On aurait dit que le tout Abidjan attendait avec impatience les dernières décisions du conseil national de sécurité (CNS) du jeudi 14 mai. Avec l’espoir d’une levée des mesures restrictives dues à la pandémie à coronavirus.
Non seulement le couvre-feu a été levé, mais à la grande joie des populations abidjanaises, connues pour leur goût des bons plats, les autorités ont également décidé de la réouverture des restaurants et maquis. Ainsi que celle des lieux de cultes que sont les mosquées, églises et temples. Mais, avec la ferme instruction de ne pas dépasser le nombre de 200 personnes dans ces différents lieux et dans le strict respect des mesures barrières.
Quelques heures après ces décisions du CNS, nous avons parcouru quelques communes d’Abidjan. Notamment, Koumassi, Marcory et Abobo, pour constater de plus près, comment certains lieux de cultes et restaurants et maquis ont repris leurs activités. Au niveau de la communauté musulmane, les fidèles ont repris le chemin des mosquées .Au quartier Remblais, dans la commune de Koumassi, ce vendredi 15 mai était comme un jour de retrouvailles pour les fidèles de la mosquée Al Qaousar. En effet, depuis la fermeture des lieux de cultes et l’avènement du mois de Ramadan, ces fidèles ne se voyaient plus. Tous les actes d’adoration et d’invocation se faisaient à domicile, pour éviter les contacts physiques, pouvant entrainer une propagation du virus.
Ce vendredi donc, pour la prière de Djoumah, les fidèles se sont empressés d’envahir la mosquée. Déjà à 12 heures, la mosquée avait atteint le nombre de 200 personnes (hommes et femmes) tel que recommandé par le CNS et appuyé par le comité de veille de la covid-19 du COSIM et du CODIS.
Avant la prière de 13 heures, c’est avec peine que beaucoup de fidèles sont rentrés chez eux, pour n’avoir pas été admis dans l’enceinte de la mosquée qui avait déjà atteint le quota des deux cents personnes.
C’est le cas de Ouattara Hamed, jeune commerçant. « Nous avons attendu ce moment et Dieu nous l’a accordé. C’est vrai que je suis arrivé en retard, mais il faut respecter les consignes de nos autorités et de nos guides religieux qui disent qu’il ne faut pas dépasser la barre de 200 personnes. Je suis musulman et donc respectueux de ces mesures. Je retourne chez moi pour faire mes prières » s’est exprimé Ouattara.
C’est le cas de Ouattara Hamed, jeune commerçant. « Nous avons attendu ce moment et Dieu nous l’a accordé. C’est vrai que je suis arrivé en retard, mais il faut respecter les consignes de nos autorités et de nos guides religieux qui disent qu’il ne faut pas dépasser la barre de 200 personnes. Je suis musulman et donc respectueux de ces mesures. Je retourne chez moi pour faire mes prières » s’est exprimé Ouattara.
Dans la mosquée Al Qaousar, le comité de gestion a interdit l’installation des abris aux abords du lieu de cultes, afin d’éviter tout groupement de personnes pouvant aller bien au-delà de la normale décidée par le CNS .
A la fin de la prière, c’était une véritable joie pour ces fidèles de se retrouver et adorer ensemble leur seigneur. « Je rends gloire à Allah qui nous a permis de nous retrouver dans cette période extrêmement difficile. Nous prions Allah qu’il nous débarrasse de cette pandémie » a déclaré Mme Fofana Mariam, présidente des femmes musulmanes du quartier Remblais.
Le show dans les restaurants et maquis
Comme on le dit, les Abidjanais sont friands de bons mets et de la boisson. Ce qui s’est d’ailleurs vérifié dans la soirée du vendredi 15 mai à Koumassi, quartier Kayira et Marcory non loin de l’église Sainte- Bernadette. A Kayira, tous les maquis et restaurants ont fait le plein de la clientèle.
Au maquis ‘’ Tapis rouge’’, la musique est assourdissante et les clients arrivent en nombre de plus en plus croissant.
Mais pour le respect des mesures barrières, les responsables ont mis un dispositif de contrôle rigoureux.
Mais pour le respect des mesures barrières, les responsables ont mis un dispositif de contrôle rigoureux.
« Nous n’avons pas travaillé depuis deux mois. Et le gouvernement décide qu’on ouvre nos maquis. C’est une grande joie. Cependant, en tant que premier responsable de ce lieu, je ne voudrais pas être interpellée par les forces de l’ordre, pour non- respect des consignes du gouvernement. Vous voyez qu’à l’entrée, il y a un sceau d’eau et du savon pour le lavage des mains. Aussi, nous n’allons pas dépasser les 200 personnes ici. C’est pourquoi beaucoup de clients préfèrent les plats emportés » nous a expliqué dame Chantal Grah, propriétaire du maquis.
A Marcory, le constat est tout autre. Dans ce maquis non loin de l’église Sainte- Bernadette, des jeunes autour d’une table remplie de bière fêtent ‘’ ce retour à la normale’’.
« Depuis deux mois mes amis et moi, ne nous voyons pas à cause de cette maladie. Aujourd’hui, nous avons l’occasion de fêter et nous serons ici jusqu’au petit matin » confirme avec joie Paul Ahouré.
La musique et l’alcool coulent à flot dans ce maquis où l’on n’a pas constaté le respect des mesures barrières, particulièrement la distanciation d’un mètre entre les clients.
Tout compte fait. A Koumassi et Marcory, les populations n’ont pas attendu 24 heures pour se faire plaisir. Toutefois, il convient d’insister davantage sur le respect des mesures prises par le CNS.
. Les uns et les autres
Dans la commune d’Abobo, nous avons rencontré des tenanciers de maquis, qui réorganisaient leurs espaces, afin d’être conformes aux mesures barrières de lavage des mains et de distanciation physique. Tandis que d’autres les foulaient allègrement au pied.
Serge Sery, le propriétaire du maquis ‘’Au zouglou’’, situé à une centaine de mètres du carrefour Bandji a Abobo Akeikoi, a tenu à se conformer aux mesures barrières. Il a disposé un seau d’eau et du savon, posés sur une table, à chaque entrée de son établissement. De sorte que le client qui y met les pieds puisse les voir et se laver les mains.
C’est le même dispositif qui a été adopté par Gérard, le gérant du maquis dénommé ‘’Cave Obiang’’. Qui est installé à quelques mètres du carrefour le Destin d’Abobo Akeikoi. Il a pris soin de placer un seau contenant de l’eau et du savon à la porte d’entrée. Il y a posté un de ses collaborateurs pour inviter toute personne qui y entre à se laver obligatoirement les mains.
Des aménagements sont aussi faits pour le respect de la distanciation de un mètre entre les personnes. C’est pour ce faire que dame Christelle, la gérante du maquis ‘’Le tapis rouge’’, situé dans le même quartier en face du marché, a décidé de replacer toutes les chaises et tous les fauteuils du maquis. Nous l’avons trouvée très occupée, l’après-midi du vendredi 15 mai 2020, à donner des ordres à ce sujet à ces collaborateurs.
Ce sont les mêmes instructions que nous avons trouvé le propriétaire du maquis ‘’Le New Manhattan’’ entrain de donner à une partie de ses employés.
Malheureusement, certaines personnes donnent l’impression à travers leurs actes, de n’avoir pas pris conscience des dangers liés au COVID 19.
Nous en avons fait un amer constat au maquis ‘’Sous la bâche’’, situé dans le dos de la cité d’Abobo 1, à proximité des bureaux de la Sodeci. Nous avons aperçu des clients assis côte à côte, en train de manger et consommer de l’alcool. Dans une ambiance festive. Sans la moindre inquiétude. Et sous le regard certainement approbateur des gérants. Alors qu’il faut une distance minimale d’un mètre entre deux personnes.
L’on s’emploie aussi au niveau des mosquées à faire en sorte de changer les comportements des fidèles, pour désormais les conformer aux exigences qu’impose la lutte contre la Covid 19. Un fidèle de la mosquée El-Hadj Dao d’Abobo Akeikoi-extension, qui est allé pour la prière de 16 heures sans cache-nez, a été sermonné par son imam Bakary Dao. Qui lui a affirmé de porter son masque les prochaines fois. Il a reconnu être en partie fautif pour n’avoir pas encore mis l’eau et du savon. Et donner des instructions fermes pour le respect des mesures barrières. Toutes choses qu’il compte corriger au cours de ses prochains sermons.
Ibrahim Sékou Koné
Jeremy Junior





