Le jeune Charles Kouassi a maille à partir avec la justice. De nationalité ivoirienne, 30 ans révolus, il est célibataire. Non scolarisé et sans formation professionnelle, ses chances pour occuper un premier emploi, restent très minces. Pour autant, son statut de célibataire et de chômeur, ne l'ont pas empêché de faire trois enfants, au cours de ses aventures amoureuses. D'autres parleraient de virées noctures, dans le cas d'espèce. Là, n'est pas vraiment le problème.
Le vrai problème, c'est que le susnommé appartient à une bande de trois jeunes gens, qui se prénomment K. C., A. K. et A.B. Ils auraient pu rester ensemble, dans le meilleur des cas, comme des joyeux lurons. Mais, Ils sont allés plus loin, pour devenir - pire des cas - des larrons. Ils n'habitent pas le même quartier mais cela ne les empêche pas de se retrouver très rapidement, à chaque fois qu'il s'agit de mener un "coup fumant". Toutes proportions gardées, l'histoire de ces trois jeunes gens ressemble à celle bien connue des "trois larrons en foire".
Le jeudi 7 avril 2022, un seul d'entre eux, en l'occurrence C.K., répond à la place des autres, devant le Tribunal des flagrants délits (1) de Grand - Bassam, pour "tentative de vol (2) d'un ordinateur portable".
Les faits : très tard dans la nuit du 28 au 29 mars 2022, M. Sacko qui dormait tranquillement chez lui, est réveillé par des bruits provenant du salon de sa résidence. Une fois sorti de sa chambre, il aperçoit un quidam, dans une posture qui laisse croire, sans l'ombre d'un doute, qu'un cambrioleur venait de faire irruption dans son domicile. Le maître des lieux lance alors des cris de détresse, pour attirer l'attention des voisins et leur demander de venir à son secours. Ses voisins ne tarderont pas à se présenter, pour l'aider à extraire le visiteur indésirable, de l'antivol où il s'était retrouvé coincé.
Le cambrioleur ne se souvient de rien
C'est dans un était d'ébriété très avancé, que le nommé Kouassi Charles va se retrouver au "violon" du commissariat de police de Grand - Bassam. L'homme déclare à l'audience, ne pas savoir les circonstances qui l'ont amené là, où il n'a pas souhaité être. Selon ses déclarations - qui ont arraché quelques rires aux uns et des cris de désapprobation aux autres - c'est quand il a ouvert les yeux, dans la matinée du 29 mars 2022, qu'il s'est rendu compte qu'il était entre les mains de la Police. Comme par enchantement !
Charles ne se souvient vraiment plus de rien. Il sait seulement qu'un certain soir, il est parti de Koumassi, avec son complice Sango, pour retrouver Yanick, le troisème larron, à la cité Modeste de Grand - Bassam.
"J'avais bu…"
Il reconnaît également qu'ils avaient bu plusieurs verres de trop. Donc, ils s'étaient saoûlés, avant d'entretreprendre l'acte répréhensible, qui explique aujourd'hui sa comparution à la barre du Tribunal des flagrants délits.
Le procureur de la République : Vous avez fait quoi après avoir bu ?
Le prévenu : Quand je me suis réveillé dans la matinée du 29 mars, j'ai vu que j'étais à la police.
Le juge : oui, oui, tu l'as déjà dit mais qu'est ce que tu as fait, avant de te retrouver à la Police?
M. le juge, je ne sais pas... On dit que je voulais voler ordinateur de quelqu'un...
On dit que tu voulais voler… Mais toi, tu dis quoi?
On a menti sur moi.
Ah bon ! Et pourtant, tu as reconnu les faits de tentative de vol, à l'enquête préliminaire et devant le Parquet. Tes déclarations se trouvent consignées dans un P. V. (procès-verbal), que tu as lu, approuvé et signé, appuie le procureur de la République, qui charge : Tu as escaladé la clôture du domicile de M. Sacko, pour te retrouver coincé dans l'antivol. Et c'est là que la victime et ses voisins sont venus t'exfiltrer.
Le prévenu : M. le Juge, M. le Procureur, je ne conteste pas les faits. Comme j'avais bu… Jusqu'à ma mort, je ne recommencerai plus.
Dans cette affaire des "trois larrons", le prévenu a d'abord tourné en rond et tenté ensuite de distraire le tribunal, avant d'apprendre à ses dépens, que le fait de commettre un délit ou un crime, sous l'effet de l'alcool, n'est pas "une cause d'irresponsabilité", de nature à innocenter un prévenu.
Au terme de ce procès, Charles Kouassi a été condamné à 24 deux ans ende prison. Le temps pour lui, de méditer longuement sur son acte et surtout, de comprendre qu'après sa sortie de prison, il n'y aura que le travail, qui pourra lui redonner sa dignité perdue.
Touré Mory Frey
1. Tentative. En droit pénal, la tentative constitue une exécution partielle de l'infraction. Elle est constituée dès lors que, manifestée par un commencement d'exécution, l'infraction a été suspendue ou n'a manqué son effet, qu'en raison de circonstances, indépendantes de la volonté de son auteur.
2. Flagrant délit. Le flagrant délit ou délit flagrant est une situation, dans laquelle une infraction est en train d'être commise ou vient d'être commise. Souvent, une personne est prise sur le fait, au moment de son infraction ou immédiatement après et en possession d'indices, laissant supposer sa participation à cette infraction.
Il y a aussi crime ou délit flagrant, lorsque, dans un temps très voisin de l'action, la personne soupçonnée est poursuivie par la clameur publique ou est trouvée en possession d'objets, ou présente des traces ou indices, laissant penser qu'elle a participé au crime ou délit. (Article 77 du Code pénal)





