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Politique

Intérêts civils : 1 franc qui honore la famille Sankara

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Il n’aura fallu que six petites heures au juge Urbain Méda, président de la Chambre de première instance du tribunal militaire de Ouagadougou, et à ses collègues pour liquider le dossier sur les intérêts civils du procès Sankara.

Ouvert le 13 avril dernier, ce second volet du dossier avait été suspendu pour deux semaines, le temps pour les différentes parties de se communiquer les conclusions écrites, en l’occurrence les réclamations et les pièces justificatives. A la reprise le lundi 25 avril 2022, les choses sont allées très vite, l’audience ayant duré de 9 heures à 14 heures et ayant été mise en délibéré pour le 10 mai à 10 heures. On retiendra pour l’essentiel ce qui suit : l’Etat, en sa qualité de partie civile à travers l’agent judiciaire de l’Etat (AJE), a réclamé 1 145 000 000 de francs CFA pour le préjudice qu’il a subi ; les trois (3) avocats étrangers que sont Olivier Bado, Anta Guissé et Ferdinand NZepa s’attendent à une somme forfaitaire de 50 millions. Quant aux avocats nationaux et la famille Sankara, ils ne réclament qu’un franc symbolique. Mais on retiendra de toutes ces prétentions surtout celle de la famille Sankara. En effet, les ayants droit du leader de la révolution d’août 83 ont demandé 1 franc symbolique.

C’est d’ailleurs ce que, dans la Lettre pour Laye du vendredi 15 avril 2022, Passek Taalé suggérait en se demandant comment il serait possible de quantifier et de monnayer la brutale disparition du héros de la révolution. C’est finalement ce franc symbolique qui a été demandé, lequel en réalité honore non seulement les requérants, mais aussi la mémoire de l’illustre disparu. Cette demande est en effet conforme à l’image qu’a laissée le natif de Téma-Bokin, à savoir celle d’un homme intègre, d’une personnalité désincarnée ne s’intéressant presque pas aux choses matérielles d’ici-bas. On ne peut donc que se réjouir de cette prétention. Au demeurant, s’il avait fallu coûte que coûte donner une somme, qu’auraient pu en réalité réclamer Mariam Sankara ses enfants Philippe et Auguste et sa parentèle proche qui puisse remplacer l’irremplaçable, si tant est que la vie de Sankara ou celle d’un autre ait un prix ? Maintenant que l’affaire a été rondement menée, on attend le délibéré le 10 mai pour savoir ce que le tribunal aura décidé en dernier ressort, encore que dans le cas d’espèce on ne voie pas trop comment les juges pourraient ne pas accéder à la requête des proches du défunt président du Conseil national de la révolution.

Abdou Karim Sawadogo


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