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Politique

Hommage à Hamed Bakayoko :Dernier show pour un ambianceur devant l’éternel

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Il y a quelque 18 mois, c’est lui qui était le véritable chef d’orchestre de l’hommage populaire et artistique à DJ Arafat, mort dans un accident de la circulation le 12 août 2019. Ce jour- là, au stade Félix-Houphouët-Boigny, Hambak avait fait le show « jusqu’à matin » comme on dit, avec une impressionnante brochette d’artistes musiciens ivoiriens et étrangers comme Fally Ipupa, Dadju, Davido, Serge Beynaud, Sidiki Diabaté, Magic système et bien d’autres. Hier, c’est à peu de choses près le même plateau artistique qui s’est retrouvé au stade Ebimpé d’Anyama avec comme vedette funéraire Hamed Bakayoko. Décédé le 10 mars 2021 à Fribourg en Allemagne des suites d’un cancer foudroyant, le chef du gouvernement et ministre de la Défense ivoirien a en effet reçu les hommages posthumes de la communauté artistique dont il était si proche. Grand mélomane et ambianceur devant l’Eternel, le maire d’Abobo était réputé être un ami des arts et particulièrement de la musique. Un grand homme qui avait le cœur sur la main, façonnant bien des destins musicaux en Côte d’Ivoire comme ailleurs.

C’est ce grand mécène que les artistes pleurent aujourd’hui. Ces orphelins ont chanté et dansé toute la nuit, des trémolos sincères dans la voix, loin des apparences officielles et des larmes de crocodile du landernau politique, même si, fait rarissime pour être noté, Hambak savait se départir des clivages partisans pour tendre la main et discuter avec tout le monde, à commencer par Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et même Guillaume Soro. Un véritable exploit dans cette Côte d’Ivoire en perpétuelle crise depuis un quart de siècle. Il sera d’ailleurs parti sans être parvenu à aller jusqu’au bout de l’œuvre de réconciliation qu’il avait entreprise.

C’est aussi ce côté rassembleur que l’hommage national a mis en exergue hier dans la matinée à la présidence de la république en présence d’Alassane Ouattara et de certains de ses homologues de la sous-région tels que Roch Marc Christian Kaboré du Burkina, Nana Akufo-Addo du Ghana et Umaro Sissoco Embalo de la Guinée-Bissau. On pouvait lire toute la détresse du maître des lieux qui, sept mois après la mort d’Amadou Gon Coulibaly, a remis le drapeau ivoirien à la veuve de son Premier ministre, comme s’il était poursuivi par une incroyable poisse.

En attendant son inhumation ce vendredi à Séguéla dans la stricte intimité familiale, l’illustre disparu a été élevé au rang de Grand-Croix de l’ordre national, la plus haute distinction de Côte d’Ivoire.

H. Marie Ouédraogo


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