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Politique

Les Soudanais tiennent-ils le bon bout ?

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Trois jours après le coup d’Etat du général al-Burhan, les lignes commencent à bouger dans le sens de certaines revendications du peuple soudanais qui est rentré dans la résistance. Ainsi, le Premier ministre Abdallah Hamdok qui était jusque-là tenu au secret après son arrestation aux premières heures du putsch, a regagné son domicile le 26 octobre dernier, même s’il reste « sous surveillance renforcée ». Cela est un premier acte à saluer, puisque pouvant contribuer à la décrispation de la situation. C’est en cela qu’il faut se féliciter de la pression de la communauté internationale et de la mobilisation du peuple soudanais qui ont permis d’obtenir cette première libération. Reste à présent à obtenir l’élargissement de toutes les autres personnalités civiles encore arbitrairement détenues par les putschistes, que continuent d’exiger la communauté internationale et les Soudanais plus que jamais mobilisés pour défendre leur révolution. En tout cas, on espère qu’en plus des regroupements de rue et du mouvement de désobéissance civile en cours, l’appel à la grève générale lancé par les syndicats, fera aussi son effet.

Aussi difficile que puisse paraître la situation, le combat est loin d’être perdu d’avance pour le peuple soudanais

Déjà, la paralysie de Khartoum la capitale suite à la conjugaison de ces actions de protestation, est la preuve que même les mains nues, les Soudanais ont des arguments à faire valoir face aux putschistes pour les contraindre à réviser leur position. Et tout porte à croire que l’on peut compter sur leur expérience de l’organisation et de la « guerre d’usure » qu’ils ont su opposer à Omar el Béchir dans la rue, pour venir à bout des putschistes du 25 octobre qui sont aussi sous le coup de la pression internationale. C’est dire si aussi difficile que puisse paraître la situation, le combat est loin d’être perdu d’avance pour le peuple soudanais. Bien au contraire ! Avec ces premières libérations et le discours des militaires qui se veut plus rassurant, on se demande si les Soudanais ne tiennent pas le bon bout de la lutte pour le rétablissement de la transition. C’est tout le mal qu’on leur souhaite. Car, quoi qu’on dise, le peuple soudanais a pleinement le droit de choisir ses dirigeants. Et les militaires sont d’autant mal fondés à lui imposer leur diktat qu’ils ont suffisamment fait la preuve de leur insensibilité à ses souffrances après toutes ces décennies de pouvoir sans partage, sans une amélioration sensible des conditions de vie des populations. Bien au contraire, car en lieu et place du bonheur du peuple, les militaires sont plus guidés par la protection de leurs privilèges à la tête de l’Etat, après s’être pour la plupart enrichis sur le dos du peuple. En tout état de cause, on ne peut pas se faire aimer de quelqu’un contre son gré. Et si le peuple soudanais a clairement choisi de rejeter le pouvoir kaki, le général Al-Burhan devrait tirer les conséquences d’un tel choix si tant est qu’il prétende agir dans l’intérêt de ce même peuple. Autrement, son combat n’aurait pas de sens. Surtout que dans le cas d’espèce, il paraît dirigé contre les intérêts du peuple. En tout état de cause, on ne peut pas faire le bonheur de quelqu’un à sa place.

Le général al-Burhan et ses camarades pourraient avoir de sérieux soucis à se faire si tout le pays devait courir à la paralysie

Et l’expérience de la chute de l’autocrate Omar el Béchir, dans les conditions que l’on sait, après plusieurs mois de contestation, est la preuve que le peuple soudanais sait lutter. Le général al-Burhan est averti et il aurait tort de le sous-estimer. Surtout que l’on s’interroge encore sur l’adhésion totale, pleine et entière de tous les autres corps de la Grande muette, à ce coup d’Etat qui suscite de vives réactions au delà même des frontières du pays. De là à penser que l’aventure du général al-Burhan dans l’initiation de ce pronunciamiento contesté, est bien partie pour tourner court, il y a un pas qu’il faut cependant se garder de franchir. Car, tout porte à croire que les putschistes du 25 octobre sont décidés à défendre bec et ongles ou plutôt « lacrys et kalach » leur « bifteck », à en juger par la répression barbare et sanglante de la contestation. Mais le général al-Burhan et ses hommes doivent comprendre qu’aussi dissuasive qu’elle puisse paraître, cette répression sanglante a aussi ses limites en ce qu’elle pourrait en mettre les auteurs dans le collimateur de la Cour pénale internationale en cas de massacres à grande échelle. En tout état de cause, aucun dictateur, aussi puissant soit-il, ne peut venir à bout d’un peuple déterminé. Et si la contagion des mouvements de la capitale devait aussi gagner les provinces comme le soutiennent les insurgés qui évoquent les cas d’Atbara, de Port-Soudan, de Dongola, d’Eil-Obeid, de Kosti et on en passe, qui sont déjà dans la danse, le général al-Burhan et ses camarades pourraient avoir de sérieux soucis à se faire dans les jours à venir si tout le pays devait courir à la paralysie. Déjà, les insurgés qui appellent à une marche du million samedi prochain, annoncent que « le 30 octobre sera un jour de mobilisation massive à travers le pays pour faire chuter le gouvernement des généraux et les restes du régime d’el-Béchir ». C’est tout dire de leur détermination et on attend de voir.

« Le Pays »


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