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Enquête du jeudi. Location de maisons:Des propriétaires hors-la-loi (1/2)

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Les propriétaires ou promoteurs exigent bien souvent des sommes faramineuses des demandeurs, au titre de la caution et de l’avance sur le loyer, avant de leur céder les clés de la maison. Contre cette situation abusive, une loi limitant les avances de loyer et la caution à deux mois chacune, a été adoptée le 29 mai 2018.

Dans la mise en œuvre de cette loi, qui préconise aussi l’établissement d’un contrat de bail, Bruno Nabagné Koné, ministre du logement de la construction et de l’urbanisme a lancé officiellement, le 21 janvier 2021, le contrat sécurisé de bail à usage d’habitation.

Ce contrat vient encadrer les rapports entre bailleurs et locataires. Entre autres caractéristiques, il stipule qu’une révision du loyer n’est possible qu’après 3 ans. Et le bailleur est tenu de rembourser la caution dans un délai de 30 jours. Le locataire ne peut céder son bail ou le sous-louer. Si ce contrat sécurisé de bail à usage d’habitation a pour objet principal de faciliter l’accès aux logements, sur le terrain, son application reste un problème.

C’est bien malgré eux-mêmes que ces derniers, dont nombreux n’ont toujours pas connaissance de ladite loi, se plient aux exigences pécuniaires des propriétaires. En plus, il n’existe pratiquement plus de logements à la portée des bourses moyennes. Tant la spéculation immobilière est forte. « J’ai dû payer 6 mois de caution et 6 mois d’avance pour l’appartement de deux pièces que j‘occupe avec ma famille », nous confie Gérard. Il s’est vu obligé de prendre cet appartement dans un quartier populaire d’Adjamé. Cela faisait pratiquement 5 mois qu’il était à la recherche d’une maison à louer. Cela a été même un soulagement pour lui d’avoir cet appartement bien que la caution soit élevée. Car plusieurs autres personnes en quête de location immobilière, étaient prêtes à verser cette caution pour l’avoir. Ce couturier explique que son propriétaire lui a réclamé 4 mois de caution et 4 mois d’avance. « Quand tu leur demandes de diminuer, ils te disent sans sourciller que si tu ne veux pas, d’autres personnes viendront prendre. Et c’est une réalité. Quand vous refusez, vous constatez que d’autres personnes viennent proposer le double », explique cette commerçante. Elle cherchait un magasin à louer. Ce qu’on lui a proposé coûtait 50 000 par mois. Et le propriétaire lui a demandé 500 000 francs comme caution et avance. Elle n’avait pas cette somme. A sa grande surprise, le jour qui a suivi, elle a remarqué que le magasin avait trouvé un occupant. Comme on le constate, la demande reste forte à Abidjan. Et les locataires se bousculent pour trouver une maison à louer. Une situation qui continue de profiter aux propriétaires de maisons.


Des locataires sceptiques


Les populations, surtout les locataires sont sceptiques quant au respect des mesures prises par le ministère logement. « La question, c’est comment mettre cela en application. Puisque ceux qu’ils enverront sur le terrain pour le contrôle, se laisseront corrompre forcément. On a l’habitude de voir cela dans ce pays », déclare Stéphane, instituteur. Il n’est pas certain que les Ivoiriens pourront appliquer cette décision surtout que l'imprimé du contrat de bail a un coût : 10 000 francs. Qui est prêt à payer cette somme ? Déjà, certaines personnes trouvent que c’est pour l’Etat une manière de se faire de l’argent, ajoute-t-il Même son de cloche chez Aminata qui a dû emménager dans un baraquement au sein d’un quartier précaire, avec ses enfants parce qu’elle n’a pas pu réunir l’argent nécessaire pour payer la caution d’une maison en dur. Elle se demande comment l’Etat pourra imposer ce contrat de bail aux populations.

Hamed quant à lui, propose plutôt aux pouvoirs publics, de mettre en place, dans chaque commune, une brigade chargée de veiller au respect des dispositions de ce contrat.

Les démarcheurs et autres intermédiaires véreux, sont également au banc des accusés. On les accuse d’être à la base de cette situation et surtout de l’entretenir vaille que vaille. Dès qu’ils parviennent à trouver une maison pour un locataire, leurs commissions équivalent à un mois de loyer. « Les propriétaires de maison sont compliqués » déclare un commissaire de justice. Une façon pour lui d’accuser clairement les propriétaires de maison, avant de s’avouer impuissant face à la situation.

Les propriétaires, à leur niveau, se défendent en mettant tout sur le compte du coût du matériel de construction de plus en plus élevé, et l’impôt à payer. Trop facile comme explication pour justifier ces augmentations anarchiques continues des cautions et des loyers des logements proposés à la location.

Diomandé Karamoko



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