Leur tante, d’origine burkinabé vit à Abidjan avec son mari, précisément à la Riviera M’Badon dans la commune de Cocody. Financièrement le couple se porte bien. La dame décide donc de faire venir ses deux jeunes frère et sœur du Burkina. C’est ainsi que N. Armand et N. Judith atterrissent chez celle qu’ils appellent leur tante. Armand devient chauffeur du couple. Quant à la fille, elle doit faire le ménage. Les deux reçoivent non seulement leur salaire, mais ils sont aussi logés et nourris par le couple. Mais il se trouve que cela ne les suffit pas. Ils veulent plus. Leur tante et son mari ont assez d’argent. Le chauffeur et la fille de ménage cherchent donc et trouvent une occasion de s’en mettre plein les poches. En effet, Armand en premier parvient à distraire leurs tuteurs et entre dans la chambre, ouvre le placard puis le sac contenant une forte somme. Il se sert une première fois, puis une seconde fois. Il a certainement sifflé l’information à sa sœur Judith. Car celle-ci à son tour, vient se servir toujours discrètement. Chacun parvient à prendre la somme de 10 millions de Fcfa. Un désastre pour le couple qui va se rendre compte plus tard qu’il a été dévasté. Le soupçon pèse d’abord sur tous ceux qui habitent la maison. Puisqu’il n’y a pas eu de casse. Puis les choses commencent à se préciser à l’encontre du chauffeur et la fille de ménage. Ils sont conduits à la police. Soumis à un interrogatoire régulier, ils reconnaissent leur forfait. Mais qu’ont-ils fait avec toute cette somme ? C’est là qu’une troisième personne entre en lice, K. Aimé, qu’ils ont tenté de couvrir au départ. Aimé gardait une partie des sommes volées par Judith. Elle lui a même offert un téléphone portable de marque. A la police, Aimé ne reconnait cependant pas les faits de recèle d’argent volé mis à sa charge. Il est tout de même conduit au parquet du Plateau avec les deux autres pour comparaitre devant un juge.
A la barre, Armand et Judith reconnaissent sans difficulté les faits de vol mis à leur charge. Aimé, lui continue de nier tout en bloc. Mais Judith déclare à la barre qu’elle lui a offert un téléphone portable de grande marque à 700 000 francs et de l’argent. Un acte qu’il a finalement reconnu. Elle lui a également envoyé un message téléphonique pour lui dire qu’elle dispose d’un million. Et Aimé a répondu pour lui dire de lui confier cette somme. Ce qu’il reconnait aussi. Malgré cela, il prétend ne pas connaitre ce que fait Judith comme travail alors qu’ils se fréquente depuis 6 ans. « Pourquoi, vous acceptez tant d’argent d’elle alors que vous ne savez pas le travail qu’elle fait ?». A cette question du juge, le prévenu a répondu que la fille lui a dit que c’est son cadeau de Saint Valentin.
L’avocat du couple a quant à lui a crié sa colère et à la fois sa tristesse face à cette situation. Vu que sa cliente devient ici victime de sa largesse. Des frères et sœurs à qui elle a voulu rendre service qui agissent de la sorte. Pour lui, le receleur est le véritable instigateur. Il a demandé à la juge de leur infliger à tous, une peine exemplaire. L’avocat qui pense que le préjudice va au-delà des 20 millions de Fcfa volés, a toutefois demandé un franc symbolique à titre de dommage et intérêt. La procureure après avoir rappelé les faits, a estimé que les trois prévenus sont coupables des faits qui leur sont reprochés. En conséquence, elle a requis à leur encontre 5 ans de prison ferme et 200 000 francs d’amende chacun. La juge après en avoir délibéré a déclaré Armand et Judith coupables de vol et Aimé coupable de recèle d’argent volé. Et les a tous condamnés à 5 ans de prison ferme et un million de francs d’amende. Elle a déclaré recevable la constitution de partie civile du couple et a condamné les prévenus à leur verser un franc symbolique à titre de dommage et intérêt.
Diomandé Karamoko





