Ce n’est pas toutes les années qu’on a cette chance. La semaine prochaine, nous aurons la célébration de trois importantes fêtes religieuses. Il y a en aura deux pour nos frères musulmans. La Nuit du destin qui vaut, selon les exégètes, mille nuits d’adoration et l’Aid el filtr qui marque la rupture du Ramadan. Et une fête pour les chrétiens, l’Ascension, jeudi, qui est la montée du Christ au ciel. Il part pour préparer une place auprès du Père céleste pour tous ceux qui croient en lui. Profitons de ces moments de grande spiritualité pour nous débarrasser de nos oripeaux, de tous les vilains sentiments qui nous animent. Nos attitudes mauvaises qui consistent à voir la paille dans l’œil de son voisin au lieu d’enlever la poutre qui est dans le sien. Effectivement, il faut qu’on enlève la poutre de notre œil pour sortir de l’obscurantisme dans lequel nous sommes plongés.
La semaine dernière, nous avons parlé de l’identification. Nous revenons sur ce sujet pour réaffirmer que la carte nationale d’identité a toujours été payante. Les anciens savent que depuis 1962 que l’opération de délivrance de la Cni a été lancée, elle a toujours été assujettie à un droit de timbre. La seule fois où le droit de timbre a été levé, c’était en 2009, pour préparer les élections de sortir de crise. Et là encore, dans les textes signés par le Président de l’époque, comme nous le disions la semaine dernière, il était bien mentionné que le droit de timbre sera en vigueur après cette opération. Il serait donc de bon ton d’arrêter toutes ces balivernes qui tendent à faire croire que pour l’établissement de la Cni, il n’y a jamais eu de droit de timbre. Débarrassons de nos oripeaux de bonisseur patenté, le moment est favorable pour le faire. Entrons dans la vérité, cela nous ouvrira les voies du paradis.
Nous revenons aujourd’hui sur la différence entre l’identification et le recensement électoral. C’est vrai que pour les nouveaux majeurs, on a besoin de la carte d’identité pour figurer sur la liste électorale, parce qu’il va falloir voir si réellement, on a atteint l’âge du vote qui de 18 ans en Côte d’Ivoire. Il était de 21 ans par le passé. Mais combien sont-ils, par rapport aux 6 millions déjà inscrits qui, eux, n’ont pas besoin de la Cni pour la révision de la liste électorale. Ceux qui sont déjà inscrits n’auront même pas besoin de se rendre dans l’un des centres d’enrôlement pour le recensement électoral, s’ils n’ont pas de changement à signaler. Ils recevront leurs cartes d’électeur en toute tranquillité. Et le jour du vote, tout le monde aura besoin soit de sa carte d’électeur, soit de sa carte d’identité. Mais pas les deux en même temps. Débarrassons-nous de nos oripeaux de manipulateur. Revêtons-nous de nos nouveaux habits d’homme responsable et appelons tous les Ivoiriens à se rendre dans les centres d’enrôlement ouverts dans le cadre de l’identification pour obtenir la Cni qui ne sert pas seulement qu’à voter.
La semaine qui s’achève a été marquée par le léger réaménagement technique du gouvernement et des mesures de restriction pour le Grand Abidjan dans la lutte contre la maladie à coronavirus.
Sur les changements opérés dans le gouvernement, le Chef de l’Etat ne fait pas entrer dans l’équipe gouvernementale des novices. Roger Adom qui occupe le portefeuille de la Modernisation de l’administration et de l’Innovation du service public est un manager avéré et un connaisseur des technologies de l’information et de la communication indispensable dans la transformation de l’administration, comme l’entend le Président Ouattara. Adama Diawara, le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a une parfaite maîtrise des dossiers. Il est issu du milieu des enseignants. Il a été conseiller du Président et du Premier ministre. Concernant le cas Mabri qui sort du gouvernement, pour nous, c’est la conséquence de son inconséquence et des hésitations multiples. Maintenant, il est déchargé de tout. Il peut prendre la décision qui lui sied.
Le second point concerne le réaménagement des mesures de restriction pour le Grand Abidjan. Certaines personnes disaient, jeudi, que ces décisions étaient précipitées. Pour nous, elles s’inscrivent dans l’ordre normal des choses. Pour bien y voir clair, il faut qu’on enlève nos œillères pour constater que la pandémie est contenue dans notre pays après un peu plus de deux mois de lutte. Il n’y a qu’à regarder le nombre de personnes guéries, 936 au moment nous écrivions ces lignes. La trop grande communication occidentale a créé une certaine peur d’une maladie qu’on arrive à guérir d’abord avec du repos, ensuite avec une composition de médicaments. Pour nous, il faut qu’on apprenne à vivre avec cette nouvelle maladie dans notre quotidien, en attendant que les scientifiques trouvent le vaccin. Mais pour l’heure, nous devons nous remettre au travail. Et c’est ce qui se fait partout dans le monde, dans le respect des gestes barrières. Lavons-nous les mains, mais aussi la tête, ce qui nous permettra de nous débarrasser facilement de nos oripeaux et de nos vilains sentiments. Excellente Nuit du destin et bonne fête de l’Ascension à tous les croyants.
ETIENNE ABOUA




