Les fidèles musulmans ivoiriens, ont célébré avec faste la fête marquant la fin du Ramadan, le lundi 2 mai. Tous les coins de rues des quartiers des communes d’Adjamé et Attécoubé étaient bondés de monde. Les enfants comme les grandes personnes, hommes et femmes avaient porté leurs plus beaux boubous pour la circonstance et affluaient progressivement vers les lieux de prière. « J’ai prié à la mosquée Adja d’Attécoubé. C’est là que j‘ai l’habitude de prier. Mais cette année, j’ai eu l’impression qu’il y avait un peu plus de monde », a confié ce fidèle. A la grande mosquée et d’autres mosquées de la commune, l’atmosphère étaient sensiblement la même. Un tour dans la commune voisine d’Adjamé pour constater la situation qui prévaut. Quelques commerçants étaient encore devant leur étalage. « Oui, ça va. Comme après la prière, certaines personnes viennent faire les derniers achats pour la fête, alors j‘ai décidé d’ouvrir mon commerce », explique ce commerçant. Ibrahim, couturier a dû se dépêcher dans son atelier dès qu’il a fini la prière dans la mosquée du quartier, pour honorer les derniers rendez-vous avec ses clients. La gare nord de la Sotra a également servi de lieu de prière pour les fidèles musulmans. « Je viens de là-bas. C’était bien plein », confie un fidèle. Selon lui, cette gare a très souvent servi de lieu de prière lors de la fête du Ramadan. Mais pendant la période de la Covid-19, la Sotra ne cédait plus cet espace. Cette année, on a pu prier. Toute chose qui vient dire que l’allégement des mesures barrière contre cette pandémie, a favorisé cette ambiance et l’affluence vers les lieux de culte.
Une chose est cependant à déplorer. C’est la rareté de la volaille, pourtant recherchée et sans laquelle, la fête perd certainement son caractère festif. « Il n’y a pas eu assez de poulets cette année. Déjà à environ une semaine de la fête, on disait qu’il n’y aura pas de poulet de 3500 francs Cfa cette année comme d’habitude », explique Ousmane. Et dès 3 jours avant la fête, les poulets de 3500 francs se vendaient à 4000 francs Cfa. « A la veille de la fête, j‘ai failli ne pas en trouver. J‘ai fait le tour des points de vente habituels. Les poulets étaient rares. Les quelques-uns que je trouvais étaient au-dessus de mon pouvoir d’achat. On les vendait à 4000 francs et 5000 francs selon la qualité. Et les plus grosses pondeuses étaient vendues à 9500 francs », explique Aboubacar. D’autres personnes à la recherche de poulets à acheter, venaient à tour de rôle demander les prix. Et les plus nantis, achetaient le peu qui reste à ces prix d’or. Et cela faisaient l’affaire des vendeurs. « Il n’y a pas de poulets. On n’est pas sûr qu’il y’ aura d’autres livraisons. Il faut prendre ce qui est là », lançait un vendeur à son client qui hésitait encore à cause du prix. Dans la soirée du dimanche, la quasi-totalité des lieux de vente de poulets étaient vide. « J’ai envoyé mon petit frère, acheter des poulets, et il m’a dit qu’il n’en a pas trouvé à Adjamé. Et qu’il a été obligé de se rendre à Yopougon. Là encore il n’a rien eu. C’est en ce moment que je me suis rendu compte de la gravité de la situation », explique Mohamed. C’est le matin avant l’heure de la prière du Ramadan qu’il a pu avoir deux poulets chacun à 5000 francs. Après la prière nous nous sommes rendus au marché de Bromakoté à Adjamé où les revendeurs vont se ravitailler, pour mieux comprendre cette situation. Là également, il n’y avait pas assez de poulets. Un seul véhicule venait de faire un déchargement de volailles. Inutile de dire que les prix étaient élevés. « Vous vendez ces poulets à combien ? », nous leur avons demandé. « Ceux qui sont en bas sont à 13 000 francs. Ceux d’en haut à 15000 francs », dit le vendeur. « Ce sont des moutons ? », a interrogé un autre client surpris par cette hausse spectaculaire du prix des poulets.
Sur les raisons de cette situation, Certains vendeurs confient que même où ils se ravitaillent au Burkina et au Mali, il n’y a pas assez de poulets. Mais, on peut le dire sans se tromper, que cela est certainement dû au terrorisme qui fait de nombreux morts et des déplacés dans ces pays. Et si l’on n’y prend garde, la même situation pourrait se présenter pendant la fête de Tabaski à l’achat du mouton. Donc dans deux mois dix jours, après le Ramadan.
Diomandé Karamoko





