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Societe

L’enquête du jeudi : le laxisme, cette autre gangrène qui mine la société ivoirienne

L’on pourrait bien se demander que faisons nous de notre devise : Union – Discipline- Travail ?
L’une des qualités fondamentales de la Côte d’Ivoire qu’est la discipline semble avoir disparu.
Depuis la cellule familiale, jusque sur les lieux de travail, l’indiscipline a largement pris le dessus. Donnant cette impression au demeurant justifiée, que les autorités sont laxistes dans l’application des lois en vigueur. Ce qui va à l’encontre des normes morales établies.
Ce laxisme des services publics, s’est emparé de plusieurs foyers en Côte d’Ivoire, particulièrement à Abidjan où il ne se passe pratiquement plus de jour, sans infractions, délits ou même crimes, ipunis ou simplement non sanctionés. Même quand ils sont portés à la connaissance de ceux qui sont sencés veiller à les sanctionner.
Cette triste réalité, que l’on a laissé grossir et grandir au fil des années, semble s’être désormais encrée dans les mœurs.  Au point de ne plus gêner personne, avec diverses façons de se manifester, de se traduire dans les faits. Donnant du coup, une forme  de liberté d’action , que d’aucuns ont vite fait d’adopter. C’est  bien cette façon d’agir, qui a occasionné dans la matinée du samedi 23 mai,  la mort de toute une famille ( dame Adonis, son époux et leur fils) à Cocody Angré par des jeunes gens à bord d’un véhicule, en état d’ivresse revenant d’une virée nocture.
Le comble, le conducteur ‘’ assassin’’, Cissé Amadou, âgé de 23 ans ne possèdait  pas de permis de conduire.
Selon des sources policières, ces jeunes auraient pris un des véhicules de leurs parents à l’insu de ceux-ci, pour cette soirée de beuverie.
 
       De la responsabilité des autorités et des parents 
 
En cette période de pandémie à coronavirus, les autorités ont instauré l’état d’urgence en mettant en place des mesures barrières à respecter. Dont la fermeture des bars, boites de nuit, lieux de spectacles, salles de cinémas, …
Mais avec la levée totale du couvre-feu et de l’allègement de certaines mesures restrictives, de nombreux Abidjanais ont savouré leur joie de se voir déconfiner, oubliant du coup les décisions du gouvernement et même la présence de la pandémie.
Le constat, contrairement à ce qui se dit sur les antennes de la télévision nationale ( RTI) est que les services publics démontrent leur laxisme. Et c’est surement cette tolérance excessive qui a contribué au « meurtre » du couple Koffy et de leur fils, il y a quelques jours.
Comment  comprendre que ce bar ait pu ouvrir, malgré l’interdiction  en vigueur, sans que les services commis au respect de cette interdiction, n’aient pu s’en rendre compte ?
Comment de jeunes gens peuvent avoir l’audace de se procurer un véhicule de leurs parents, sans l’autorisation de ceux-ci, pour une beuverie nocture ?
Autant de questions dont les réponses pourraient certainement résider dans le laxisme permanent des parents et des pouvoirs publics. Le laisser aller et le laisser faire des uns et des autres.
Concernant la responsabilité parentale, et c’est malheureusement le cas dans plusieurs quartiers huppés d’Abidjan, le père ou la mère manquent de rigueur dans l’éducation de l’enfant qui devient à la maison une sorte de roi .
 
                            Revenir aux valeurs morales
 
Face à cet état de fait que nous mettons sur le compte du laxisme, un professeur de sociologie à l’université Félix Houphouet Boigny, Pr Gnépo Israel recommande de revenir aux valeurs morales qui avaient fait la fierté de la Côte d’Ivoire.
Prenant le malheureux drame qui a coûté la vie à toute une famille, il y a quelques jours à Cocody, Pr Gnépo estime que  les parents sont les premiers responsables. Qui pour lui, doivent être punis au même titre que ces jeunes. 
 «  Le laxisme ou l’indiscipline en Côte d’Ivoire, est la chose la mieux partagée. A mon avis, aucun parent ne doit accepter que ses progénitures quittent le domicile pour une virée nocture à une heure aussi tardive avec son véhicule.
Que les enfants possèdent ou non des permis de conduire, je pense en toute sincérité que de nombreux parents encouragent leurs enfants dans ces comportements. C’est pourquoi, il est important que l’Etat prenne toute ses responsabilités parce qu’il est l’autorité suprême à infliger des peines lourdes tant aux enfants des tueurs du couple Koffy qu’ à leurs parents.
      C’est pourquoi, les autorités doivent également mettre en place le système du permis à conduire à points. Comme c’est le cas depuis plus de 27 ans, dans plusieurs européens, notamment en France.
Il est bien mentionné sur les panneaux publicitaires à Abidjan, qu’il est dangereux de conduire sans permis de conduire et en état ébriété ou avec un téléphone à l’oreille. Voyez vous le nombre de morts sur nos routes du fait de l’indiscipline des conducteurs et du laxisme coupable des autorités ? » s’interroge avec une pointe d’inquiétude, le Professeur Gnépo Israel.
Pourtant des lois votées à l’Assemblée Nationale existent pour punir des délits et des infractions. Mais elles font bien souvent l’objet d’inconsidérations. C’est que, les services qui doivent veiller au respect et à l’application des sanctions en vigueur, n’agissent pas.  Faisant toujours preuve de laxisme,  ou se laissant tout simplement aller à la corruption. Notamment au profit des plus nantis. Or, la loi est impersonnelle et  doit s’appliquer à tous. Sans exception !
Dans le cas contraire ce laisser aller et laisser faire, tout comme l’indiscipline, ont encore de beaux jours devant eux.
 
 
 
                    Un esprit laxiste fortement entretenu
 
En Côte d’Ivoire, des crimes jugés parfois tabou sont souvent tolérés pour des raisons d’affinité amicale, parentale ou religieuse.  Un esprit laxiste fortement entretenu, qui favorise  la multiplication desdits crimes. Parmi les exemples qui sont légion, la dernière affaire qui a été portée à notre connaissance date du 23 mai 2020 via la plateforme sociale Presse numérique.  Un cas de viol à Zinzenou dans la région Tiébissou. Une fillette de 6 ans violée par un adolescent de 17 ans qui a été appréhendé par le Gendarmerie. Par le fait que le père de la victime et celui du bourreau soient des amis, les villageois se sont mis à bouder la famille de la violée jusqu’à ce que le père cède et qu’il retire sa plainte. Depuis lors, personne ne pourrait affirmer que la mineure violée ait reçu une assistance psychologique, des soins de gynécologie et surtout que la procédure juridique contre l’auteur de ce crime reprenne, en dépit de la capitulation des parents de la victime.
« Incroyable mais vrai », comme un dicton populaire, pour qualifier l’ambiance qui a régné pendant le week end du ramadan 2020 (samedi au dimanche) au sein de l’abattoir de Port Bouet (Abidjan). L’assouplissement des mesures barrières dans la lutte contre le Covid-19 aurait dû, à notre humble avis, ne pas prendre en compte l’ouverture du volet gastronomique de l’abattoir. Cet espace a été pris d’assaut deux jours durant par les fidèles musulmans pour la célébration de l’Aïd El Fitr.
 
 Comme de coutume, les enfants n’ont pas manqué au rendez-vous de la sortie de Ramadan à l’abattoir pour partager de la viande de mouton ou  de bœuf boucanée, dans une ambiance musicale parée de vente d’alcool sous l’onction d’un nuage de fumé de bois de braise. A notre arrivée sur les lieux, le dimanche, c’est une foule de plus de 500 individus, enfants y compris, qui nous étonne si bien que nous n’hésitons pas à interroger les premiers vendeurs de viande braisée, communément appelée ‘’ Choukouya’’ que nous rencontrons. 
 
 
 
 
                 Pour la protection des touts petits
 
Comment le laxisme a-t-il pu fermer les yeux aux gérants de cet espace, si bien que parents et enfants, clients et vendeurs se retrouvent regrouper dans un même endroit et exposer à l’éventuel risque de propagation de la Covid-19 ? Bien que dans notre tendre enfance nous en avions bénéficié pendant le Ramadan, le ‘’ sambé sambé (faire des dons aux plus petits) ’’ aurait pu être interdit cette année 2020, pour éviter que les enfants, la plupart sans masques, ne soient exposés dans une marée humaine, sans respect des mesures de distanciation ni de lavage des mains. Et ce, dans un espace clos, pendant que les rassemblements au lendemain de l’allègement des mesures par le Gouvernement, ont été limités à 200 personnes à cause de la pandémie.
 
 Le premier vendeur du nom Modibo, dans une attitude de méfiance face à notre question, a répondu que ce débordement est dû à l’affluence du week end de Ramadan et qu’avant cela les gérants de l’abattoir se sont engagés à suivre les consignes du gouvernement à travers les mesures barrières. Le second, Baba Maïga, n’a pas caché son incrédulité relative à tout ce qui se dit sur la crise sanitaire de la Covid-19. « Cette maladie-là, est-ce qu’elle existe ici. Moi je ne suis pas sur hein », a-t-il fait montre d’insouciance avant de nous interroger à son tour : « Mon frère, est ce que tu as déjà vu ton parent ou un ami qui a ça… ? » Si cet état perdure, qu’en sera-t-il de la Fête de Tabaski  encore plus festive ?
Par ailleurs, de nos échanges avec notre proche entourage (qui constitue un échantillon fiable), il ressort que dans nombre de ménages ivoiriens, les parents n’indiquent pas tous la voie de la religion, qui inculque des valeurs, à leurs enfants. D’autres ne prennent jamais le temps de contrôler les fréquentations de leurs enfants, ni de suivre leurs activités sur les réseaux sociaux. Et surtout d’échanger avec eux sur les dangers de la sexualité. 
 
 
 
 
      En bordure des rues et grandes artères
 
Ce laxisme, est aussi observé dans la gestion  des communes, ainsi que l’occasion nous est donnée de le constater  quotidiennement. Précisément, au niveau de l’occupation des espaces urbains, où l’anarchie moult fois décriée est toujours réelle. Faute de détermination et de rigueur dans l’application des règles, sanctions et dispositions visant à combattre cet autre phénomène. Certes, l’on ne peut prétendre que rien n’a jusque là été fait, pour débarrasser les terres plein, les  bordures des artères principales et autres rue passantes, des commerçants qui, sans autorisation occune, viennent s’y installer. Mais, la plupart des initiatives prises à l’encontre de ceux-ci, n’ont pas été perénisées. Elles ont plutôt souvent duré, le temps d’in feu de paille. Sans plus.     
 
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Une loi interdissant les nuisances sonores a été instauré il y a 4 ans par le gouvernement, pour faire fasse à cette pratique. Il s'agit du décret N°2016-791 du 12 Octobre 2016 portant réglementation des émissions de bruits de voisinage. 
Un organe en charge d'enregistrer les plaintes des victimes avait même été mis en place.
Malheuresement, cette mesure n'est pas respectée dans la pratique. Car bon nombre de personnes continuent de déranger leurs voisinages, sous le regard muet et parfois complice des autorités qui ne font rien pour les contraindre, à arrêter.
 
                 Des plaintes toujours sans suite
 
Les nuisances sonores continuent de troubler la quiétude et le sommeil de nombreux citoyens 
Une situation très fréquente dans la grande commune de Yopougon qualifié de Cité de la joie. Dans les environs de la pharmacie Keneya, derrière l'hôtel Astoria Palace, le Dadjéli, un maquis situé en face des habitations distillent de la musique jusqu’à très tard dans la nuit sans compter le vacarme des clients.
 
                  A quoi sert  donc le numéro vert ?
 
Une situation qui gêne énormement Madame Zogbehi Patricia, une habitante de ce quartier «Cela fait aujourdhui 14 ans que vis dans ce quartier. La situation est infernale. Les enfants n'arrivent pas à se concentrer lors de leurs révision les soirs après l'école. Et les matins, nous nous reveillons très fatigué. Vraiment que les autorités fasse quelque chose car on n'en peut plus ».
 M. Diallo  Alseny résidant au quartier Ananeraie,révèle : « un espace de vente de viande de brousse et d'alcool est installé juste en face de mon balcon. La fumée et la cendre de leur cuisine salis ma chambre. Les bruits des clients et les instruments de musique des groupes artistiques qui y passent m'empêche de me reposer la journée.  J'ai appellé une fois la brigade en charge de la lutte contre les nuisances  sonores. Au lieu de venir vérifier mes dires voila ce que l’agente me repond au téléphone : Monsieur veuillez adresser d’abord une  note à nos services qui se chargerons de mener une enquête avant d’agir » «  la je me suis demandé à quoi sert donc le  numéro vert »
Le cas de Mme Barry sise au deux Plateau, dans un quartuer huppé, non loin de la résidence Niablé, est assez symptomatique du laxisme des pouvoirs publics. En effet, à côté de son imposante propriété est venu s’installer un feronnier, dont le fonctionnement quotidien de l’atelier, traumatise quotidiennement toute la maisonnée. «  Ma famille ne sait plus où donner de la tête. Nous sommes chaque jour assomés par les bruits stridents des travaux de feronnerie. Nous avons saisi la structure qui est en charge des nuisances sonores. Elle nous a répondu qu’elle viendra constater la véracité des faits, pour sévir par la suite. Mais jusque là, rien. J’ai déjà été hospitalisé suite aux effets néfastes de ces nuisances sonores que j’ai subis. Ca ne saurait continuer. », explique-t-elle, abattue. Soutenue par ses voisins du quartier, ceux_ci entendent incéssament organiser une pétition pour exiger la fermeture de cet atelier de feronnerie. Noble et légitime inititaive.
 
 
 
I.S Koné
 Job Attéméné
Jérémy Junior
 Boubacar Barry

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