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Politique

Limogeage de proches du Président liberien : George Weah avait-il le choix ?

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Accusés de corruption dans un récent rapport établi par les USA, trois proches collaborateurs du président libérien, George Weah, ont été lâchés par ce dernier. Après avoir été épinglés par le Trésor américain, ces trois hauts fonctionnaires ont été sanctionnés le 15 août dernier. A Nathaniel McGill, chef de cabinet du président de la République, Sayma Syrenius Cephus, Procureur général et Bill Twehway, PDG de l’Autorité portuaire nationale, il est reproché d’avoir « sapé les institutions démocratiques au Libéria, pour des intérêts personnels ». Son sang n’a certainement fait qu’un tour quand George Weah a appris ces « graves » allégations, qui a aussitôt suspendu avec « effet immédiat » les personnalités mises en cause. Avant de les remplacer par leurs adjoints respectifs, le temps de mener une enquête. Si la réaction présidentielle parait autant hâtive qu’émotionnelle, elle ne manque pas moins de justesse et de légitimité. Pour son image et sa crédibilité, le premier ancien footballeur professionnel à devenir chef d’Etat, aurait été très mal inspiré et aurait pris d’énormes risques en continuant à s’afficher avec ces proches dont on peut, à présent, être quasi sûr qu’ils ne partageraient que sur le bout des lèvres, la croisade anticorruption du Grand chef, qui fut, du reste, sa principale promesse de campagne. Pour un acte hautement symbolique et responsable, ç’en est un. Par cet acte, le seul joueur africain sacré « Ballon d’or » international, veut montrer à ses concitoyens qu’il reste attaché à sa promesse. Mais au-delà, il donne des gages aux USA à la base de la création du Libéria par des esclaves afro-américains, lequel pays entretient des relations étroites avec le pays de l’Oncle Sam.

George Weah devrait se résoudre enfin à engager des réformes structurelles

Cela dit, le président Weah avait-il d’autre choix ? Rien n’est moins sûr. Sans doute sa marge de manœuvre était-elle trop étroite voire réduite à néant. On peut d’autant plus le penser qu’il aura fallu que son précieux et incontournable partenaire américain fasse éclater l’affaire au grand jour pour qu’il juge nécessaire de trancher dans le vif. George Weah aurait-il eu la même réaction si seulement des enquêtes nationales avaient abouti aux mêmes conclusions ? Ce n’est pas évident. Mais on peut par ailleurs penser que la décision du dirigeant libérien pourrait être liée à un autre enjeu, et ce, de taille. Car, c’est connu, ces sanctions interviennent un mois seulement après l’invitation adressée au président libérien, à se rendre à Washington, pour un sommet des chefs d’Etat africains au cours duquel la lutte contre la corruption devrait être abordée. Dans cette perspective, il serait malséant et maladroit que son pays chouchou de l’Amérique, foule le sol américain avec ses grands sabots de pays corrompu. Autant dire que ces trois personnages étaient vraiment mal barrés. Leur situation est plus rendue complexe par le contexte. Cela étant dit, le tout n’est pas de mener des actions d’éclat. Ces hauts commis de l’Etat ont été sanctionnés, c’est tant mieux. Cela participe d’une action de salubrité publique. Mais il faut aller au-delà. Comme le préconise son opposition, George Weah devrait se résoudre enfin – et ce n’est pas trop tard, même s’il est à son second et en principe dernier mandat constitutionnel, selon la Loi fondamentale – à engager des réformes structurelles en vue de donner plus d’efficacité à la lutte contre le fléau de la corruption. D’autant que, selon toute apparence, le mal est endémique. Si ancré dans ce pays qu’on en vient à s’interroger, et cela à la décharge du président, si deux mandats suffisent à inverser la malheureuse tendance. Sans doute faudra-t-il donner le temps au temps, pour voir le pays de William Tolbert, faire un prodigieux bond en avant. Mais encore faut-il une volonté politique à toute épreuve, d’enrayer le fléau où à défaut, de l’amoindrir considérablement.

CBS


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