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L’Enquête du jeudi. Le Protoxyde d’Azote, nouvelle drogue des jeunes à Abidjan

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Depuis quelques temps, une nouvelle forme de drogue a fait son apparition en Côte d’Ivoire. Provenant d’Europe, elle est fumée dans les bars et espaces de Shisha par des jeunes dont l’âge varie entre 16 et 35 ans. Certains de ces établissements en vendent même sur place. En effet, à l’aide de ballons de décoration, ces jeunes inhalent le gaz protoxyde d’Azote contenu à l’intérieur et qui leur procure la même sensation, que les autres drogues connues jusque- là. Utilisé en médecine pour ses propriétés anesthésiques et antalgiques, la plupart des jeunes consomment donc ce gaz comme s’ils le fumaient, à partir de ces ballons encore appelés, ballons hilarants. Du fait de l’effet euphorique qu’ils en tirent « Ça me procure de la joie et dissipe mes soucis », explique Jacques A. désormais accro à cette drogue. Comme lui, Prisca. B est un autre adepte de ce produit. « Le ballon m’enjaille et me donne du plaisir », dit-elle sur un ton plein d’insouciance. « Ça me plaisait beaucoup. Mais, un jour, j’ai commencé à rigoler seul. Je ne tenais plus sur mes jambes et j’avais très mal à la poitrine. C’est depuis ce temps que j’ai décidé d’arrêter », confie Nathanaël K. ancien consommateur. Mais, comment se fait-il qu’un produit médical, censé se trouver uniquement dans les hôpitaux et prescrit sous ordonnance, puisse faire l’objet d’un tel usage ?

Mme Mabonga Touré, directrice de la police, des Stupéfiants et Drogues (Dpsd)

Aux dires de Mme Mabonga Touré, directrice de la police, des Stupéfiants et Drogues (Dpsd), « ce produit se retrouve sur le marché par des voies détournées. Ce qui fait que les jeunes arrivent à s’en procurer. Certains vendeurs le mélange même avec du cannabis », a-t-elle révéler le 15 juillet à Port-Bouët, lors du lancement de l’opération vacances saines et sécurisés . Une action visant à sensibiliser les jeunes, à se détourner des mauvaises pratiques et autres habitudes malsaines, par lesquelles ils pourraient être tentés, au cours de leurs vacances.

Mme Touré a par ailleurs exhorté les parents à se montrer plus regardant et curieux, relativement aux changements de comportements que pourraient présenter leurs enfants. « Si votre enfant est trop gai ou s’il dort assez, cela doit vous alerter. Car, ce n’est pas normal. C’est pourquoi, vous devez contrôler ses sorties et ses fréquentations », conseille-t-elle.

Des risques pour la santé

L’utilisation détournée qui est ainsi faite de ce produit anesthésiant a des effets nuisibles sur l’organisme, voire mortels. Agé de 22 ans, Meroué O. est une victime du ballon hilarant. Il a été emporté en juin dernier par les effets nocifs de cette drogue, au cours de son sommeil. Alors que tout le monde croyait à un empoisonnement, l’autopsie va révéler qu’il est mort d’une overdose de ce produit. Ses parents ont porté plainte contre le bar où il avait l’habitude d’aller prendre sa dose. Une enquête a été ouverte par la police pour situer les responsabilités.

A en croire le Dr N’Gouan Gérôme, médecin anesthésiste au service de réanimation du Centre hospitalier universitaire (Chu) de Cocody, « la consommation des produits anesthésiants en tant que drogue, peut à long terme occasionner des troubles neurologiques et cardiovasculaires graves, détruire les poumons et entrainer des difficultés respiratoires. Elle peut aussi dérègler le cerveau, conduire à la folie et même à la mort », prévient-t-il.

Toute chose qu’ignorent sans nul doute, ces jeunes gens. Ce qui en fait, de potentielles victimes de ces différents risques. Aussi, serait-il convenant de les sensibiliser davantage, sur les dangers auxquels ils exposent leur santé au quotidien. Un plaisir mortel en soit, qu’ils doivent cesser d’ignorer ou abandonner vaille que vaille, tout simplement, avant même de développer des addictions en la matière, qui seront par la suite assez difficiles à combattre. Surtout qu’il s’opère, une très inquiétante prolifération de consommateurs repérables, bien souvent à travers les groupes qu’ils forment, dans les bars, night-clubs dans les coins de certaines cités, aux pieds des immeubles etc..

Boubakar Barry et Emmanuella Cissé



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