Vendeurs et acheteurs sont unanimes pour dire que les prix du bétail sont très élevés cette année par rapport aux prix pratiqués l’an dernier. En cause de cette augmentation des prix, les conditions d’approvisionnement du marché ivoirien.
Dejà à une semaine de la fête de tabaski, les premières personnes qui ont pu acheter leurs moutons se plaignaient des prix. Un tour sur les marchés de vente dans les communes d’Attécoubé et Adjamé, nous ont permis de vérifier cette situation, à 3 jours de la fête de tabaski fixé au 9 juillet prochain. « C’est à 130 000 francs, ce mouton. Vous voulez lequel », lance un vendeur alors que nous nous approchons de son enclos situé dans le marché de bétail à Attécoubé. Le mouton qu’il désigne ainsi, fait partie du lot des plus petits. Les plus gros coutent 200 000 francs Cfa, 350 000 francs Cfa. Un peu plus loin, se trouve un autre lot de gros moutons bien soignés. « C’est à 400 000 francs Cfa ces moutons », dit le vendeur. Ces bêtes avaient déjà été achetées à l’avance. Abdoulaye qui venait d’acheter son mouton, nous confie qu’il l’a eu à 180 000 francs Cfa. Avant, explique-t-il, il pouvait facilement avoir ce même mouton à 120 000 francs Cfa.
Au parc à bétails d’Adjamé, même son de cloche. Amara qui veut acheter trois moutons est en train de négocier pour que le vendeur accepte de les lui donner à 350 000 francs Cfa, alors que ce dernier exige 450 000 francs Cfa soit à 150 000 francs Cfa la bête. C’est nettement plus élevé par rapport à l’an dernier, selon l’acheteur. Chez Mao Tamboura, les prix du bétail varient entre 200 000 francs Cfa et 450 000 francs Cfa en fonction du type, de la taille et de la corpulence du mouton. « L’an passé, il y avait des moutons à 120 000 francs Cfa et 130 000 francs Cfa. On pouvait même en trouver pour 100 000 francs Cfa », confie le vendeur qui reconnait ainsi, que les prix ont augmenté. Idem pour les bœufs. Ceux que nous avons trouvés coûtent au minimum 350 000 francs Cfa. Les plus gros coûtent 900 000 francs Cfa et 950 000 francs Cfa.
Mais Fousseny Korovitcho, responsable des vendeurs de bétails d’Adjamé, affirme que l’on peut trouver des moutons à 80 000 francs Cfa sur le marché. « Il y a aussi pour 100 000 francs, 120 000 francs et même 500 000 francs et 600 000 francs. Ça dépend des moyens », explique-il. A ceux qui se plaignent de ce que les prix sont trop élevés, il répond que c’est la loi du marché. « Il y aura toujours des gens qui ne seront pas satisfaits. Sinon les moutons, il y en a pour toutes les bourses ».
Quelles sont les raisons de cette augmentation des prix du bétail sur les marchés ivoiriens ? Des vendeurs évoquent les difficiles conditions dans lesquelles ils s’approvisionnent en bétails, au Mali et au Niger. Selon Mao Tamboura, c’est du Mali qu’il ramène ses bêtes. « Mais aujourd’hui il est très difficile d’en trouver. On se promène dans plusieurs villages pour chercher les moutons. Et quand on en trouve, on les paie chers », confie le vendeur. Et les voies qu’ils empruntent sont dangereuses. Ils sont obligés de passer par des sentiers, à travers la brousse, avec les bêtes pour éviter des dépenses supplémentaires. Il fait allusion aux tracasseries à la frontière. Ce que confirme un vendeur d’origine malienne sur le même marché. « C’est parce qu’il n’y a pas de mouton cette année que c’est cher », ajoute un autre vendeur.
Comme on le constate chacun essaie d’expliquer la situation selon son point de vue . Mais un constat est clair, c’est que les marchés que nous avons visités sont fournis en moutons. « Ça marche, on ne se plaint pas. Les gens viennent acheter un à un », déclare Fousseny qui pense que jusqu’au jour de la Tabaski, les vendeurs de moutons feront de bonnes affaires.
Diomandé Karamoko





