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Au tribunal. Moteur introuvable, voiture dégradée…

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Les prénommés Assa et Mori ressemblent à deux crocodiles d'une même mare : le premier est mécanicien de profession et le second, ferrailleur de son état. Sur plainte du propriétaire d'un véhicule, le prénommé Jacob - qu'ils ont grugé sans modération - les deux prévenus comparaissent ensemble, à l'audience du Tribunal correctionnel de Grand-Bassam, le jeudi 21 avril 2022. Assa 47 ans et Mori 38 ans, comparaissent pour répondre d'une part, des faits de "dégâts volontaires sur la propriété mobilière d'autrui" et d'autre part, des faits d' "abus de confiance".

L'affaire remonte à l'année 2017. Jacob vient d'acquérir fraîchement une voiture de son goût, grâce à des économies, réalisées par ces temps de dur labeur. Malheureusement, le véhicule ne tarde pas s’essouffler, faute de disposer d'un moteur en bon état. Il se rend derechef dans le garage d'un mécanicien qu'il connaît bien et en qui il a placé toute sa confiance : le prénommé Assa.

Les choses se seraient peut-être bien passées entre le propriétaire du véhicule et le garagiste, si un certain "ferrailleur" n'était pas venu promptement proposer ses services, comme facilitateur, pour l'achat d'un nouveau moteur. Entretemps, le mécanicien avait réussi à convaincre son client, propriétaire du véhicule, de ce qu'il trouverait son salut dans l'achat d'un moteur à essence, pour remplacer celui à diesel.
L'affaire est confiée à Mori que Assa pratique et connaît bien également. Le ferrailleur qui va ainsi décrocher un marché juteux, fixe tout de suite le prix de la future marchandise : 885 000 F. Faute de pouvoir payer cash cette somme, Jacob procède par des versements successifs, jusqu'à s'acquitter de l'intégralité du montant exigé par Mori, pour l'achat du moteur.


Les semaines, les mois, les années passent…


Pour autant, rien ne bouge du côté des deux "crocos". Assa et Mori ne donnent plus signe de vie. Et les jours passent. Les semaines aussi. Les mois passent. Les années passent... Jacob décide un jour, de se rendre lui - même, au garage du mécanicien Assa. C'est un garage à ciel ouvert. Une fois sur les lieux, il est gagné à la fois, par la stupéfaction et la désolation . Son véhicule, sans nouveau moteur, est dans un état de "dégradation avancé" : vitres et parebrise brisés, fauteuils déchirés et méconnaissables, antenne arrachée...
Après avoir constaté les dégâts sur son véhicule, Jacob ne se fait pas prier, pour faire des prises de vue, qu'il présentera à qui de droit. Il aura ensuite recours à un expert en la matière, qui évaluera les dommages à près de trois 3 200 000 F.


Interrogé par le juge, sur les faits qui lui sont reprochés, notamment les dégâts subis par le véhicule, Assa relève qu'ils sont le fait des intempéries naturelles (soleil, pluie), conjuguées avec l'usure du temps.


L'avocat de la partie civile (1) s'inscrit en faux contre cette réponse de Assa, en lui rappelant, procès-verbal à l'appui, ce qu'il avait déclaré pendant l'enquête préliminaire : «Vous avez déclaré à la Gendarmerie, que ce sont des voleurs qui ont cassé les vitres, pour s'emparer des accessoires du véhicule. C'est grave : vous contestez aujourd'hui, un acte juridique authentique..."


Le procureur de la République rejette les allégations du mécanicien, en le mettant devant ses responsabilités : "Vos justifications, qui avancent que les intempéries sont la cause des dégradations du véhicule de Jacob, ne tiennent pas la route. Quand on confie un véhicule à un garagiste, il doit en prendre soin. Vous deviez bien garder le véhicule, comme un bon père de famille garde un objet précieux qu'on lui a confié."

L'avocat du plaignant Jacob, n'a qu'une seule préoccupation : amener la justice à faire diligence, pour dédommager son client. Il a réclamé la somme de 3 195 000 F comme dommages et intérêts. Le tribunal a condamné les prévenus à 12 mois d’emprisonnement et à 100 000 F d'amende.


 Mory-Frey Touré




1. Constitution de partie civile : la partie civile est la personne (physique ou morale), qui s'estime victime d'une infraction, acte interdit par la loi et punie d'une sanction pénale, et qui intervient dans une procédure, pour obtenir une indemnisation de son préjudice. La constitution de partie civile peut se faire à tout moment de la procédure : au moment du dépôt de la plainte et jusqu'au jour de l'audience.




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