Ils sont de plus en plus nombreux dans le district d’Abidjan, ces lavages auto de fortune aménagés en bordure des voies les plus passantes des différents quartiers. En effet, loin d’être modernes et véritablement outillés avec des équipements appropriés, ils donnent plutôt dans la débrouillardise pour la plupart. On y trouve des robinets fixés au mur, avec des tuyaux raccordés dessus, servant à laver les véhicules. De plus en plus, les automobilistes d’Abidjan, qui étaient habitués jusque-là aux stations-services, ont recours à eux pour le lavage de leurs voitures. Une bonne frange de leurs clients se comptent parmi les chauffeurs de taxis-compteurs, taxis-communaux, les transporteurs de marchandises diverses, ainsi que des conducteurs de tricycles et des motocyclistes. Certainement, du fait des prix qu’ils pratiquent. Lesquels vont de 500F à 1000 F contre 2000 F, 3000F voire plus, dans les stations d’essence. S’il est vrai qu’ils sont utiles à nombre d’automobilistes ce qui explique leur prolifération au cours de ces dernières années à travers la capitale économique, il demeure tout aussi indéniable que les acteurs et gestionnaires de ces lavage auto, ne sont point exempts de nombreux griefs.
Du sable dans les caniveaux
En effet, les jets d’eau qui émanent des tuyaux qu’ils utilisent pour laver les véhicules font souventes fois beaucoup plus de tort que de bien. Utilisés à l’emporte-pièce par des jeunes gens toujours aussi excités à l’idée de réussir à laver le maximum de véhicules en un temps record, il leur arrive d’arroser proprement des piétons de passage. Obligeant par moment certains à retourner chez eux, en vue de changer de vêtements. Un fait courant qui entraine à chaque fois, de vives altercations entre les responsables de ces lavages auto et des passants.
La remarque à faire est que la quasi-totalité de ces lavages auto ne sont pas dans des enceintes fermées. Ou encore, disposées comme c’est le cas dans les stations d’essence. A leur niveau ce sont plutôt des installations sommaires, qui ont vite fait de se dégrader au contact régulier de l’eau. Surtout le sol cimenté sur lequel les voitures sont stationnées pour être lavées. Conséquence : avec la dégradation progressive de la surface de ce sol, très rapidement apparait le sable en-dessous, dont une bonne partie est régulièrement balayée par la suite pour être déversée dans les caniveaux publics bordant la voie. Ce qui entraine de toute évidence une obstruction de ces évacuateurs des eaux de pluies.
Il y a un autre fait non moins grave qu’il convient de relever. Ce sont ces manœuvres dangereuses de conduite auxquelles les laveurs d’auto s’adonnent quand ils doivent dégager un véhicule dont ils ont fini de s’occuper pour céder la place à un autre. Ils sortent en marche arrière sans prendre le soin de vérifier qu’une autre voiture arrive sur la voie publique. Nous avons été témoin d’un fait de ce genre. Nous étions à bord d’un minicar, qui venait de quitter Abobo Akeikoi, quand un véhicule sortant du lavage situé à proximité a surgi sur la route devant le mini car. N’eut-été la vigilance du conducteur de notre automobile, ce serait l’accident. Le laveur d’auto à bord du véhicule a tout juste sorti la main, en guise d’excuses, puis a stationné sur le trottoir pour nous céder le passage.
On le voit, cette activité qui relève de l’informel, rend certes service à nombre d’abidjanais détenteur d’une automobile. Cependant, elle est quotidiennement entreprise dans des conditions quelques fois dangereuses et préjudiciables aux autres, du fait de l’inconscience de ces acteurs, jeunes pour la plupart. Les mairies des communes qui les abritent, leur prélèvent régulièrement des taxes, ce qui les autorise à exister. Du coup, il revient à ces entités de les organiser et les sensibiliser sur l’absolue nécessité de mener leur activité professionnelle dans de bien meilleurs conditions.
Junior Jeremy





