Un violent affrontement inter communautaire a, le 12 juin dernier opposé paysans burkinabé aux populations autochtones Toura à Digoualé. Une localité située à 17 km du chef- lieu de Biankouma. Affrontement qui a occasionné sept blessés dont quatre grièvement et la destruction de sept maisons d'habitation. Pour la plupart des cases rondes couvertes de chaume. Essentiellement des greniers contenant d'importantes quantités de riz paddy, de maïs et d'huile de palme. La prompte intervention des forces de l'ordre , notamment des éléments de la brigade de la gendarmerie nationale de Biankouma et de l'escadron de la gendarmerie de Man a permis d'éviter le pire .
À l'origine de cet affrontement sanglant, l'occupation d'une parcelle de forêt. Même si les témoignages diffèrent les uns des autres. Selon Toe Saïd , délégué consulaire des burkinabé à Biankouma « Ce sont les autochtones Toura qui, 72 h. auparavant avaient pour des raisons indéterminées, attaqué des paysans burkinabé dans leur campement agricole, aux environs de 1 h.du matin . Attaque qui a fait trois blessés graves transférés à l'hôpital de Biankouma »
Du côté des populations autochtones Toura , M. Gogbe, notable et président des jeunes de Digoualé raconte : « Très tôt dans la matinée du 12 juin dernier, les sieurs Zoh Yangba et Loua Albert, deux paysans autochtones Toura étaient dans leur rizière. Lorsque trois jeunes paysans burkinabés sont venus leur dire de mettre un terme à leurs activités. Parce que l la parcelle qu'ils occupent serait la leur. Une propriété en passe de devenir une plantation de cacaoyers. Les paysans burkinabés se sont également plaints, du fait que des femmes Toura soient venues désherber ladite rizière des jours auparavant. Les disputes entre les clans ont dégénéré. L'un des enfants qui accompagnaient zoh Yangba a accouru au village pour informer les siens que son père était en train d'être battu. Des jeunes du village de Digoualé très excités s'y rendent. Il était environ 10 heures 30. C'est plus de quatre heures après, ce même jour, soit à 13 h, qu’une centaine de paysans burkinabés armés de gourdins, machettes et de lances envahissent le village. » Mettant le feu à des maisons d'habitation couvertes de paille. La quasi totalité de la population à cette heure, était dans l'enceinte de l'école primaire du village, où se déroule l'opération d'enrôlement sur la liste électorale 2020. C'est à la vue des flammes sur les cases que la population est intervenue. L’affrontement a aussitôt suivi .Les forces de l'ordr e informées arrivent et s'interposent. Si, on ne déplore aucune perte en vie humaine. Ce malheureux évènement a occasionné plus de sept blessés, dont quatre grièvement. Deux femmes âgées blessées à la machette et deux hommes aux bras et sur la tête. Depuis le samedi 13 juin, un calme précaire règne sur Digoualé.
Impossible aux paysans de se rendre aux champs ou d’aller extraire le vin de palme, pourtant très prisé des populations. De peur d'être agressés. C'est une population inconsolable et désolée que nous avons rencontrée. « Ce sont 15 sacs de riz paddy , 10 sacs de maïs égrené , une importante quantité d'huile de palme et la somme de 150 mille francs CFA dissimulés entre les sacs de vivriers qui viennent de partir en fumée. » a fait observer Segbe Félix , une des victimes. « Dans la case incendiée se trouvait toute ma récolte annuelle et l'ensemble des ustensiles de cuisine de mon épouse » fait remarquer Droh Zoh Léon Blaise un autre habitant. Il faut souligner que les crises liées à l'exploitation des parcelles de forêt opposant autochtones Toura et paysans burkinabés sont depuis 2007 récurrentes dans cette partie du département de Biankouma.
Honoré Droh





