A l’approche du scrutin prévue le 31octobre prochain, l’inquiétude gagne certaines personnes. Elles craignent fort qu’avec l’atmosphère qui prévaut actuellement, la Côte d’Ivoire risque de basculer à nouveau dans le chaos comme ce fut le cas suite à l’élection présidentielle d’octobre 2010. Et que cela perturbe considérablement l’année académique en cours. C’est ce sentiment qui habite Doumbia, éducateur au lycée moderne Alassane Ouattara d’Anyama. Il estime que les signes avant-coureurs d’affrontements entre militants des différentes formations politiques de l’opposition et ceux du pouvoir sont perceptibles. Il en déduit que cette situation est la preuve manifeste que les Ivoiriens n’ont pas tiré les leçons de la crise post-électorale de 2010. Dans la même veine, Ahoua Michel, machiniste à la Sotra, affirme avoir la peur au ventre à cause de l’ambiance tendue qui prévaut à l’approche du scrutin. Le même sentiment est partagé par Kouadio Louis-Claver, professeur d’anglais au collège As Pouchkine d’Abobo Akeikoi. Il en est de même selon lui par rapport aux échos qui lui parviennent de la part de certains parents d’élèves.
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Du fait de cette situation, l’année académique en cours connait déjà de fortes perturbations. C’est ce que soutient Kouassi Franck Elisée éducateur au collège As Pouchkine d’Abobo Akeikoi. Il ne fait pas de difficultés pour admettre que la rentrée est impactée négativement par la psychose créée par l’élection du 31 octobre. Et à cause de cela, les parents d’élèves sont réticents à scolariser leurs enfants. Certains de ceux-ci se sont juste acquittés des frais l’inscription en ligne. Ils affirment attendre de voir ce qui va se passer après le 31 octobre avant de penser à régler la scolarité de leurs enfants. C’est le cas de Ahoua Michel, machiniste a la Sotra. Aussi un ralentissement est constaté au sujet des inscriptions. C’est du moins la remarque faite part Kouassi Franck Elisée éducateur au collège As Pouchkine d’Abobo Akeikoi. Pour confirmer ces déclarations, Tuo Alassane l’informaticien de l’établissement, par ailleurs éducateur souligne qu’en 2019, à cette même époque, il y avait plus d’inscrits au collège As Pouchkine comparativement à l’année 2020. Donnant plus de détails, Tuo Alassane dira : « l’année dernière à cette époque, on était à 60 % d’inscrits. Cette année (ndlr : 2020) actuellement, nous sommes à moins de 40 % d’inscrits ». Kouadio Louis-Claver, professeur d’anglais à Akeikoi dit autre chose s’agissant des perturbations. Il craint un retard dans la progression des cours eu égard à cette situation de tension à l’état latent. Qui existe et qui peut dégénérer à tout moment.
Pourtant, il se trouve des personnes qui soutiennent qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter, mais plutôt de faire confiance aux autorités. « Je n’ai pas d’appréhension. Si le gouvernement a décidé de la reprise des cours dans ce contexte électoral, c’est qu’il a pris toutes les dispositions pour un bon déroulement de l’année académique », dira sous le couvert de l’’anonymat un instituteur de l’école primaire située à proximité du lycée moderne Alassane Ouattara d’Anyama. S’inscrivant dans cette veine, Djahi Prisca ingénieure dans une entreprise de télécommunication de la place dit avoir la foi qu’il n’y aura pas de troubles occasionnés par l’élection présidentielle et que tout va bien se passer. C’est d’ailleurs cet optimisme qui l’a incité à inscrire ses deux enfants, l’un au CP2 et l’autre au CM1 pour suivre les cours dans une école primaire privée. C’est la même sérénité qui habite Cissé Souleymane, élève en 3eme au collège Fah Doumbia d’Abobo Akeikoi, situé à proximité du carrefour mosquée sur la voie principale du quartier. Il affirme suivre les cours sans crainte.
Ouattara Lanzeni, le directeur des études de l’Institut supérieur de commerce et de management (Iscm), situé aux II Plateaux carrefour Oscars en face du siège de Gaou productions renchérit pour dire qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Car pour lui : « c’est sur les réseaux sociaux que des gens lancent des messages qui peuvent troubler, mais ce qui se passe sur le terrain ne donne d’avoir peur ». Il poursuit sur cette lancée pour dire : « si on reste dans la psychose on ne pourra rien faire, et on ne pourra pas avancer. Or il faut bien travailler pour avoir les moyens de subvenir à ses besoins ». Toutefois, le directeur des études de cet établissement affirme que si d’aventure il y avait des troubles, l’école sera fermée, et les étudiants seront libérés le temps que tout redevienne normal pour les rappeler. Lorng Esmel, le censeur du collège Saint Joseph d’Abobo invite pour sa part les leaders politiques à mettre tout en œuvre afin d’éviter une autre crise post-électorale à la Côte d’Ivoire.
Jeremy Junior





