magasin de vaisselles, a souligné que leurs responsables leur ont aussi demandé d’avoir de l’eau, du savon, ou à défaut du gel hydro-alcoolique pour se protéger et protéger leurs clients. Tout en parlant, il nous montre le seau d’eau et le savon qu’il a pris le soin de placer à l’entrée de sa boutique. En dehors de ce dispositif, Lamine malheureusement n’avait pas de cache-nez.
Alors que, Michael qui vend des chaussures sur le même marché, a porté un masque. Lors de notre entretien, celui-ci nous a affirmé que les consignes qu’ils ont reçues de leurs leaders pour la reprise de leurs activités, portent sur le strict respect des mesures barrières instaurées par le gouvernement, en vue d’éviter la progression du COVID 19. Pas uniquement l’eau, le savon, ou le gel hydroalcoolique. Mais aussi le port obligatoire du cache-nez, le respect de la distance de un mètre.
Nous avons joint la direction de la communication pour être situés sur la véracité des propos qui leur sont attribués. Mais au moment où nous écrivions ces lignes, aucune réaction de ce service de la mairie d’Adjamé, ne nous était parvenue.
Jeremy Junior





