La commune de Treichville est restée fidèle à sa tradition : celle de célébrer toujours aussi bruyamment que possible la fin de l’année. Ici, ce sont des rues entières qui ont été occupées, par des fêtards sortis nombreux, pour vivre cet instant magique qui est l’avènement de la nouvelle année. Un évènement qui est encore une fois survenue, comme par le passé, à travers les coups de sirène donnés par les bateaux du port autonome d’Abidjan, situé sur le territoire communal de Treichville. 2021 est née à Treichville, à travers d’immenses explosions de joie également. Ainsi que de pétards, aux sons toujours aussi assourdissants, comme pour dire que l’année qui s’en va, est bel et bien partie, nous laissant encore en vie. Avec cette immense chance de voir naitre 2021, et surtout de la vivre jusqu’à terme. La fameuse avenue 16, aura été l’épicentre de ces moments de joie. En fait, tous les maquis, bars et boites de nuit qui s’y trouvent ont été de la fête. Aussi bien à l’intérieur de ces établissements que sur leurs devantures, il y avait du monde partout. Autant dire que l’alcool coulait à flots, sans aucun souci du lendemain, au son de la musique ivoirienne. Chantant et dansant, les Treichvillois ont accueilli 2021.
La célèbre rue 12, qui reste le point culminant de l’animation dans cette commune, était aussi de la partie, avec ce lieu féérique qu’a été le rond- point central de ladite rue. En effet là, a été aménagé un cadre de distraction musicale qui a attiré du monde. Dès que minuit a sonné, ce sont des explosions de joie exprimées à travers de grands cris, par les habitants sortis de chez eux pour envahir les rues, que l’on entendues ici et là, à travers la commune. Un moment, important, qui aura surtout été remarquable au quartier Apolo où, il existe une pléthore de petits maquis et autres gargotes, confectionnant au quotidien, des mets bien appréciés par nombre d’abidjanais. Dans ce quartier de Treichville, on aurait dit que chaque nuit est à la fête. Tant l’ambiance des bars et lieux de restauration, est permanente et quasiment envoûtante. Mais ce jeudi 31 décembre, il y avait un plus. Que symbolisait cette forte et impressionnante présence de nombreuses personnes qui parcouraient ses rues. Pour se faire une idée de l’ambiance qui prévalait dans la commune. Mais aussi, pour se fondre dans les groupes de personnes qui festoyaient sous des bâches dressées en pleine rue, ou qui avaient rempli les bars, maquis et autres lieux de distraction du quartier.
Sur la rue 21, précisément à partir du carrefour de l’avenue 19, jusqu’à l’avenue 20, avait été aménagée une grande piste de danse, couverte d’un tapis. Les énormes hautparleurs qui étaient installés dans différents coins, crachaient des décibels de haute portée, empêchant du coup ceux qui n’étaient pas de la fête, de passer à 2021 dans un paisible sommeil. Il en était de même sur l’avenue 18 où, un espace de réjouissance avait été dressé entre la rue 21 et la rue 22. Là également, en musique la communauté nigériane du quartier, à laquelle s’était pleinement associés plusieurs jeunes Ivoiriens, a bruyamment célébré ce qu’ils ont appelé la mort de l’année 2020 et la naissance de 2021. Une année que tous ces fêtards de Treichville dans l’ensemble, se sont mutuellement souhaitée bonne, pleine de succès, de santé et de plusieurs autres bienfaits. En tout cas, tout le contraire de 2020. Année horrible par l’effet du Coronavirus.
Ce tableau de la Saint Sylvestre dans la commune N’Zassa, contrastait bien avec ce qui se passait dans les églises de la commune. Ici, la célébration du nouvel an, était surtout marquée par des prières élevées vers le Seigneur, pour le remercier d’avoir permis aux uns et autres de traverser en parfaite santé 2020 , pour accéder à 2021. Reconnaissance spirituelle qui ne s’est pas pour autant faite dans le silence absolu. En effet des chants, prières à haute voix et cris de joie, d’une ampleur bien réduite, ont émaillé l’évènement en ces lieux.
Dans la sobriété à Koumassi
Dans plusieurs quartiers de la commune de Koumassi, les populations ont fêté, mais dans leurs familles respectives. A Koumassi Remblais, les épouses de locataires d’un immeuble au nombre de 12 se sont réunies en association et ont pour ce 1er janvier 2021 cousu un uniforme. « Les années passées, on sortait avec nos époux du 31 décembre jusqu’au 1er janvier, pour s’amuser et boire de l’alcool. Mais cette année, à cause du coronavirus, nous les épouses de cet immeuble avons décidé de nous organiser en faisant un uniforme pour nous et pour nos maris également. Nous avons préparé de très bons plats et sous cet abri, nous nous amusons jusqu’à 23 heures avec des invités » raconte dame Ange Zahrou.
Les autorités ont quand même respecté la tradition des feux d’artifices malgré la covid-19. Le Gouverneur du District autonome d’Abidjan, Robert Beugré Mambé a donc choisi la commune de Koumassi pour la célébration de cet événement. Certes sobre et dans le strict respect des mesures barrières, des milliers d’habitants de Koumassi ont pu apprécier les feux d’artifices illuminer le ciel de leur commune, signe de la fin de 2020 et de l’arrivée 2021. Les habitués des boites de nuits et autres lieux de spectacles ont aussi fêté ce 1er janvier dans la joie. « Je suis un habitué de ce bar. Ce n’est pas l’ambiance des années passées à cause de cette pandémie mais on ne doit être pas pessimiste et triste. Il faut bien au contraire dire adieu à 2020, avec tous ses malheurs et bonjour 2021, qui nous apportera à coup sûr, tout le bonheur » se réjoui Alassane Seyni, un des fidèles clients de ce bar situé sur la célèbre rue Kahira.
Moussa Ben Touré,Sékou Koné





