publicité

Societe

Côte d’Ivoire. L’Enquête du Jeudi(1).Retraités : Une nouvelle vie active

Publié le :

Photo d`archive utilisée juste a titre d`illustration

Selon les dispositions qui régissent le code de travail au monde, tout employé est admis, à un âge donné, à faire valoir ses droits à la retraite. Sur la base de ce qui précède, la retraite peut alors être appréhendée comme un moment de la vie du travailleur où celui-ci il se retire de la vie active d’une administration du public ou du privé qui l’emploie. En d’autres termes, il abandonne ses fonctions, ou plus simplement il cesse ses activités professionnelles au sein d’une structure pour laquelle il exerce un emploi.

Généralement à cette période, certains retraités se reposent au maximum. Ils ne mènent pas d’activité professionnelle. Ils ne font plus de mouvements physiques. Surtout que le poids de l’âge avancé se fait ressentir.

Bien qu’ayant admis à faire valoir leurs droits à la retraite, certains travailleurs aux antipodes de ceux qui ont fait le choix de se reposer, ont décidé d’occuper leur temps de repos à mener une activité professionnelle. On en dénombre plusieurs en Côte d’Ivoire, principalement à Abidjan, avec qui nous avons eu l’occasion d’échanger.


Dans le même canevas


Il ressort des informations recueillies que certains de ces retraités ont eu le privilège d’être maintenus en service par la structure qui les employait. C’est le cas de Goué-Bi Désiré, un agent du Trésor qui a atteint l’âge de la retraite à la fin de l’année 2020. Nous l’avons rencontré la matinée du mardi 19 janvier 2021, alors qu’il sortait des locaux de l’agence du Fonds international pour le développement de la retraite active (Fidra) d’Abobo. Il soutient avoir été gardé par cette administration financière ivoirienne. Amani Jean-Marie, qui a travaillé plus de 35 ans dans une entreprise de prestations de service pour le compte d’établissements financiers à la zone industrielle de Vridi, peut être aussi considéré comme un sacré veinard. En effet, à l’instar de Goué-Bi Désiré, il a été rappelé par son ancien employeur au début de l’année 2020, alors qu’il a atteint l’âge de la retraite en décembre 2019.

A ceux qui précèdent, il faut ajouter ceux qui sont restés pratiquement dans le même canevas de l’activité qu’ils ont mené au cours de leur carrière professionnelle. Parmi ces derniers figurent un agent de police, qui a voulu requérir l’anonymat. Il a été admis à faire valoir ses droits à la retraite en fin 2020. Libre de tout engagement avec la police nationale de Côte d’Ivoire, il affirme avoir pris attache avec une société de sécurité privée pour un poste d’agent de sécurité. Les responsables de la dite boite ont, selon ses propos, donné une suite favorable à sa requête, et lui ont promis qu’il commencera à exercer dans le courant du mois de février 2021.


Reconversion totale


Hormis ces catégories, il y a le lot de ceux qui ont choisi d’opérer une reconversion totale. C’est-à-dire qu’ils ont choisi de mener une activité professionnelle, qui n’a aucun lien avec le travail qu’ils ont eu l’habitude de faire jusque-là leur retraite. C’est ce pas qu’a franchi Passé Joseph, instituteur à la retraite depuis 2002, qui a échangé la craie contre le micro. En effet cet originaire d’Agboville, nous a confié que depuis le 28 janvier 2002, il est devenu présentateur radio et télé des nouvelles nationales et internationales en langue Abbey. Apparemment, il semble se plaire dans ce nouveau travail. C’est du moins ce qu’il a clairement affirmé au cours de l’entretien que nous avons eu avec lui la matinée du mardi 19 janvier non loin du camp commando d’Abobo. De même, Blaise Koffi, qui était en service aux ressources humaines de Axa Assurances Côte d’Ivoire et dame Marie-Jeanne, ancien agent de sous-préfecture, qui a eu pour dernier poste la sous-préfecture de Jacqueville, ne se sont pas cassé la tête. Ils ont décidé de faire du commerce. L’ex-travailleur de Axa Assurances s’est lancé dans la vente de produits phytosanitaires à Akoupé, une sous-préfecture du département d’Adzopé où il réside depuis sa retraite en 2016. Quant à dame Marie-Jeanne, elle a pour sa part choisi d’ouvrir un magasin de vente de pagnes et de chaussures à Abobo avocatier. Elle a fait appel à deux jeunes filles pour la vente des articles. Elle ne fait que superviser son business. Dame Marie-Jeanne ne s’est pas arrêtée en si bon chemin. En dehors de son magasin, elle achète des tissus à Adjamé, qu’elle va revendre de temps à autre dans certaines villes de l’intérieur du pays.

Le moyen par lequel ces retraités ont obtenu leur travail diffère d’un cas à un autre. Goué-Bi Désiré affirme avoir été maintenu en fonction au Trésor après avoir atteint l’âge de la retraite, selon lui pour ses compétences avérées en comptabilité. « J’ai été maintenu pour former les plus jeunes. Actuellement, je forme 3 jeunes », dira ce dernier pour expliquer le choix de son maintien en service. C’est pour le même motif que Amani Jean-Marie a été aussi maintenu par son employeur. Les consignes qui lui ont été données sont de former les plus jeunes en informatique afin qu’ils maitrisent tous les rouages concernant l’entreprise qui les emploie.

Il y a le cas de ceux qui ont dû se soumettre à un test avant de commencer à travailler. A ce propos, on peut mentionner le cas de Passé Joseph. Qui pour exercer le métier de présentateur de nouvelles nationales et internationales en langues Abbey a été contraint de passer un test. Quant à l’agent de police qui s’est exprimé sous le couvert de l’anonymat, il a avancé que c’est de son propre chef qu’il a entrepris la démarche auprès de la société de sécurité privée, où il projette de travailler.

Cette nouvelle vie semble convenir en majorité aux proches de ces retraités qui ont décidé de continuer à travailler. Ce n’est pas Amani Jean-Marie qui dira le contraire. Selon ses propos, sa compagne et leurs enfants ne trouvent rien à dire qu’il continue de travailler. Surtout les enfants n’y trouvent pas d’inconvénients, tant que papa se porte bien et qu’il peut toujours satisfaire à leurs besoins financiers. L’épouse et les enfants de Passé Joseph sont pour leur part contents et éprouvent par-dessus tout une certaine fierté quand ils sont reconnus en public comme des proches du présentateur des émissions en langue Abbey des informations tant nationales qu’internationales sur les antennes de la RTI dans toutes les localités de la région de l’Agneby-Tiassa.

Malgré ce qui précède, il se trouve tout de même des personnes qui ne voudraient pas voir leurs parents exercer une activité professionnelle après avoir atteint l’âge de la retraite. C’est le cas des enfants de Kouadio Boka Lazare, anciennement agent de bureau à Jean Abil Gal (JAG) à la retraite depuis 2016. Qui a décidé de travailler au service accueil de la Société mutualiste des retraités du privé de Côte d’Ivoire (SOMUREP-CI), située à proximité du lycée moderne Djedji Amondji Pierre d’Adjamé. Il a fait part de cette préoccupation de ses enfants au cours d’un entretien la matinée du vendredi 22 janvier 2021. Il a indiqué que ses enfants lui conseillent de se reposer vu son âge avancé (80 ans).

Au vu de ce qui précède, l’on est alors tenté de se demander ce qui peut bien motiver des travailleurs retraités à exercer une activité professionnelle au lieu de se reposer ?


Pour arrondir la pension


A cette préoccupation, dame Marie-Jeanne ancien agent de sous-préfecture ne fait pas de difficulté pour affirmer que c’est pour une raison pécuniaire qu’elle a ouvert son magasin de vente de pagnes et de chaussures, et qu’elle achète des tissus à Adjamé et qu’elle va écouler dans des localités de l’intérieur du pays. Elle a confié qu’elle mène ces activités commerciales pour être en mesure de répondre favorablement plus aux besoins financiers qui lui seront exprimés par des proches. Notamment ses parents qui vivent au village. Mais pas principalement pour elle. Surtout que tous ses enfants travaillent et lui envoient de l’argent régulièrement. C’est aussi pour une raison financière que Kouadio Boka Lazare a fait le choix de travailler à la SOMUREP-CI. Il a confié que c’est pour arrondir sa pension de retraite, qu’il juge insignifiante, qu’il s’est lancé dans ce travail. Bien que ses enfants lui envoient de l’argent de temps à autre pour compléter sa pension, il affirme clairement qu’il n’a pas envie d’être une charge pour eux, surtout que ceux-ci ont leurs familles et des charges auxquelles ils doivent aussi faire face quotidiennement.

Passé Joseph brandit un autre argument. Il soutient avoir fait le test pour le poste de présentateur de nouvelles en langue Abbey à la RTI pour, dit-il tisser des relations et se faire des connaissances dans la région de l’Agneby-Tiassa, et aussi parce que cette activité lui procure du plaisir. Goué-Bi Désiré, qui a été maintenu au Trésor après la retraite, dit partager en partie les motifs avancés par Passé Joseph, un ancien instituteur. Il déclare avoir accepté de rester au Trésor fondamentalement par amour pour son travail. « Quand on fait un travail par amour, il n’est plus contraignant. Il s’apparente plutôt à un jeu. On éprouve alors du plaisir à le faire », dira en substances ce dernier pour se justifier.

Par ailleurs, la majorité des retraités en activité interrogés ont soutenu que c’est principalement pour être en éveil intellectuellement et physiquement qu’ils continuent de travailler. L’agent de police, qui a requis l’anonymat, ainsi que Blaise Koffi, anciennement à Axa Assurances Côte d’Ivoire vont plus loin en affirmant que celui qui ne mène pas d’activité professionnelle après la retraite peut être impacté négativement au plan psychologique et physique.

Junior Jeremy




GENERATED_OK



publicité

FIL INFO

10 février 2026

Crise sécuritaire en RDC : l’opposition sollicite la MONUSCO pour inciter Félix Tshisekedi à décrisper le climat politique

10 février 2026

Football : N’Golo Kanté brille pour ses débuts avec Fenerbahçe

10 février 2026

Musique et Lifestyle : Fally Ipupa, nouvel ambassadeur panafricain de Beaufort Lager

10 février 2026

Diplomatie : Oligui Nguema aux Émirats arabes unis pour consolider un partenariat économique majeur

10 février 2026

Les menaces et “intimidations” américaines ne sont pas “finies”, avertit Macron: “N’y croyez pas une seconde



Fanico

Mandiaye Gaye 12 janvier 2026
À propos de la révision de la constitution et la réforme des institutions.
Fona Konaté 9 janvier 2026
La dénonciation, un pilier de la gouvernance responsable
Ismaël Condé 5 décembre 2025
La vérité de l’agression armée contre la Guinée , le 22 novembre 1970
Yolande Yacé 27 novembre 2025
Concours Miss Univers : Olivia a reçu la couronne du monde entier


publicité
publicité