La question sécuritaire est également la principale préoccupation des enseignants d’Eps, exerçant sur le terrain de sport Delafosse des 220 logements d’Adjamé. Le problème de la sécurité reste le plus crucial au niveau du stade Delafosse des 220 logements à Adjamé, un site clôturé occupé par 7 écoles, au nombre desquelles figurent, les collèges Victor Schœlcher, Montherlant. M. Konan, professeur d’Eps, avec qui nous avons échangé, ne manque pas de cas pour évoquer l’insécurité, qui prévaut sur le site. Il arrive que des personnes qui se trouvent
derrière la clôture prennent le malin plaisir de jeter des pierres sur le terrain pendant que les élèves y suivent les cours. Il se souvient qu’une de ses élèves, qui était à l’écart pour cause de maladie, a reçu une pierre au genoux. Malheureusement, la pauvre fille a été blessée. Certaines fois, des jeunes gens qui se bagarrent, se retrouvent sur le site. Leur irruption perturbe du coup les cours. Il faut alors user de tact et de rigueur pour maintenir les élèves sur place. Une situation que les professeurs arrivent la plupart du temps à gérer. Mais quand il s’agit de faire face aux pétards, la réaction n’est plus la même. En effet, à la veille des fêtes de Noël et du Nouvel an, des jeunes gens vont les déloger en utilisant des pétards. En pareille circonstance, c’est la débandade. Les élèves quittent le site en toute vitesse. Aucune parole ne peut les maintenir sur place.
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Constitué uniquement d’un terrain de football, l’espace de Delafosse s’avère exiguë selon les remarques de Konan. « Au départ chaque école avait un espace, mais au fil des activités, nous sommes emmenés à nous déplacer. Quand deux enseignants veulent effectuer une même activité à la même heure, ils s’arrangent comme ils peuvent afin que tout se passe le mieux possible ». Cet enseignant d’Eps déplore aussi l’état du sol. Selon lui, s’il sied à la pratique de certaines activités sportives telles que la gymnastique, il n’en n’est pas de même pour le saut en hauteur, en longueur, et bien d’autres. « Quand je dois faire le saut en longueur, je suis emmené à rassembler une certaine quantité de sable à l’endroit choisi ». Cette triste réalité n’est pas que l’apanage du terrain Delafosse des 220 logements d’Adjamé. Elle est également constatée au complexe sportif Jessie Jackson de Yopougon.
« Les parkings sont partagés »
Ce complexe est également utilisé par plusieurs établissements de la populeuse commune de Yopougon pour les cours d’Eps. Les espaces réservés aux cours d’Eps sont des terrains de Maracana, de basket-ball, ainsi que les autres endroits du site n’abritant pas d’aire de jeu. Contrairement aux terrains d’Abobote, d’Akeikoi-village et du terrain Delafosse, les centres de formation de football n’utilisent pas les mêmes terrains que les élèves. Un terrain de football fait avec du gazon synthétique est mis à leur disposition. Les autres aires de jeu sont réservées aux élèves. Cela pour dire que chacun des utilisateurs du site connait l’espace qui lui est réservé. Toutefois, un maitre d’éducation physique et sportive relève avec amertume que le sol n’est pas de nature à favoriser la pratique de certaines activités sportives avec les élèves. Et cela à cause de l’épaisseur qu’il ne juge pas assez suffisante. Il y a aussi un fait qu’un élève du collège Victor Schœlcher a dénoncé. Il trouve gênante l’organisation des activités culturelles sur le lieu. En ce sens que ces évènements qui nécessitent l’installation de podiums, bâches, chaises et autres, réduisent considérablement, l’espace qui leur est réservé. De l’avis de Christian Lopez, professeur d’Eps au collège Victor Schœlcher, généralement, les promoteurs de spectacles, trouvent un terrain d’entente avec les professeurs d’Eps avant de commencer leurs activités. Les promoteurs tiennent compte des propositions des professeurs, afin que tout se déroule pour le mieux aussi bien pour les uns et les autres. Comme on peut le constater, chaque site utilisé pour les cours d’Eps, que nous avons visité, est confronté à des problèmes, et non des moindres. Mais toutes ces difficultés auraient pu être évitées ou atténuées si en amont, les fondateurs avaient pris le soin de construire des terrains qui sont propres à leurs établissements respectifs.
Junior Jeremy





