Dans 15 jours aura lieu la première de ces fêtes. A savoir la Noël, suivie une semaine plus tard de celle du Nouvel an. Déjà les tenanciers de maquis, restaurants, bars, ainsi que les vendeurs de jouets, de vêtements, et d’articles divers sont à pied d’œuvre et continuent de s’affairer pour satisfaire aux besoins des fêtards. Ce sont eux qui pratiquement annoncent les couleurs de ces fêtes de fin d’année dans la commune d’Abobo.
Le maquis Cave Obiang est fin prêt pour accueillir ses clients. Si l’on s’en tient aux propos de Gérard le gérant « Tout est calé ». De la boisson à la sonorisation en passant par le personnel. Les 500 casiers de boissons commandés chez un premier usinier et les 200 chez un second seront livrés au plus tard le 22 décembre 2020. S’agissant du personnel, Gérard compte renforcer l’équipe en ajoutant 3 agents de sécurité puis deux serveuses. Ces cinq personnes sont déjà prêtes à commencer le travail.
Au New Manhattan, un autre maquis l’on a également mis le paquet. Selon Angah Fabrice, qui assure la gérance, la peinture des murs a été totalement refaite avec une nouvelle couleur. Les tables ont été relookées. Et leur nombre a été revu à la hausse. Elles sont passées de 24 à 31. Mieux, des carreaux ont été placés au sol, 203 nouvelles chaises ont été achetées. Portant l’effectif de 127 à 330. Fabrice indique également que la table de mixage, les haut-parleurs, l’ordinateur, de même que les fiches de la sono ont été renouvelés. Le propriétaire de ce maquis aux dires du gérant, a prévu de placer des bouquets de fleurs sur chaque table, ainsi que des guirlandes pour agrémenter le décor. Des pots de gels hydro-alcooliques et de savon liquide ont été achetés, conformément l’application des mesures barrières contre la propagation de la Covid-19.
Dans cette ambiance de préparation des fêtes de Noël et du Nouvel an, des tenanciers de maquis et de restaurants jouent tout de même la carte de la prudence. C’est le cas de celui du maquis Bonheur. Bien qu’il ait entrepris d’opérer des travaux pour donner une fière allure au maquis, et accroitre le nombre de place assises ainsi que celui des tables, il n’entend commander que 150 casiers de boisson. Alors qu’en 2019, il en avait commandé 300. Il a décidé d’agir de la sorte en se basant sur les impacts financiers de la Covid-19 ainsi que la situation qui prévaut dans le pays, suite à la tenue de l’élection présidentielle du samedi 31 octobre. « Les affaires ne bougent pas comme par le passé ».
La prudence est aussi de mise chez dame Boraud Kousso Ruth, restauratrice au maquis Le New Manhattan. Elle confirme que son commerce de poissons et poulets braisés a pris un véritable coup cette année 2020. Aussi, la restauratrice envisage-t-elle de ne prendre qu’un carton et demi de carpes à braiser.
Les propriétaires d’un supermarché bien connu des habitants, n’ont pas voulu balayer du revers de la main les impacts négatifs de la Covid-19 et les incidents survenus après le scrutin du 31 0ctobre. Selon Mobioh Romuald Fernand employé dans ce supermarché, ils en auraient tenu compte dans la fixation du prix des jouets. Notre informateur révèle aussi que pour l’heure, c’est un millier de cadeaux qui est dans les rayons. Dans tous les cas, des dispositions ont été prises, pour satisfaire à une plus forte demande si cela venait à se produire. L’année dernière à la même période, ce sont entre 2 000 et 2 500 jouets qui étaient en vente dans le supermarché.
Ailleurs, Hamed Ali, vendeur de vêtements d’enfants au quartier de la gare, n’a pas changé sa stratégie de vente. Du moins pour l’instant. Quelle que soit l’atmosphère qui prévaut, il affirme que c’est à une semaine de Noël qu’il passe les commandes des articles qu’il doit vendre au cours des deux fêtes.
Pour les confessions religieuses, l’organisation de ces fêtes varie légèrement d’une communauté à une autre. Ainsi la paroisse catholique Saint Marc d’Abobo prévoit un arbre de Noël le dimanche 13 décembre. Les frais de participation s’élèvent à 2 000 Fcfa. Il est aussi prévu le réveillon de la Nativité. Qui aura lieu au cours d’une messe devant se tenir dans la soirée du jeudi 24 décembre. Du côté de la paroisse catholique Saint François Xavier de la même commune, c’est la date du samedi 19 décembre qui a été choisie pour la célébration de l’arbre de Noël. Il est demandé aux parents pour la participation de leurs enfants, la somme de 1 500 Fcfa. L’Abbé Ghislain Abé Evrard, indique qu’au cours de l’arbre de Noël, les enfants recevront des présents.
A l’église méthodiste unie Sinai d’Abobo, on peut dire que les enfants sont plus chanceux. Ils n’auront pas à débourser un seul centime pour le réveillon de la Nativité. Qui se tiendra le soir du jeudi 24 décembre. Selon le prédicateur plein droit Aké Aké Fabien, après le culte, qui prendra fin vers 21 heures, des jouets, composés entre autres de livres, brochures, voiturettes, poupées, seront remis aux enfants. Ils recevront également des friandises.
L’optimisme n’est malheureusement pas de mise pour tous à la veille de ces fêtes. Yvonne Assanvo vendeuse, nous a confié qu’elle ne sait pas comment ils fêteront. Son mari ne lui a jusque-là pas encore remis l’argent devant servir aux dépenses. Gogoua David Innocent, agent commercial dans une société de place relève dans la même veine que la Covid-19 et la situation consécutive à l’élection présidentielle, ont impacté négativement les ménages au plan financier et psychologique. Ce qui va sans nul doute pour lui influencer l’organisation de Noël et du Nouvel an.
Au regard des préoccupations exprimées par ceux-ci, il est à se demander si Noël 2020 et la fête du Nouvel an, connaîtront un engouement comme du temps où tout allait pour le mieux Pour Kakadié Rosine, chargée d’études en communication d’une société de la place, il n’y pas de doute, les Ivoiriens feront tout, chacun selon ses moyens pour s’offrir de quoi passer des moments de joie en cette fin d’année. Car à l’en croire, les Ivoiriens aiment la joie et savent s’en donner les moyens.
Junior Jeremy





