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Mali : Explosion de joie à Douala, fracas des armes à Boni

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Ce n’était pas encore la plus haute marche du podium, mais c’était une victoire déjà suffisante pour faire chavirer de bonheur le peuple malien. Hier, au stade Japoma de Douala, les Aigles locaux du Mali se sont en effet qualifiés pour la finale du Championnat d’Afrique des nations (CHAN) qui se joue au Cameroun depuis le 16 janvier 2021. Ils ont en effet pris le dessus sur la Guinée à l’issue de l’éprouvante épreuve des tirs aux buts (5 à 4) après un score vierge à l’issue du temps réglementaire. C’est d’ailleurs exactement par le même score que les poulains du coach Nouhoun Diané avaient sorti le Congo Brazza en quart de finale. Voici donc que les Aigles s’envolent pour la finale de dimanche prochain, où ils croiseront les Lions de l’Atlas. Parviendront-ils cette fois à décrocher le graal, après leur finale perdue en 2016 au Rwanda face à la RDC ? En tout cas, le parcours est suffisamment honorable pour ravir le capitaine Issaka Samaké et ses coéquipiers qui ont exulté au coup de sifflet final.

Hélas, cette performance aura été endeuillée carpeu avant que les Aigles ne planent sur la capitale économique camerounaise, Boni, localité située aux confins de la frontière avec le Burkina, venait de se réveiller dans le sang et les larmes. Le poste militaire de cette oasis entre Douentza et Hombori dans la région de Mopti a été attaqué, la première prière de la journée à peine terminée « par des individus lourdement armés à bord de véhicules blindés », selon des sources sécuritaires. Bilan, une dizaine de soldats tués, de nombreux blessés et d’importants dégâts matériels. « Ce matin, les combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) ont pris le contrôle de la base militaire de l’armée renégate dans le village de Boni. Louange à Dieu et gloire », a aussitôt claironné en lettres de sang un organe de propagande proche d’Al-Qaïda par le biais des réseaux sociaux.

Si de telles attaques contre l’armée malienne, la Minusma ou Barkhane sont fréquentes dans ce pays en proie au terrorisme depuis de longues années, le fait nouveau dans cette dernière boucherie, c’est l’utilisation de véhicules blindés sans doute pris aux armées régulières malienne, burkinabè ou nigérienne dont une bonne douzaine serait entre leurs mains. Les assaillants ne se contentent donc plus de motos ou de pick-up.

Et le plus inquiétant dans tout çà, c’est moins le fait d’avoir récupéré ce matériel lourd que de disposer des ressources humaines pour le manier. Preuve, s’il en était encore besoin, qu’en matière d’expertise, ils n’ont rien à envier aux forces régulières. A ce rythme, il ne manquerait plus que des hélicoptères de combat tombent entre leurs mains.

H. Marie Ouédraogo

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