L’Office national de l’état civil et de l’identification (Oneci), structure ivoirienne en charge de l’établissement des cartes nationales d’identité, avait à l’entame du processus, annoncé l’ouverture de plusieurs sites. Et ce, en vue de compléter les 111 centres d’enrôlement déclarés au départ, dans le District d’Abidjan. A cinq mois de la présidentielle de 2020, la multiplication du nombre des centres étant effective, les populations se mobilisent davantage, pour se faire enrôler.
Des centres d’enrôlement bondés de monde
Ce lundi 9 juin 2020, près de la grande mosquée, dans la commune du Plateau, les locaux de la caisse nationale de prévoyance sociale, devenus siège de la couverture maladie universelle, ont été à nouveau transformés en centre d’enrôlement de la carte nationale d’identité. Des requérants venus nombreux de différentes communes du District d’Abidjan ont envahi le nouveau centre qui s’ajoute à d’autres sites d’enrôlement dans ladite commune. Parmi eux, hommes et femmes du troisième âge, adultes et jeunes en âge de voter. S. Coulibaly vient de recevoir son récépissé, un papier qui fait office de la nouvelle carte en attendant son rendez du retrait de la carte, fixé le 25 juillet 2020. «je suis venu avec mon père. Nous avons eu notre papier et l’on nous a dit de venir dans deux mois, pour prendre notre carte d’identité, on a pas duré ça été rapide».
Des agents de recensement vêtus de tee-short à l’effigie d’une société privée mandatée pour l’établissement des cartes reçoivent à l’entrée, les demandeurs. Débordés par la foule, ils essaient de les contenir en leur précisant la conduite à suivre pour effectuer l’opération en toute tranquillité. «Je ne peux rien vous dire monsieur. Je n'ai pas le droit. Adressez-vous au monsieur qui est là-bas», nous oriente un agent d’enrôlement. L’agent sensé nous renseigner est débout sur l’estrade de la façade du bâtiment, donnant des consignes d’usage pour éviter le débordement «Tous ceux qui sont déjà dans la salle, c’est parce que je leur ai donné leur carte d’identité et leur fiche de renseignement sur laquelle j’ai marqué ok en rouge. Retenez qu’avant d’entrer dans la grande salle pour suivre les autres étapes, je dois valider votre fiche. Faites donc le rang et attendez que je vous appelle», a-t-il indiqué. A l’intérieur de la salle d’opération, il y a plusieurs appareils. Une requérante en face d’un agent présente sa fiche d’identification déjà renseigné. L’agent l’enregistre, lui demande l’index gauche et droit. La demandeuse appose sa signature. L’agent valide les données et imprime le reçu qu’il plastifie.
L’engouement monte d’un cran à Abobo
A la maison de la presse située à proximité du palais présidentiel, un autre centre a été aménagé dans les locaux de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI). Hommes et femmes des médias, de la communication et de l’audiovisuelle sont venus ce vendredi 12 juin 2020, avec des membres de leur famille, se faire établir leurs cartes. Le centre installé depuis plusieurs jours reçoit en moyenne près de 20 requérants par jour selon Véronique, agente de l’Oneci. «Le centre existe depuis trois semaines. Nos équipes se relaient chaque semaine. L’enrôlement ici à la maison de la presse prend fin le 16 juin 2020.», a informé Véronique, une agente de l’Oneci.
A Abobo, l’engouement est monté d’un cran. A l’instar des différents commissariats des communes du district d’Abidjan, devenus des centres d’enrôlement, à Abobo ( commune à l’est d’Abidjan ) les commissariats du 13ème, 14ème , 15ème , 32ème , 34ème …. qui reçoivent des demandeurs depuis près de trois mois, ont été aménagés et équipés en centre d’enrôlement par les autorités. A ces centres s’ajoutent, les chefferies d’Agbekoi, d’Abobo Baoulé et d’Aboboté.
Des demandeurs satisfaits
Au commissariat du 13ème arrondissement de la commune, de nombreux requérants sont assis sur un muret de la parcelle de fleurs, longeant la clôture de l’institution. Certains sont arrivés à 5h, d’autres plus tôt que prévu. Leur attroupement devenant de plus en plus grand, le nombre effrayant de postulants suscitait, interrogation et suspicion chez un agent de police. Ce dernier les somme de quitter les lieux, au risque d’endommager les fleurs. «Vous êtes trop nombreux, ce n’est pas bon signe, je veux vous voir tous de l’autre côté», ordonne le policier. M. Sedi est fonctionnaire, une permission lui a été accordée par sa hiérarchie, ce mercredi 11 juin 2020 pour son enrôlement. Depuis 6h 30 min, il est ponctuel sur les lieux. Mais, il est inscrit 115ème sur une liste ouverte pour la journée. Jusqu’à 15h (GMT), il n’avait pas encore traversé le portail pour espérer se faire enrôler. «Je suis venu très tôt le matin croyant pouvoir me faire enrôler, mais c’est peine perdue. Je serai obligé de revenir une autre fois.», affirme-t-il tout désespéré. Des demandeurs satisfaits sortent au fur et à mesure du commissariat, avec leur récépissé, la joie sur le visage. On le voit bien, les centres d’enrôlement ne désemplissent plus, à différents endroits de la capitale économique. Leurs nombre s’est certes accru par la volonté des pouvoirs publics. Mais, l’intérêt porté au renouvellement de la petite carte par les abidjanais, est plus manifeste qu’il ne l’était il y a peu. Autant dire que les campagnes d’exhortation des populations, à aller se faire enrôler pour l’établissement comme le renouvellement de leur carte d’identité, sont en train de produire l’effet escompté.
Oyhou Antoine





