Depuis le 14 septembre, la rentrée scolaire 2020 – 2021 est effective sur toute l’étendue du territoire ivoirien. Le gouvernement à travers le ministère de l’Education nationale, de l’enseignement technique et professionnel a tout mis en œuvre pour tenir le calendrier scolaire marqué par la pandémie à coronavirus, mais aussi et surtout par l’élection présidentielle qui approche à grands pas. Non sans déchainer déjà des passions faisant craindre des risques de conflits. C’est dans cette atmosphère que parents d’élèves, responsables d’établissements vivent cette rentrée scolaire 2020-2021.
Dans le public, on traine les pieds à Koumassi et Marcory
Nous avons parcouru certains établissements scolaires à Koumassi, Marcory et Treichville pour imprégner de la réalité et en savoir davantage. Ce qui nous a permis de rencontrer des responsables d’établissements ainsi que des parents d’élèves.Ce vendredi 2 octobre dès 8 heures, nous entamons notre périple par la visite du Groupe Scolaire La Rochelle, situé dans la commune de Koumassi- Remblais. Dans cet établissement privé qui compte les cycles préscolaire, primaire et secondaire, depuis 7h 30, le portail principal est fermé. Devant la porte d’entrée, nous nous soumettons au lavage des mains et au port obligatoire du masque. Covid- 19 oblige. Nous sommes reçus ensuite par le Conseiller Pédagogique, Kassoum Coulibaly.
« Nous avons terminé depuis fin août avec les inscriptions. Et les cours sont effectifs depuis le 14 septembre. Tous les élèves ainsi que les enseignants sont présents » fait-il savoir. Pour le Conseiller Pédagogique, le Groupe Scolaire La Rochelle est fondamentalement attaché à la valorisation de l’éducation. De sorte qu’un accent particulier est mis sur la discipline. « C’est parce que l’état d’esprit des parents est bon qu’ils ont accepté d’investir dans l’éducation de leurs enfants, malgré tout ce qui se dit et se raconte actuellement par rapport à d’éventuels risques d’affrontement, après l’élection. Ici, à La Rochelle, nous n’empêchons pas les enseignants d’avoir leur appartenance politique. C’est leur droit. Cependant, il est interdit de compromettre l’avenir des enfants » rappelle Kassoum Coulibaly. A l’Inspection de l’Enseignement Primaire ( IEP) Alliodan de Marcory, les cours ont également débuté dans le Primaire et Préscolaire, dès le 5 octobre.
Au lycée municipal de Koumassi et de Marcory, autres étapes de notre périple, nous apercevons des élèves assis dans des classes mais sans enseignants. Au sein du premier établissement cité, seuls les élèves en classes d’examens ( 3e et Terminal) révisent leurs leçons de l’année dernière, en attendant le début effectif des cours. Ce n’est vraiment pas l’ambiance des débuts des rentrées scolaires des précédentes années.
« Nous avons un lycée qui compte plus de 300 élèves et enseignants, mais qui se trouve au quart de son effectif », révèle le Proviseur Motché Appolinaire. Il explique que cela est dû au comportement des Ivoiriens qui ont pris, selon lui, cette mauvaise habitude de ne pas se presser. L’autre raison qu’il avance et qui parait la plus plausible, est la crainte d’une crise post-électorale. En attendant donc de connaitre l’issue de cette élection présidentielle, les parents d’élèves, selon le Proviseur Motché préféreraient attendre l’après 31 octobre pour faire venir leurs enfants à l’école.
« De la part des enseignants, nous avons reçu une pile de dossiers de revendications syndicales. En tant que premier responsable du lycée, ma responsabilité est de transmettre le message du ministère de l’Education Nationale. La politique ou le syndicalisme sont des droits inaliénables. Cependant, nous avons tenu un langage de vérité et de responsabilité à tous nos enseignants, qui pour des raisons politiques ou syndicales voudraient compromettre l’avenir des enfants » insiste- t-il.
Tanoh Hubert est parent de 4 enfants au lycée municipal de Marcory, un autre établissement public que nous avons visité ce vendredi. Bien qu’ayant inscrit ceux-ci, il n’a toutefois pas le moral et craint un remake des douloureux événements de 2010.« Les propos des politiciens nous font peur. C’est par leurs fautes que nous ne sommes pas tranquilles. La politique d’accord, mais la paix d’abord ».
Au lycée moderne de Treichville, par contre, le message du ministère de l’éducation nationale semble être bien passé. En plus du respect des mesures barrières, le port du masque est obligatoire pour tous les élèves, le personnel et les enseignants qui sont présents depuis le lundi 14 septembre.Ce mardi 6 octobre, il est 13 heures lorsque nous franchissons l’entrée de cet établissement secondaire public. A la salle des professeurs, c’est Eric Monssan, professeur de Français qui nous reçoit en compagnie d’un de ses collègues.
« Ici au lycée moderne de Treichville, les cours sont effectifs depuis le 14 septembre dernier. Nous sommes des agents pour éduquer, c’est ce que nous faisons. Bien évidemment nous sommes des humains, il y a des craintes mais tant que nous ne verrons pas des manifestants sortir pour nous empêcher de venir faire notre travail, alors nous sommes tranquilles » se veut –il rassurant.
Et de préciser aussi que la direction régionale de l’éducation nationale ( DREN ) d’Abidjan –sud qui couvre les communes de Treichville, Marcory, Koumassi et Port-Bouet, a envoyé des inspecteurs pédagogiques dans les établissements secondaires de ces communes, afin de communiquer le message du ministère de l’éducation nationale. A savoir, le respect des mesures barrières en raison de la pandémie à coronavirus, mais aussi et surtout insister auprès des enseignants de dispenser les enseignements aux élèves, même en période de campagne électorale. Ce qui est d’ailleurs perceptible au lycée moderne de Treichville.
Ibrahim Sékou Koné





