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Biankouma: les conflits fonciers font toujours des morts et dégâts énormes dans les villages

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Depuis la fin de la crise militaro politique traversée par la Côte d’Ivoire, de 2011 à aujourd'hui mai 2020, la paix n'est toujours pas revenue dans de nombreux villages du département de Biankouma. Dans ces localités rurales, la vie est quotidiennement rythmée par  de vives et violentes tensions. Notamment, entre les populations autochtones Toura, Yacouba et particulièrement des paysans Lobi et Burkinabé. Différents conflits aux conséquences malheureuses, très souvent marqués par des cas de blessés graves, de morts  atroces et surtout de pillages  et destructions de biens. À l'origine de ces nombreuses crises : des problèmes fonciers.
 
   Ici et là, refus de restituer  une plantation de caféiers vendue, contestation des limites d'une parcelle de terre achetée  des mois auparavant, ou encore l’occupation et l'exploitation à des fins agricoles, d'une forêt sacrée ou d'un patrimoine familiale forestier. Ces crises à répétition mettent à mal la cohésion sociale et  plombent  dangereusement le processus de développement  économique. « Populations de Gouiné, je  suis venu vous demander  d'enterrer définitivement la hache de guerre pour  faire la paix avec les membres de la communauté Lobi. Qui depuis plusieurs années vivent avec vous.  Enterrer la  hache de guerre pour le triomphe de la cohésion sociale et le développement économique de notre région. Pasyans Lobi,  à vous, je demande le respect à la lettre, des us et coutumes et de la vie des populations autochtones qui vous accueillent ».
 
Ainsi s'exprimait Hamilton N'guessan N'dre Michel, préfet du département de Biankouma . C'était  dans la matinée  du 6 mai dernier à Gouiné. Où, la tension était très vive après l'assassinat d'un autochtone Toura dans la nuit du 3 au 4 mai 2020. De  septembre 2011 à mai   2020, on estime à 10 morts le nombre de personnes tuées,  à plus de 100 le nombre de blessés, et à plus de 400 celui des d'habitations endommagées. Ainsi qu’à plusieurs dizaines de millions de francs CFA, la valeur des dommages et biens pillés  ou emportés.
 Les faits. En septembre 2014 à Dio, une localité située à 9 km du chef- lieu de la sous- préfecture de Biankouma, un jeune paysan Toura est froidement abattu dans sa plantation. Son corps est jeté dans le ruisseau qui longe sa plantation. Un membre de la communauté burkinabé est mis en cause. En 2016 à Kokialo, dans le canton Toura Nord dans la sous-préfecture de KPATA , un  violent affrontement  oppose paysans burkinabé et populations autochtones Toura. Plusieurs blessés graves sont enregistrés.  Le préfet du département de Biankouma d'alors s'y rend pour calmer la population. Le 13 mai 2018, à Gandie dans la sous -préfecture de Gbonne, un paysan burkinabé  qui s'obstinait  à créer une plantation de cacao dans la plus vieille forêt sacrée du village, est retrouvé mort sur le site. Il s’en suit, des représailles initiées par les membres de la communauté burkinabé. Une centaine de maisons d'habitation est alors endommagée, une dizaine de cases sacrées et plusieurs greniers contenant du riz paddy sont pillées et saccagés. Grave! Le drapeau ivoirien qui flottait sur le toit de l'école primaire publique  du village est déchiré. À la mi- janvier 2019,  à Loueleba village  situé à 12 km de Biankouma, un paysan burkinabé très furieux,  armé d'un fusil de chasse, cabre 12 tire dans tous les sens sur les habitants. Bilan : une femme enceinte tuée. Plus de 5 personnes  sont grièvement  blessés avant que celui-ci ne soit maîtrisé.  Dans la nuit du 26 février, un paysan Lobi tue 2 personnes et en blesse grièvement 2 autres à Kabakouma  à coups de machettes, avant de prendre la fuite. Plus tard  il sera retrouvé pendu, dans son campement agricole à Kanta.  Le 15 mars  à Gbohioue, une localité située à 18 km de Biankouma , des échauffourées entre jeunes burkinabé et autochtones Toura font une dizaine de blessés graves. Enfin, dans la nuit du 3 au 4 mai, au cours d'une rixe rangée deux paysans Lobi tuent à coups de bâton un paysan Toura. La population excédée, exige le départ des paysans Lobi du village. En guise de représailles 104 maisons  ont été pillées  et saccagés par des jeunes hommes très furieux et excités. Enfin,    à  Gourane , Gouane , Somba , Blapleu et Santa...  différentes localités du département de Biankouma  les crises mortelles  à répétition ne manquent pas également.
Honoré Droh, 
Correspondant Régional
 

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