D.L, le jeune frère et D.M, sa grande sœur sont sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) depuis décembre 2017 et leur mère quant à elle les y a rejoint en juillet 2018. Et pour cause, ils sont tous les trois mis en cause dans une affaire de meurtre. Le 29 novembre 2017, à Abobo, précisément au quartier Sagbé, Koné Mamadou, agressé par un groupe de jeunes munis d’armes blanches, est décédé des suites de ses blessures à l’hôpital. Le lendemain, le père de la victime a saisi le commissariat du 21ème arrondissement d’Abobo, d’une plainte contre cette mère et ses deux enfants pour avoir donné la mort à son fils. Des témoins de la scène ont déclaré avoir vu la mère et sa fille sur le lieu de l’agression avec le groupe de jeunes armés. Et D.L, également munie d’arme blanche, aurait participé à l’agression qui a abouti à la mort de la victime. Le jeune homme et sa sœur sont alors interpellés par la police. Après les avoir entendus, ils sont tous les deux conduits devant le parquet du Plateau. D.L pour répondre des faits de meurtre du jeune Koné Mamadou et sa grande sœur pour complicité de meurtre. C’est quelques mois plus tard que la mère qui avait trouvé refuge dans un autre quartier, est interpellée à son tour. Entendue également par la police, elle est déférée au parquet du Plateau pour complicité de meurtre. Ils ont comparu devant le tribunal pour répondre des faits mis à leur charge.
« Je reconnais qu’il a été tué par ma faute », a déclaré D.L alias Sogotigui à la barre. Et quand le juge lui demande plus de détail, il poursuit en ces termes : « Il y a eu une affaire de moto entre Koné Mamadou et moi. Parce que j’ai refusé qu’il vienne garer sa moto devant chez nous, alors un jour, lorsque que je passais devant leur cours, aux environs de 20 heures, lui et ses amis m’ont agressé. J’étais très mal en point. Je saignais beaucoup. J’ai dû me débrouiller pour appeler ma grande sœur dans une cabine, pour m’accompagner dans une clinique. Après avoir reçu les premiers soins, je suis rentré dans les toilettes de la clinique, pour appeler mes amis et les informer que j’ai été agressé par Koné Mamadou et ses amis ». « Pourquoi les avoir appelés ? ». A cette question du juge, le prévenu répond : « J’étais fâché. Je leur ai donc demandé d’aller me venger ». Après les soins, il est rentré à la maison en compagnie de sa grande sœur et sa maman. Et environ 1 heure 30 minutes après, il apprend que Koné Mamadou est mort des suites d’une agression perpétrée par ses amis, à qui il avait demandé de le venger. Il n’était pas présent au moment où la victime se faisait agresser, selon lui. Mais quand le juge interroge la grande sœur D.M, cette dernière explique qu’elle est rentrée un peu plus tôt que son frère de la clinique. Et que leur maman n’y était pas avec eux. Quant à la mère, elle explique qu’elle n’avait aucune idée de ce qui se passait. Elle n’aurait été informée que plus tard par des dames. Des propos qui viennent contredire D.L.
Les témoins qui devaient confondre les prévenus ont brillé par leur absence à l’audience. Le procureur a toutefois battu en brèche les déclarations des prévenus. Selon lui, non seulement la mère et sa fille ont proféré des menaces, mais elles ont assisté à l’agression de la victime. Le fils a effectivement participé. Il a demandé en conséquence au juge de les reconnaitre tous coupables des faits mis à leur charge. Et de les condamner à 20 ans de prison ferme sans préjudice des peines complémentaires. Pour l’avocat des prévenus, la mère et sa fille ne sont pas mêlées à cette affaire. C’était une guerre entre deux groupes qui a conduit à la mort de Koné Mamadou. Le juge a par la suite donné la parole aux prévenus. « Je vous demande pardon. Libérez ma maman et ma grande sœur », a pu dire D.L au juge. C’est le 11 mai que le juge décidera de leur sort.
Diomandé Karamoko





