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Politique

Bénin. La main tendue de Talon à Yayi et Soglo divise

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À la suite de sa rencontre avec son prédécesseur Boni Yayi le lundi 13 juin dernier, le président Patrice Talon a promis l’instauration d’un cadre de concertation périodique entre les Chefs d’État en exercice et les chefs d’État anciens. Il propose même d’élaborer un cadre législatif formel, afin de fixer les modalités de cette collaboration et d’en indiquer les orientations. Cette promesse du président béninois pour faire profiter de l’expérience des anciens n’a pas rencontré l’approbation de l’opposition qui y voit un moyen de fragiliser l’influence politique des anciens Chefs d’État.

La gestion du pouvoir doit s’inspirer désormais de l’expérience des anciens. C’est ce qui transparaît dans la déclaration du Président Patrice Talon, à l'issue de son entrevue avec son prédécesseur Boni Yayi, ayant permis d’analyser plusieurs sujets de la vie politique au Bénin. « Nous allons formaliser ce cadre d’échange et de contact entre les anciens Présidents et le Président en exercice. De sorte que je puisse profiter de vous, et que mon successeur puisse profiter de vous et de moi », a promis Patrice Talon.

Cette coopération annoncée des chefs d’État béninois en exercice avec les anciens, vise à faire profiter par les plus jeunes, de la riche expérience des aînés. Talon inspire à travers cette déclaration, la promotion d’un leadership sur fond du droit d’aînesse, caractéristique de la tradition africaine.


S’inspirer des anciens ou affaiblir les anciens


Dans l’opinion publique, l'annonce par le Chef de l’exécutif béninois de cette mesure suggérée par Boni Yayi lors de sa précédente visite le 22 septembre 2021 dernier, est diversement appréciée. Pour certains, il s’agit d’une manière de renforcer la démocratie béninoise en associant les avis (assurément éclairés) des anciens chefs d’État à la gestion du pouvoir politique et à la résolution des grands défis de l’heure.

« Recourir aux aînés est une tradition africaine. En marge des retombées politiques, la mise en œuvre de cette promesse consacrera le droit d’aînesse au sommet de l’État et donnera aux jeunes générations, l’exemple d’une valeur en voie de disparition sous nos cieux», a prédit Edwige, enseignante de philosophie. Elle est soutenue par Hubert Sossou qui voit en cette initiative une voie de décrispation du climat socio-politique. « Il faut que cette décision soit mise en œuvre pour un apaisement du climat socio-politique au Bénin, en cette veille des législatives », a suggéré le sociologue.

Le contexte pré-électoral a été agité par d’autres opinions, pour décrier l'annonce de Patrice Talon qui, selon elles, envisage d’assurer ses arrières à travers cette promesse. « Cette déclaration cache quelque chose. Depuis le 22 septembre 2021, le Président Yayi avait sollicité un cadre de concertation avec les anciens Chefs d’État. Pourquoi c’est maintenant, à quelques mois des législatives seulement qu’il fait une promesse qui en augure une suite favorable? », s’est questionné David Sossou, juriste, rejoint par Théophile Totin, agent comptable. Il entrevoit une manœuvre du Chef de l’exécutif pour dissimuler ses arrières. « Talon sait qu’il a des dossiers qui peuvent le rattraper à tout moment. Il veut prendre ses dispositions pour assurer ses arrières», a-t-il analysé.

L’opposition est elle aussi contre ce projet de loi annoncé qui ne fera que fragiliser selon elle, l’influence politique des anciens Chefs d’État. C’est le cas de l’ancien député et vice-président du parti “les Démocrates” Nourénou Atchadé, sur une radio, le mardi 14 juin. Il est contre la formalisation d’un cadre de concertation pour les rencontres périodiques avec les anciens Présidents de la République. Pour lui, « on n’a pas besoin de formaliser» ce cadre. Le faire, selon lui, « veut dire qu’on veut mettre des contraintes aux prédécesseurs ». Puisque les anciens présidents de la République sont des acteurs politiques, « l’initiative d’une rencontre avec le président actuel (ou en exercice Ndlr), peut venir de lui-même ou de ses prédécesseurs ». Il craint donc une loi destinée à empêcher les anciens Chefs d’État de se mouvoir politiquement.

Rappelons que le président Patrice Talon a reçu en audience le mercredi 8 juin 2022 l’ancien Chef d’État Nicéphore Dieudonné Soglo. Il n’a fait aucune déclaration à sa sortie de l’audience.


Joseph Tomondji


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