Depuis 2015, les abidjanais s’habituent à un nouveau type de transport urbain. Des Start up ont créé des applications pouvant mettre directement en relation des clients et des prestataires (chauffeurs). Un modèle de transport urbain appelé Voiture de transport avec chauffeur(Vtc), déjà développé en Europe, aux Etats Unis. Et qui, petit à petit prend de l’ampleur en Côte d’Ivoire. Non sans être perçu par les opérateurs déjà évoluant sur le marché du transport urbain, comme des concurrents illégaux..
Comprendre le fonctionnement des Vtc
Pour mieux comprendre ce nouveau système, nous décidons d’effectuer des déplacements en Vtc. Le dimanche, 20 mars dernier, nous avons rendez-vous à Adjamé, non loin de la mairie. Nous décidons d’emprunter l’un de ces véhicules de transport avec chauffeur(Vtc) où taxi sur commande. Nous ouvrons à cet effet l’application de Yango, l’une des structures de mise en relation avec chauffeur. Sur la plateforme, pour attirer la clientèle, un message promotionnel est affiché pour annoncer une réduction de 20% sur le transport. On vous propose des prix en mode économique et en mode confort, après que nous avons décliné notre destination, donné des informations sur notre identité et nos cordonnées. D’Attécoubé terminus 04 à la mairie d’Adjamé, Yango affiche 800 francs en économique et 1100 francs en confort. Nous choisissons le tarif économique. Dans les minutes qui suivent, l’identité et le contact d’un chauffeur s’affiche avec le numéro d’immatriculation, le type de véhicule, de même que sa couleur. On nous signale à partir d’un compte à rebours, que dans 5 minutes, le véhicule sera à notre niveau. Puis c’est le chauffeur en question qui nous joint au téléphone, pour s’assurer qu’il s’agit bien de nous, avant de confirmer qu’effectivement il sera dans peu de temps à notre niveau. Promesse qu’il va tenir et nous conduire à destination.
Mercredi, 23 mars, cette fois nous devons nous rendre au siège de Uber à Cocody riviera Bonoumin. Une fois dans la commune, au niveau de Doraville, nous commandons un véhicule sur l’application de Uber. Le système est sensiblement le même que Yango. Nous communiquons par message écrit avec le chauffeur jusqu’à ce qu’il arrive à notre niveau. Nous y embarquons jusqu’à destination sans difficulté avec un tarif relativement bas de 500 francs.
C’est un système de transport urbain qui tranche avec la méthode traditionnelle des taxis que nombre d’Abidjanais semblent avoir adopter. « Ce qui est bien avec les Vtc est qu’ils ne refusent pas de destination. Et on a une idée des frais de transport dès la commande », explique M. Dosso. Et l’on n’a pas besoin de se déplacer pour les emprunter. Ils viennent vous trouver sur place. « C’est facile et rapide, c’est fiable en terme de sécurité », expliquent deux jeunes commerçants qui ont pris l’habitude de les emprunter pour leurs courses. Puisqu’ils ont au préalable toutes les informations sur le chauffeur et le véhicule qu’ils empruntent. De plus la plupart des véhicules en circulation sont neufs, climatisés et constamment propres. A la différence des taxis traditionnels qui émanent en majorité des marchés d’occasions et dont une grande partie est en mauvais état.
Des conditions de collaboration simplifiées
Comment devient-on chauffeur de Vtc et que gagne chaque partie ? A ces préoccupations, ce chauffeur de Yango explique qu’il suffit de se rendre au siège de cette entreprise, avec son véhicule et les pièces afférentes. Et bien sûr son permis de conduire et ses cordonnées pour proposer sa collaboration. On vous fait télécharger l’application qui permettra de vous mettre en relation avec les clients. « Sur chaque client, Yango a sa part. Pour un trajet de 1000 francs, Yango peut prendre 200 francs et vous reverser le reste », précise le chauffeur. Pour ce qui concerne le propriétaire du véhicule, sa recette s’élève à 20 000 francs. « C’est une question de pourcentage. Pour un client transporté à 1000 francs par exemple, Uber peut prendre 150 francs », confie un chauffeur de Uber. Pour ce qui concerne la recette, chaque propriétaire est libre de fixer son montant. Et comment travailler avec l’application de Uber ? Il faut se rendre à Uber avec les pièces du véhicule. Le chauffeur a aussi le choix de scanner les documents pour les envoyer via l’application.
Au siège d’Uber, l’employée qui nous reçoit, en l’absence de la directrice précise que, Uber n’a pas de véhicule. Uber propose deux gammes de produits en confort avec 20% et en taxi 10%. Quant au chauffeur et le propriétaire du véhicule, « ils s’entendent entre eux », précise-t-elle. Pour collaborer avec Uber, elle confirme ce qu’a dit le chauffeur.
Le principe de fonctionnement de ces entreprises est donc qu’elles se proposent de mettre les chauffeurs en relation avec des clients, via leur application. En retour, sur chaque client, elles ont une part en termes de pourcentage. Et elles reversent le reste dans le compte du chauffeur. Lequel à son tour, fait le point à son patron, propriétaire du véhicule qui le paye.
Karamoko Diomandé





