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Politique

Côte d’Ivoire -Commentaire: Faire encore un peu plus, pour faire baisser la tension

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Quelques proches de Guillaume Soro vont retrouver leurs logis et familles, certes avec des restrictions, mais hors d’une cellule de prison. Ce qui est mieux en soi. Ce geste, neuf mois après leur incarcération, contrairement à certaines voix qui estiment qu’il ne faut pas le saluer, devrait l’être. Tout acte qui concourt à ramener des pères et mères de famille auprès des leurs est à saluer. Car, l’ego surdimensionné n’a jamais été une solution face à un Pouvoir, Toujours fort. Le Pouvoir, ce sont des institutions, des instruments, visibles et non, qui, au nom de la Raison d’Etat, a toujours raison. Quoique…

C’est donc avec joie que l’on a accueilli la libération prochaine, l’acte judiciaire de remise en liberté conditionnelle de quelques-uns des incarcérés, signé mercredi 23 septembre. C’est dire qu’au-delà de nos certitudes, de nos forces humaines, le dialogue, l’arme des forts, comme l’a dit le Sage Félix Houphouët-Boigny, demeure la meilleure des armes à promouvoir.

C’est pourquoi nous saluons, à sa juste valeur, ce geste de décrispation qui n’en relève pas moins de la tactique politique, d’autant plus que quelques-uns demeurent dans les liens de la détention. Si l’on estime que ces proches de Guillaume Soro ont été interpellés et mis sous mandat de dépôt pour le même délit supposé, alors ils auraient pu bénéficier de la même mesure de liberté. Mais, bon, un tient vaut mieux que deux tu l'auras !

Pour la paix, tout ce qui peut ramener la température assez élevée vers une norme salutaire n’est pas à proscrire. Si l’on estime que la Justice a travaillé, alors il serait intéressant que Victor Coulibaly, le doyen des juges d’instruction du Tribunal de première instance d’Abidjan Plateau, poursuive sa lancée.

Traoré Babou, administrateur des services des Impôts a aussi sa place à la maison, Marc Ouattara et tous ceux qui demeurent dans les liens de la détention, également. Félix Houphouët-Boigny avait, après le complot du chat noir, puisé dans sa force intérieure pour remettre en liberté les hauts cadres de l’Etat qui avaient été arrêtés. Il savait, et avec lui, ceux qui avaient été arrêtés. Dans le silence des braves, la paix, saluée de tous s’est installée jusqu’à ce que la mort les sépare.

Que cet acte ait été le fruit des actions de plaidoyer auprès du Président Alassane Ouattara, le résultat incline à dire qu’il a un cœur d’homme, soucieux de ses concitoyens. Là où bl’insensé a le cœur endurci pour poursuivre sur le chemin du risque, le dégel est arrivé, à un moment où on ne s’y attendait pas.

On aurait eu un tel acte en décembre 1999, que le cours de l’Histoire aurait sûrement été autre. Même après la défaite électorale de Laurent Gbagbo le 28 novembre 2010, il aurait pu, avec tact éviter au pays la guerre qu’il préparait tant. Il a eu sa guerre avec les conséquences induites. Nous en sommes tous à chercher encore les voies de solution neuf ans plus tard.

C’est pourquoi, il faudrait aux acteurs de la scène politique ivoirienne, cultiver le bon ton et caresser le vivre-ensemble par le dialogue, afin que la paix soit la vision commune.

Tout peut s’obtenir à condition de savoir manœuvrer. Le Président Alassane Ouattara, en homme de paix, connaissant bien les uns et les autres, en leurs forces et faiblesses, tout comme le Grand Bélier de Yamoussoukro dont il se revendique, devrait aller plus loin. Il est le Père de la Nation et incarne le Pouvoir !

En face, ceux qui se sont retrouvés une nouvelle âme d’opposant, dopés par un faux ego, devraient chaque jour, en se rasant, se poser la question de savoir s’ils oeuvrent pour leur bien-être personnel ou pour leurs concitoyens. Le chemin est encore très long pour la construction de la Nation ivoirienne qui a besoin de tous ses fils. A chacun de mettre un peu d’eau dans le vin afin que les Ivoiriens, dans leur ensemble, puissent avancer. Ce ne sera jamais certes à l’unisson mais la grande majorité acceptera de faire le pas décisif.

Ceux qui sont aujourd’hui incarcérés pour quelques actes répréhensibles supposés croient être dans le vrai, le pouvoir aussi. Il faut juste prier pour trouver la force intérieure du Pardon, se pardonner et sceller un nouveau pacte social et politique qui mette le bien-être de la population au cœur de la politique. Est-ce possiblev? Le rêve est permis.

Aux acteurs de l’ombre, on ne dira jamais assez merci pour avoir permis à des pères de famille de ressortir de prison et de se refaire un moral. C’est le plus important. Il ne s’agit pas de faire la fine bouche, bombant la poitrine en niant l’évidence. Les claviers d’ordinateur ou de téléphone portable pour insulter Alassane Ouattara n’ont pas donné la liberté aux prisonniers. L’humilité, dit-on, précède la gloire. Car ceux qui se refusent à reconnaître cette évidence n’étaient malheureusement pas dans une cellule de prison depuis neuf mois. Il faut en toute chose savoir raison garder.

Au-delà des pro-Soro qui sortent de prison, tout ce qui peut concourir à un réel dégel politique devrait être envisagé, sauf ne pas aller aux élections, avec des arguments farfelus. Car la démocratie aussi se nourrit du vote citoyen. Et il faut bien accepter d’affronter le verdict des urnes et non s’éterniser dans les raccourcis des boycotts futiles par des appels inaudibles à la « désobéissance civile ». Quand on estime que le pouvoir d’Alassane Ouattara a un résultat qui devrait lui faire perdre des élections, on l’affronte très vite pour le battre. Ce serait un acte de salut public si l’on pense à ses concitoyens, plutôt que d'adopter la politique de l’autruche.

Adam’s Régis Souaga


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