La plupart des établissements secondaires privés du district autonome d’Abidjan, ne disposent pas de terrain de sport, pour la pratique de l’épreuve physique et sportive (EPS), de leurs élèves. Et ceux des rares écoles qui en ont, ne sont pas du tout adaptés à la pratique du sport
Pourtant, ce n’est pas l’espace qui manque dans ces établissements. Car bon nombre d’entre-deux sont bâtis sur de larges superficies. Mais, au lieu de penser à aménager des terrains de sport au sein de leurs établissements, les fondateurs de ces écoles se focalisent plutôt sur la construction des salles de classes, pour recevoir plus d’élèves et d’affectés de l’Etat.
En effet, en lieu et place de leurs propres cadres, ces responsables d’écoles déplacent leurs élèves sur des terrains parfois très éloignés. Avec tous les risques que cela comporte, tels que les accidents de la route. Pis, certains de ces terrains sont situés à proximité de garages et d’ateliers de ferronneries et autres ateliers d’artisans
A l’instar de bien d’autres établissements de la capitale économique, ceux de la grande commune de Yopougon n’échappent pas à cette situation, devenue en quelque sorte le principe qui déroge à la règle.
Au groupe scolaire la Sorbonne de Yopougon Ananeraie, le constat est alarmant. En ce sens que les élèves de cet établissement, font les cours d’EPS depuis près d’un an, dans leur salle de conférence.
« Avant nous faisions cours au terrain BAD à quelques pas de notre école sur la terre rouge. Mais nous ne pouvons plus nous rendre sur cet espace. Car, la municipalité a construit une aire de jeu pour le quartier sur ce site. Vu l’environnement dans lequel nous travaillons, je me demande si nous pourront être prêts pour les épreuves physiques, lors des examens de fin d’année », craint Touré Awa une élève de 3e.
« C’est difficile voire même risqué de faire certains mouvements dans la salle qui nous sert de terrain avec les élèves. Actuellement, nous avons suspendu certaines activités telles que la course et le relais du fait de cette situation. Vraiment nous demandons au fondateur de remédier rapidement à cela », plaide un enseignant d’EPS.
Comme le groupe scolaire la Sorbonne de Yopougon Ananeraie, de nombreux établissements secondaires privés de la commune dispensent leurs cours d’EPS dans des endroits non convenables.
Des parents inquiets
C’est le cas notamment du Collège Georges Legrand de Gesco, du groupe scolaire Saba et fils de la Cité Mamie Adjoua et de l’Institut KF de Ouassakara, où, les élèves font les cours de cette matière dans les rues. « Nous avons peur pour nos enfants surtout les plus petits. Car, les différents endroits où se font les cours d’EPS, ne sont pas adaptés à la bonne pratique des activités physiques et sportives », s’inquiète Mme Kassi Nadège.
« Nos enfants ne sont vraiment pas en sécurité au vu des conditions dans lesquelles se déroulent les séances d’EPS. Et cela nous préoccupent énormément », nous dit M. Ediémou Pierre.
A qui la faute ?
Pour bon nombre de parents comme M. Achi Lucien, c’est le ministère de la Construction qui est responsable de cette situation. « C’est ce ministère qui délivre les permis de construire à ces fondateurs d’établissements. Alors qu’ils savent bien que ces derniers ne prévoient pas d’espace pour les terrains de sport dans leur plan de construction. En plus, il n’y a aucun contrôle de leur part. C’est dommage », déplore un parent d’élève très en colère. Approché, le ministère de la Construction nous a répondu ceci : Le respect des normes par les écoles est géré par le ministère de l’Education nationale et de l’Enseignement technique. La délivrance des agréments, le contrôle des terrains et la sanction des établissements qui enfreignent à cette règle, relèvent des compétences dudit ministère.
Nous nous sommes donc tournés vers la direction de l’encadrement de l’enseignement privé. Selon Essis Guy Roland, chargé de communication de cette direction, sa structure est consciente du manque de terrains de sport dans les établissements secondaire privés. « Nous sommes au courant de ce situation. Mais, si nous voulons être trop regardant sur cette question, beaucoup d’élèves ne pourront faire de cours d’EPS. Car, si le problème ne se pose pas à l’intérieur du pays à Abidjan, ce n’est pas toujours aisé pour un fondateur d’établissement, d’acquérir une parcelle de plus de 1200 m2 . 1200 étant la norme exigée sans le terrain de sport, afin de pouvoir en disposer. Aussi les terrains sont rares, petits et difficiles à obtenir de nos jours », tente-t-il d’expliquer cette situation.
En guise de solution à cela dit-il, nous avons demandé aux établissements, n’ayant pas de terrain de sport de recourir à des établissements voisins, disposant de terrain ou à prendre attache avec les différents complexes sportifs du district autonome d’Abidjan en vue de pouvoir dispenser les cours d’EPS.
Malheureusement, cette solution qui n’est en réalité qu’un palliatif, ne profite pas toujours à tous les établissements. De plus, il n’est pas aisé pour tous les élèves de toujours effectuer le déplacement vers ces lieux, pour suivre leurs cours d’éducation physique et sportif.
Boubacar Barry





