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Commentaire. Les maladies tropicales négligées, le dernier des soucis d’Aka Aouélé

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Boycott ou dédain ? La question ne pouvait que tarauder les méninges des enseignants-chercheurs et chercheurs réunis à l’université Jean Lorougnon Guédé de Daloa dans le cadre du panel sur les maladies tropicales négligées.

Alors que le Représentant résident de l’Organisation mondiale de la santé, le Dr Jean-Marie Yaméogo a roulé vite de Bouaké à Daloa, pour assister en partie aux échanges scientifiques, le ministre ivoirien de la Santé et de l’hygiène publique, Dr Aka Aouélé, présent à Daloa, lui, n’a pas jugé utile de se présenter à l’Amphi Pr Tidou Abiba Sanogo.

Le Dr Jean-Marie Yaméogo a félicité la Côte d’Ivoire qui est parmi les premiers pays africains à organiser la 1ère journée mondiale de lutte contre les maladies tropicales négligées couplées, cette année, à la 68ème journée mondiale de lutte contre la lèpre. Ce satisfecit et les enjeux de la mobilisation du monde scientifique n’ont pas été entendus par le ministre de la santé qui, selon nos informations, était à une inauguration de ...château d’eau. L’eau potable qui, certes,rentre en ligne de compte de certaines de ces maladies tropicales négligées qui nécessitent une stratégie de déploiement d’un mécanisme dit Wasch pour eau, hygiène et assainissement.


Manque d’intérêt


Le discours laudateur, amplement politique sur un château d’eau est dépassé. Il est du rôle régalien d’un Etat de fournir de l’eau potable à sa communauté tout comme il revient aux décideurs de se concentrer sur les maladies. Elles ont un impact direct sur la production, surtout pour un pays à vocation agricole. La recherche scientifique dénonce le manque de moyens financiers. Dans un contexte de Covid-19, quelle est la réponse ivoirienne pour faire face, pas seulement à la lèpre mais aux onze maladies négligées ?

C’est là qu’on attendait le Dr Aka Aouélé qui a ainsi traduit le manque d’intérêt porté aux travaux de recherche et aux maladies tropicales négligées qui, peuvent freiner le développement du pays. Des statistiques ont été communiquées, on suppose que le Dr Aka les a déjà. Et les recommandations des enseignants-chercheurs et chercheurs, sans moyens financiers adéquats pour parvenir à sauver des bras valides dans les zones rurales où sévissent ces maladies ? Il va demander le rapport du panel et le jeter quelque part, laissant le Dr Assiè Marcellin à son rêve d’éliminer la lèpre et avec lui, les autres programmes qui ne bénéficient pas d’une forte communication.

Pour des maladies, dites « du bout de la route », négligées par les communautés nationales et internationales, mais qui sévissent dans les zones rurales où les forces de production existent, qui se superposent, selon Pierre Yves Thiébault, président du conseil de surveillance de la Fondation Raoul Follereau, « à la pauvreté », il fallait que le Dr Aka Aouélé assiste aux échanges. Le Dr Elysée Kouassi a mis en lumière les travaux du Pr Jean Lorougnon Guédé sur le traitement de la trypanosomiase humaine africaine par les jeunes feuilles du manguier. Le savoir traditionnel ivoirien peut faire face à ces maladies tropicales négligées, encore faut-il que le ministre de la Santé et de l’hygiène publique, porte une plus grande attention à ce rendez-vous scientifique.


Carton jaune


La trypanosomiase humaine africaine, une très vieille maladie, est aujourd’hui éliminée mais il faut parvenir à son éradication. A côté, la filariose lymphatique ou éléphantiasis, menace dans 99 districts sanitaires du pays. Le tableau présenté indique une menace sur l’ensemble du territoire national. Le Dr Aka Aouélé répondra qu’il sait. Alors quelle est la stratégie nationale ? Les moyens financiers sont-ils disponibles pour accentuer la recherche scientifique ? Quels sont les moyens accordés à la médecine traditionnelle ?

Toutes ces questions sont restées sans réponse, un pied-de-nez à Pierre-Yves Thiébault, qui a effectué le déplacement depuis Paris pour être à Daloa.

La communication autour de l’événement n’a pas suivi. La presse nationale était quasi absente, ayant préféré les per-diems qui couleraient du château d’eau inauguré par Aka Aouélé qui, dimanche 31 janvier 2021, a réitéré l’appel à la mobilisation contre la lèpre. Au cours de la cérémonie officielle où seuls les discours comptent.

Là où la communauté scientifique croise le regard, dans un contexte de pandémie Covid-19, n’avait pas d’intérêt. Carton plus que jaune contre cette négligence des maladies tropicales négligées. D’ailleurs, les balbutiements du représentant du ministre, lors de son allocution, ont fini d’achever qu’il a été pris au pied levé, pas prêt à faire un discours.


Adam’s Régis Souaga


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