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Lutte contre le terrorisme au Burkina Faso : Les soldats ont le moral dans les chaussettes

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Depuis 2016 le Burkina Faso est confronté de manière chronique au phénomène du terrorisme. Lors de son élection victorieuse il y a 05 ans, Roch Marc Christian Kaboré, le président burkinabè, ne s’imaginait pas qu’il allait devoir faire face à une situation aussi périlleuse. Trois pays du sahel ouest-africains (Burkina Faso, Niger, Mali) sont les principales cibles des groupes armés terroristes. Au sortir d’une insurrection populaire et d’un putsch manqué, le Pays des Hommes intègres n’était pas préparer à faire face à cette guerre d’un nouveau genre imposée par les officines djihadistes. Quelques jours après sa prestation de serment, le président Kaboré a dû gérer sa première situation d’urgence le 15 janvier 2016 lors de l’attaque terroriste du Splendid Hôtel et du café Capuccino, en plein cœur de la capitale burkinabè, Ouagadougou. L’attaque avait alors été revendiquée par Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI. Dès lors, un cercle vicieux s’est mis en place et les attaques terroristes sont devenues légions dans le pays.
Au début, les incursions armées se déroulaient au Nord du pays, où des leaders djihadistes tels que Malam Dicko, à la tête d’Ansarul Islam, faisait régner la terreur. Par la suite, un autre front s’est ouvert à l’Est du pays et le phénomène d’instabilité a fini par gagner l’intérieur du pays. Après le coup d’État manqué du Général Gilbert Diendéré en 2015, l’armée burkinabè a connu de profonds bouleversements avec la dissolution du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP). Le RSP, qui avait pour mission la protection de l’ex-président burkinabè Blaise Compaoré, était une unité d’élite qui avait à sa disposition des moyens importants (armements, ressources financières et logistiques).

Auncun résultats sans motivation

A la suite de cette dissolution du RSP, il y a eu des dissensions qui ont affaibli la grande muette. Aujourd’hui, face au péril djihadiste, l’armée burkinabè tente de mener la riposte avec des moyens limités. Pour mener à bien leur mission, les forces de défense et de sécurité (FDS) burkinabè doivent bénéficier d’un certain nombre de moyens afin d’être efficace au front. Cependant, selon des informations de plusieurs médias burkinabè, les FDS vivent un calvaire sur le terrain, où ils peinent à avoir le minimum pour lutter contre le terrorisme. De nombreux canards locaux ont révélé que les FDS sont confrontés à toutes sortes de brimades et de dysfonctionnement (arriérés de primes, des moyens logistiques inadaptés, des blessés abandonnés à leur sort) le tout avec le manque de réactivité et un silence assourdissant de la hiérarchie.

Des blessés abandonnés à leur sort

Dans son N°197 du 10 février 2020, le journal d’investigation Courrier Confidentiel dépeignait la triste situation d’une unité spécialisée de la Gendarmerie nationale qui manque de presque de tout pour mener à bien sa mission de sécurisation du territoire. Selon l’enquête menée par le journal, on peut constater une forme d’amateurisme et une certaine mauvaise foi de la hiérarchie militaire qui néglige la question hautement importante de la motivation des hommes au front, qui sont prêts à livrer le sacrifice ultime pour leur patrie. L’express du Faso, un autre journal burkinabè, dans son N°5191 du jeudi 20 Février 2020 a rapporté les terribles confidences d’un militaire blessé au front, qui a été obligé de se prendre en charge lui-même car la hiérarchie une fois de plus n’a pas joué son rôle. Au Burkina Faso, il existe des textes qui ont été votés qui permettent de prendre en charge les blessés au front d’assurer leur indemnisation. Dans un extrait de l’article, le soldat blessé s’exprime en ces termes : « (…) plus de 80% des blessés ici se prennent en charge. Depuis notre retour, on mange à nos propres frais, alors qu’on refuse de nous donner nos primes ». Ces propos font tomber des nues à un moment où le Burkina Faso subit de plein fouet la déferlante djihadiste. Les premières autorités du pays doivent rapidement se pencher sur la question de la démotivation des militaires. Si rien n’est fait et que la politique de l’Autruche continue d’être mise en avant, les conséquences pourraient s’avérer fâcheuses pour le pays des hommes intègres.

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