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Côte d’Ivoire .La corruption nous emportera tous...

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Quatre directeurs généraux de sociétés d'État ont été suspendus de leurs fonctions et sur les quatre, un est à la Maca depuis une semaine.

La lutte contre la corruption, telle que annoncée par le chef de l'État le 14 décembre dernier semble connaitre sa première traduction en actes, même s'il ne faut pas perdre de vue que les responsables suspendus ou poursuivis, bénéficient de la présomption d'innocence qui est un principe constitutionnel.


La corruption dans notre pays est un système vieux de plusieurs décennies et dont les acteurs sont parfois plus puissants que le chef de l'État lui-meme.


Il suffit d'en prendre un pour réaliser que celui-ci, dans les faits, n'est qu'un chaînon d'une très longue chaîne qui s'étend dans tous les secteurs d'activités et ce, jusque dans les villages et les hameaux les plus reculés.


La corruption fait perdre espoir au peuple, empêche son génie de s'exprimer et paralyse l'efficacité de toute action gouvernementale.


On ne peut pas lutter contre la corruption en Côte d'Ivoire sans risquer sa vie, y compris même pour des acteurs étatiques.


Pendant près d'une décennie, j'ai enquêté sur ce système, j'ai fait au péril de ma vie, plus de révélations qu'aucun journaliste n'a jamais faites dans ce pays. Et très souvent, devant l'absence de réaction des pouvoirs publics et du silence de la société civile, j'ai été saisi de découragement.


Le scandale des véhicules non dédouanés, c'est l'éléphant déchaîné qui l'a révélé à la Côte d'Ivoire en 2018.


Beaucoup ne savent pas qu'à la suite de la première publication, on a été tellement menacé de mort que j'ai dû aller m'installer au Congo Brazzaville pour publier la 2e et la 3e partie de ce scandale qui touchait des gens jusque dans le gouvernement.


De nombreuses arrestations ont été opérées, il y a eu un léger frémissement.

Mais trois ans plus tard, les responsabilités n'ont pas été situées, le système étant trop fort. Il a été ébranlé mais il a repris sa marche contre l'avenir du pays.


Le chef de l'État a décidé, enfin: d'essayer de s'attaquer au système, il faut l'y encourager, même si le système politique qui l'a porté au pouvoir, ainsi que cela l'a été pour les prédécesseurs, est tel qu'une telle action n'est pas sans danger pour la cohésion au sein de son propre parti politique.


Il faut encourager aussi le premier ministre à agir courageusement. Car, il faut bien commencer un jour et je suis suffisamment bien placé pour savoir que la tâche est ardue et qu'elle ne sera pas facile, c'est un combat de tous les jours.


La corruption, seulement sur nos routes, fait perdre 200 à 300 milliards par an, au pays.


A Abidjan, sur environ 800 mille véhicules en circulation, moins de 30% possèdent une visite technique à jour, ce qui fait perdre chaque année, entre 10 et 30 milliards au pays, quand on étend cette réalité à l'ensemble du pays.


Imaginons maintenant la corruption institutionnelle et ce qu'elle peut coûter annuellement au pays.


Il faut donc saluer le petit vent qui s'élève et œuvrer tous pour qu'il finisse par prendre de la force pour être un tourbillon capable d'ébranler le système en deracinant des "baobabs".


Il faut, enfin mettre en œuvre le contrôle sur pièces qui est prévu par la loi et qui, dans ce pays, jamais n'a été véritablement mis en œuvre.


C'est quoi le contrôle sur pièces ? En français facile, voilà comment il se décline. Les enquêteurs mandatés arrivent dans un quartier, ils découvrent un ou deux jolis immeubles. Ils demandent à connaître les propriétaires. Là, à ces derniers, si ce sont des fonctionnaires ou des gens qui ont pour principaux revenus, des ressources publiques, les enquêteurs leur demandent d'apporter les preuves de l'origine des fonds qui ont servi à bâtir ces immeubles ou à acquérir tel ou tel biens.


S'ils sont incapables de justifier l'origine des fonds, les biens sont saisis par l'État.


Est ce que ça là, c'est compliqué à faire?


Il faut créer pour cela, un parquet financier spécialement dédié et lui transmettre les prérogatives de la Haute Autorité de la Bonne Gouvernance (HABG) qui n'a été qu'un espoir déçu et une structure paralysée par la politique politicienne, impliquée elle-même dans des affaires foncières parfaitement douteuses (Voit les dossiers de "l'Éléphant Déchainé ").


Il faut prendre une loi qui protège les lanceurs d'alerte et qui rémunère les citoyens qui permettent de récupérer les ressources publiques distraites.


Un moment arrive où devant les charges de l'Etat qui augmentent chaque jour alors que les ressources se raréfient et que la population s'accroît d'années en années, il nous faut prendre une décision:


Où on combat la corruption ou elle nous emportera tous.


Parce que, avec ce qui se passe sous nos yeux, nous finirons tous par être des corrupteurs et des corrompus en puissance.


Et les générations futures seront perdues. Parce qu'il n'est par possible que des villages de 2000 à trois mille personnes n'aient pas encore accès en 2021, à l'eau potable alors qu'un forage équipé coûte moins de 7 millions.


Pourtant plus de 1500 milliards finissent chaque année dans des poches d'individus qui s'enrichissent miraculeusement.


Pendant que le peuple meurt de soif...et que des femmes enceintes en travail sont transportées sur des vélos pour des maternités situées à 15 km de leur ville, faute de route.


ASSALE TIEMOKO ANTOINE.


DEPUTE DE LA NATION


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