C'est bientôt la célébration de la Noël et de la Saint-Sylvestre. A pratiquement deux semaines de ces fêtes, les Abidjanais se bousculent déjà dans les magasins de commerce. Les maquis et restaurants ne sont pas non plus épargnés par cette fièvre des préparatifs. C’est que leurs tenanciers ont bon espoir que cette année sera bien meilleure que 2020. Pourtant nombre de personnes se plaignent déjà de la cherté des jouets, de la rareté des actes d’achat. Et pour cause, la Covid-19 est passée par là.
La ferveur des préparatifs se fait sentir partout où nous sommes passés. A Adjamé, appelé commune-marché pour ses nombreux lieux de vente d’articles et de produits divers, ce vendredi 10 décembre, toutes les rues commerçantes sont déjà animées. Surtout les grands axes de la commune, bordés de magasins. Avec en prime, le fameux boulevard Nangui Abrogoua et ses rues adjacentes fortement embouteillées en cette période de fêtes. Des chaussures, des vêtements d'enfants, surtout des jouets, on en trouve un peu partout. Même s'il y a des produits pour les grandes personnes, on préfère satisfaire les enfants en premier. Tout ce monde qui va et vient, n’est pas issu de la commune d’Adjamé uniquement. Une bonne partie vient des autres communes d'Abidjan, voire de l’intérieur du pays, pour s'approvisionner à Adjamé, dont le marché est réputé moins cher et surtout riche en produits et articles variés.
A Attécoubé, on sent également l'approche des fêtes, mais moins qu'à Adjamé tout de même. Certainement parce que cette commune est moins peuplée. Et qu’elle n’occupe pas non plus la position centrale qui est celle de la commune d’Adjamé dans la ville d’Abidjan, un point de convergence et un passage obligé de tous les Abidjanais. A Attécoubé, les commerçants ont renouvelé leurs stocks, ainsi que la nature de leurs différents types de marchandises pour les adapter aux besoins des populations. Certains maquis et restaurants ont tout simplement fait peau neuve, pour afficher une « gueule », plus avenante, plus attrayante et accueillir ainsi l’année nouvelle en beauté et dans des « habits » plutôt neufs.
Clients et commerçants se plaignent de la Covid-19
L'ambiance est certes à la fête dans ces deux communes que nous avons visitées. Mais à en croire les clients et commerçants, la réalité est tout autre à leur niveau. Sidibé Salimata est vendeuse de chaussures dans l'un des marchés d'Adjamé, non loin de la gare routière. "Ça ne marche pas du tout. L'année passée, à cette même période les affaires marchaient déjà très bien. On avait commencé à bien vendre. Les clients venaient nombreux", confie-t-elle. Elle dit pouvoir passer une demi-journée sans rien vendre. Même son de cloche chez Koné Mama et Ouattara Youssouf rencontrés devant leur magasin à Chic Shop. « Pour le moment, les clients ne font pas d'achat », affirment-ils. Devant un magasin de vente de divers articles, notamment des vélos, le gérant se plaint. « Quand les clients viennent, ils demandent les prix des articles et ils s'en vont sans rien acheter. Certains viennent marchander à nouveau, mais repartent bredouilles. Il trouvent que c'est trop cher », explique-t-il. Selon ce commerçant, les clients se livrent à une sorte de comparaison des prix entre les magasins avant de faire un achat selon leur bourse. Chose que confirme Mariam, une cliente, qui explique qu'elle a dû faire le tour de plusieurs magasins, avant de pouvoir faire quelques achats pour ses enfants. Aurélie une jeune commerçante est venue de Daloa pour s’approvisionner à Adjamé. Elle plaide surtout, pour une réduction des prix.
Les commerçants reconnaissent avec euphémisme que les prix pratiqués n’attirent toujours pas le premier venu. Mais pour eux, le véritable problème c'est la Covid-19. En effet, depuis l'apparition de cette maladie, ils peinent à faire venir les marchandises en grande quantité, à cause des mesures de restriction. Les frais de dédouanement sont devenus excessifs.
Le président de l'Ong Cavoequiva à Adjamé confie que cette pandémie a eu un impact négatif sur les activités de son Organisation. Il a perdu une partie de ses partenaires occidentaux. Il devait signer un contrat de partenariat avec des organisations internationales. Mais cela n'a pu avoir lieu du fait des restrictions de déplacement. Du coup, la situation devient compliquée pour offrir des cadeaux aux enfants dont son Ong a la charge.
Pourtant les enfants doivent fêter
A Attécoubé, précisément à Agban- village, alors que nous nous dirigions vers un maquis pour comprendre comment on y prépare les fêtes de fin d'année, un homme nous interpelle. Après que nous lui avons expliqué l'objet de notre présence, il nous fait comprendre que nous sommes dans un village. Et qu’il faut qu'on s'adresse à la chefferie avant d'entreprendre quoi que ce soit. Nous rencontrons alors le secrétaire général de la chefferie. Il s'affairait à l'établissement des documents pour l'organisation d'une fête, au profit des enfants du village. "Le 22 décembre, nous allons organiser une fête ici pour les enfants. Chacun aura droit à un cadeau", a-t-il précisé.
Dans la même veine, nous avons rencontré à Adjamé, Touré Mariam épouse Bakayoko, présidente de l'Union des veuves et femmes démunies d'Adjamé. Une Ong qui compte aujourd'hui un millier d'orphelins. Chaque année, elle organise un arbre de Noël pour ces enfants, en leur offrant des cadeaux. Cette année, elle appelle les donateurs à agir pour le bonheur de ces orphelins. Idem pour les responsables de Cavoequiva, qui sont à la recherche de fonds pour offrir des cadeaux à la centaine de filles âgées de 0 à 17 ans au centre de transit communautaire de l'Ong. Certains chefs de famille, ont tout simplement choisi de fêter à la maison, pour égayer leurs enfants. "Ça leur évitera de s'exposer à la maladie à Coronavirus et à l'insécurité", confie ce père de famille.
Diomandé Karamoko





