Le réveillon du nouvel an a été célébré dans la joie, le jeudi 31 décembre 2020, par les populations de Yopougon. Que ce soit dans les domiciles, les maquis et autres lieux festifs, chacun voulait entrer dans le nouvel an, en sa façon. « J’ai décidé de fêter le réveillon à la maison, en famille. Car, la situation sécuritaire du pays n’est pas très rassurante. En plus, la Covid-19 est toujours présente. Donc, je préfère ne pas prendre de risque en sortant », nous dit M. Serges Amessan, un habitant d’Ananeraie.
Comme lui, Mme Beugré a décidé de fêter le réveillon à domicile. Mais, en associant ses voisins. « Pour l’occasion, nous sommes en train de concocter de petits plats. Après les feux d’artifices de minuit, nous allons manger, boire et danser jusqu’au petit matin », disent-ils. Au Koweït, un grand quartier de Yopougon, la famille Djédjé explique comment elle a passé la fête du nouvel an « Cette année les temps sont très durs à l’image du pays, habituellement on payait cinq à six poulets mais cette année ce n’est pas le cas car le prix du poulet a grimpé sur le marché. On a pu satisfaire les enfants et prendre un repas en famille. » Contrairement à ces premiers interlocuteurs, d’autres ont choisi de célébrer le réveillon du nouvel an à l’église.. « Je suis venue passer le réveillon à l’église pour rendre grâce à Dieu pour tous les bienfaits qu’il m’a accordé tout au long de l’année 2020 qui s’achève dans quelques heures et implorer son secours pour 2021. », nous dit Alexandre Kouamé.
Du côté des maquis et autres lieux festifs, l’ambiance et le show étaient également au rendez-vous. De Kouté en passant par Niangon, Maroc et Ananeraie, les populations sont sorties nombreuses pour célébrer le nouvel an. A Yopougon Kouté Terminus 40, les maquis ont été pris d’assaut dès 22 heures par de nombreux fêtards. La musique et les pétards raisonnaient partout. « Je viens d’arriver avec des amis. Mais on nous signale qu’il n’y a plus de place. Nous allons donc chercher un autre maquis. S’il le faut, nous irons au Toit rouge. Car, nous ne voulons rien rater de cette nuit », nous dit Mlle Gohoun Joelle.
A quelques kilomètres là, à Niangon Lokoua et Académie, il y avait une belle ambiance dans les maquis. Des gigantesques podiums étaient dressés en plein air, par les responsables de ces locaux, pour des prestations artistiques « Je suis venus m’amuser avec des amis pour oublier les difficultés de 2020 et bien aborder la nouvelle année », nous dit Irié Pacôme.
A la rue Kimi, au quartier Maroc, c’était la totale. « J’ai été invité par une copine pour passer le réveillon du nouvel an. L’ambiance est vraiment féérique et nous passons de très bon moments », nous dit Fernand Gral, un français de passage en Côte d’Ivoire. Du côté du carrefour Oasis à Ananeraie, il y avait un monde fou. Bouf, musique, feux d’artifices, animation DJ, tout était réunis pour un réveillon de rêve « On va s’éclater au maximum. Car, cette année, nous avons été trop éprouvés par la covid-19 », nous dit Traoré Ousmane.
En dehors des maquis, certains ont célébré le réveillon du nouvel an dans d’autres endroits tels que les glaciers. « Je ne supporte pas trop le bruit des maquis. C’est pourquoi, je suis venu célébrer le réveillon au glacier avec ma femme et mes 2 enfants », nous dit M. Thomas Dakin, un client rencontré dans un glacier au Maroc carrefour antenne.
Côté sécurité, les forces de l’ordre postées aux différents points chauds de la commune de Yopougon veillaient au grain. Des éléments de la gendarmerie nationale d’Agban, du groupement mobile d’intervention (GMI), et du Centre de coordination des décisions opérationnelles (CCDO), ont même été déployés à divers endroits, pour appuyer les forces de police présentes. « La sécurisation se déroule bien. Pour le moment, nous n’avons signalé aucun incident. », nous dit N’Guessan Rodrigue, un policier du 29 e arrondissement de Yopougon avec qui nous avons échangé au Terminus 40.
Sur la fameuse Rue princesse
Contrairement à ce qu’on espérait, la célèbre Rue princesse n’était pas bondée de fêtards, dans la nuit de ce 31 décembre 2020. Par contre les bars et maquis qui ont de tout temps fait sa célébrité, comptaient de nombreuses personnes. Martial Yao un employé d’un bar indique que son établissement n’as pas encore fait le plein car pour lui cela est imputable au manque de moyen financier des clients, la situation de la crise sanitaire et quelques difficultés. Un peu plus loin précisément à la Rue des Princes, les maquis et bars étaient bourrés de personnes venues faire la fête. Pour oublier les mauvais souvenirs de 2020. « Je suis venu m’amuser en cette fin d’année car l’année 2020 a été une année difficile pour moi et tout le pays » nous confie Christelle. Au Nouveau quartier, les maquis n’étaient pas aussi remplis et les rues étaient moins animées. Même son de cloche au quartier Millionnaire où c’était le silence total.
Boubacar Barry,Charles Zahé





